Il n’est pas facile de remplacer un homme irremplaçable. Pour la tâche, le traditionnel parti de l’opposition en République démocratique du Congo a fait appel à un homme qui n’a autre que le lien de sang avec son immortel fondateur, Etienne Tshisekedi. A 55 ans, Félix Tshisekedi accepte la tâche. Sans en avoir la carrure certes, il doit cependant faire renaître ce Phoenix de l’opposition de ses cendres.

Restaurateur de l’UDPS

Au lendemain d’un Congrès plébiscite, le voilà déjà à l’oeuvre. Il lance d’abord des signaux positifs envers son inoxydable Secrétaire général, Jean-Marc kabund. Lequel lui rend bien l’appareil puisque malgré des divergences, il lui témoigne une fidélité sans faille. Félix Tshisekedi devrait donc le reconduire après sa démission malgré des fortes contradictions jadis.

Deuxième dossier : les parlementaires ex-UDPS. Des députés radiés du parti en 2011 pour avoir désobéit aux consignes données par son père. Là encore, Félix Tshisekedi joue le pragmatisme. Il les réunit, les écoutent. Il se pose ainsi en rassembleur. Le processus est en cours pour un retour au bercail, susceptible de lui donner une légitimité auprès des institutions.

Enterrer le Sphinx

Plus compliqué, c’est le dossier des funérailles de son paternel. Une fois de plus, le fils Tshisekedi est sur le point de réussir son coup de maître. Un an après un long bras de fer, un accord a été signé samedi 21 avril à Kinshasa.

Il fixe les modalités d’un rapatriement de la dépouille et l’organisation des obsèques officielles. Au passage, le leader de l’UDPS arrache plusieurs points à Kabila : la dépouille de son père sera inhumée à N’sele, dans l’Est de Kinshasa, où un véritable mausolée lui sera construit.

Par ailleurs, l’ancien Premier ministre Mobutu aura des obsèques officielles au Palais du peuple. Et pour couronné le tout, jusqu’au bout, Félix Tshisekedi aura tenu tête aux négociateurs de Kabila, en éjectant, à titre d’exemple, Joseph Olenghankoy de la signature officielle de cet accord tant attendu.

La tentation de la Primature

Cependant, Tshisekedi fils est attendu au tournant dans le dossier de la Primature. Le rapprochement entamé et assumé avec le pouvoir autour des funérailles de son père devrait conduire à des discussions autour de l’application « effective » de l’accord de la Saint-Silvestre. Si son Sphinx de père a longtemps résisté, qualifié parfois d’extrêmiste, refusant le dialogue politique; lui par contre doit choisir. D’un côté, une alliance avec Moïse Katumbi qui ne cesse de tirer sur la corde, de l’autre, un Kabila qui n’a jamais rien donné sans contrepartie.

Une chose est sûre, l’homme qui etait décrié en avril 2017 pour avoir séché un meeting à la suite d’un voyage à Addis-Abeba n’est plus le même. Grâce à son retour en force, le voilà en train de défier le même pouvoir avec qu’il vient pourtant de signer un accord, le 24 avril prochain.

Un meeting est annoncé dans la populaire commune de N’djili, histoire de montrer des muscles très utiles en cette période pré-électorale. La revanche d’un héritier Tshisekedi.