CENCO: Ce qu’il faut retenir de cette première journée de la reprise des discussions

Les négociations entre les signataires et les non-signataires de l’accord du 18 octobre ont repris ce 16 mars, au centre interdiocésain. Le point sur cette première journée.

Après un silence décrété dans la salle pendant une minute, en la  mémoire de l’opposant historique, Etienne Tshisekedi, le Président de la CENCO, Marcel Utembi Tapa a haussé le ton pour rappeler les parties prenantes à ces négociations, « qu’il vaut mieux trouver un consensus pour la signature de cet arrangement particulier qui traîne depuis 2 mois et 16 jours ». Il a en outre promis que la médiation ne se gardera pas de dénoncer toute manœuvre susceptible de freiner l’aboutissement de ces négociations.

Pourtant, les avis des différents camps recueillis après cette première plénière, depuis la suspension de ces assises, laissent planer l’ombre des blocages qui ont existé avant même la suspension de ces échanges par la médiation, pour honorer la mémoire d’Etienne Tshisekedi.

A la majorité présidentielle, le discours n’a pas évolué. L’un des délégués de cette plateforme, le professeur Adolphe Lumanu a démontré la fidélité de la MP à ses exigences d’antan, telles que la mise à l’écart de la médiation, la CENCO, après la signature de l’arrangement particulier, la remise sur table de la question du Président du Conseil National de Suivi de l’accord qui selon lui-même quoi que déjà attribué doit faire objet d’un consensus.

« Les discussions vont porter sur les point restés pendants, à savoir, le mode de désignation du premier ministre, le rôle de la CENCO après la mise en place du Conseil National de Suivi de l’Accord et du processus électoral, le chronogramme de la mise en œuvre de toutes ces activités prévues dans l’accord et finalement, la désignation par consensus du président du CNSA, après le décès d’Etienne Tshisekedi à qui ce poste a été attribué », a déclaré Adolphe Lumanu.

La plateforme politique, le Front pour le Respect de la constitution qui convoitait ce poste et a quitté la table des négociations avant la signature de l’accord du 31 décembre, parce que la présidence du CNSA avait été accordée au Rassemblement, n’entend pas lâcher de la laisse et se joint même sans le vouloir, à la Majorité Présidentielle.

« Le Front pour le respect de la constitution a le droit. On n’a jamais cédé le poste (du CNSA) au Rassemblement. Le poste appartenait au Président Etienne Tshisekedi intuitu personae. Pour preuve, dans ce même comité, le Rassemblement a la place de la questure », c’est en ces termes qu’Eve Bazaiba, la présidente du Front pour le Respect de la constitution a remis en cause l’appartenance de la présidence du CNSA au Rassemblement.

Le Rassemblement de l’opposition de son côté, a émis sur une longueur d’onde différente de celle de la majorité présidentielle. Il n’est pas toujours prêt à dresser une liste des candidats premiers ministres à soumettre au Président de la République Joseph Kabila et propose de rencontrer le Chef de l’Etat pour résoudre cette question des noms qui n’est qu’un arbre qui cache la forêt :

« Nous proposons que le Président du Rassemblement (Félix Tshisekedi) rencontre le Président de la République (Joseph Kabila) et on doit sortir de cette impasse sur les noms qui n’est que l’arbre qui cache la forêt pour ceux qui ne veulent pas appliquer cet accord. Il faut pouvoir avancer sur des solutions concrètes en ce qui concerne cette question. C’est pourquoi nous avons fait cette proposition, sur laquelle les députées vont revenir demain. Il faut qu’il y ait des échanges de part et d’autre, et donc que la codification des modalités pour la désignation du premier ministre, transite par un échange entre le leadership du Rassemblement et le Président de la République, en vue de la nomination du premier Ministre », a suggéré Delly Sessanga, le Coordonnateur de l’Alternance pour la République, plateforme au sein de la coalition de l’opposition, le Rassemblement.

A l’annonce de la reprise des travaux sur l’arrangement particulier, le Secrétaire général de la CENCO, l’Abbé Donatien Nshole s’est montré optimiste en déclarant sur une radio périphérique qu’ « un weekend suffirait aux parties prenantes pour signer l’arrangement particulier. 98, 99% du travail était déjà fait ».

Au regard de cette polyphonie, plusieurs se posent la question de savoir, combien de temps va encore prendre la troisième phase des discussions sur les modalités pratiques de sortie de la crise en RDC, engendrée par la non organisation des élections dans le délai constitution qui a amené la RDC à se retrouver le bec dans l’eau.

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  • Les choses vont de mal en pis au pays,l’Union des Intellectuels Lumumbistes par la biais de son Président le Prof.Dr. Robert KIKIDI MBOSO KAMA et Président de l’AFRIQUE-SANTE, asbl propose la formation d’ un Gouvernement des Technocrates constitué des membres sans ambition de postuler aux élections prochaines comme une seconde voie de sortie qui doit départager les politiciens.Cela pourra réduire sensiblement la flambée de violences tous azimuts, au moment où le processus politique est aussi dans l’impasse, depuis la mort du feu Patriarche Etienne Tshisekedi.