Catégorie : SoFondé

HomeSoFondé

Les jours passent en République démocratique du Congo où la crise politique qui perdure, reste pourtant absolue, préférant prendre du poids. Si le mois de novembre a tout changé, avec la publication du calendrier électoral tant attendu, la situation est loin d'être idéale pour l'avènement de l’alternance démocratique au pays. En effet, si Joseph Kabila - y compris sa famille politique -  a toujours été le principal os à la gorge cette alternance démocratique au pays, en bloquant notamment la tenue des élections, le président congolais semble avoir changé de fusil d'épaule. Soudain, le leader de la majorité fait cap vers ce scrutin, sans toutefois rassurer son monde. La date est donc prise: le 23 décembre 2018. Il ne manque plus que les moyens et, bien évidemment, les candidats. Obligé à ne pas briguer un nouveau mandat, Kabila fils innove une fois de plus. On parle de "dauphin", une inspiration Russe à ne pas toutefois confondre avec le célèbre et gentil Flipper. Celui de Joseph Kabila doit finalement un squale, capable tenir son siège pendant un moment, le temps de trouver une pirouette. Minaku et Nangaa entrent dans la danse Cependant, dauphin ou requin, il faut gagner les élections pour que le plan marche. Et c'est là que les choses se compliquent: le pouvoir congolais n'est pas réputé triomphant dans les urnes. Le dernier souvenir de 2011 hante encore les nuits de Kabilistes. Ça tombe bien, le labo de Kingakati tourne en plein régime et se met une fois de plus …

En République démocratique du Congo, il y a désormais un avant et après mois d'octobre 2017. Avant cette période, deux camps s'affrontaient de manière opposée dans la crise politique au pays. Le premier, celui du président Joseph Kabila, a tout fait pour repousser la tenue des élections qui pourraient mettre un terme à son règne de plus de 16 ans à la tête du pays. De l'autre côté, toute une flopée d'opposants, de mouvements citoyens et même d'organisations de défense des droits de l'homme qui militaient pour barrer la route au camp du président Kabila. Pendant deux ans, entre répression sanglante dans la rue, menace et impuissance, la crise politique congolaise s'acheminait maladroitement vers un cataclysme à la fin de cette année. Alors que l'accord signé le 31 décembre dernier fixait les élections avant la fin de l'année en cours, la commission électorale a annoncé qu'il serait possible que ces scrutins se tiennent comme prévu. Le bourbier congolais C'est dans ce décor pré-apocalyptique que l'Amérique de Donald Trump a décidé de placer son nez dans les affaires congolaises. En marge de la 72ème Assemblée générale de l'ONU en septembre dernier à New York, le tout nouveau président des Etats-Unis décide alors d'envoyer l'Ambassadrice Nikki Haley à Kinshasa pour sifflet la fin de la recréation. "Nous sommes profondément perturbés par la violence en cours au Soudan du Sud et au Congo [RDC] et surveillions étroitement la situation", affirme Donald Trump lors d’un déjeuner avec des dirigeants africains. "Des millions de vies …

Tailleur Bleu roi, sourire narquois, l'Ambassadrice américaine se faufile dans les couloirs du Palais de la Nation, l'austère temple du pouvoir congolais, ancienne résidence du Gouverneur-Général du Congo-Belge, construite en 1956. A ses côtés, Léonard She Okitundu, l'omniprésent chef de la diplomatie congolaise, arborant lui aussi un faux sourire, qui cache à peine l'anxiété et l'euphorie qui entourent cette visite tant attendue de l'officielle américaine dans la capitale congolaise en crise. Annoncée par Donald Trump lui-même en marge de la 72ème Assemblée générale de l'ONU en septembre dernier, la toute première tournée de l'Ambassadrice américaine dans le Continent noir a le mérite de faire connaître la position officielle de la nouvelle Administration Trump, très attendue,  sur les crises qui gangrènent l'Afrique. Au Congo, alors que opposition et pouvoir s'affrontent dans une guerre sans merci, une décision américaine, gendarme du monde, ferait substantiellement pencher la balance d'un côté tout comme de l'autre. Comme un symbole, le vendredi à Kinshasa, Nikki Haley est installée dans la salle d'accueil bien avant l'arrivée du président Kabila: une hôte qui reçoit. Avec son look de vieux maquisard, taillé en tenue funéraire, le président congolais fait irruption en vitesse pour s'offrir une séance photos qui fera le bonheur de médias. Le bonheur c'est toutefois ce qui manque à ce tête-à-tête de deux heures et à huis-clos, du moins du côté de la Majorité Présidentielle. Bien avant même de rencontrer le Président, Haley a sonné la charge, en annonçant ouvertement la position de l'Amérique: des élections en 2018. …

"A trop vouloir en faire on finit par vicier ce qui était bien", disait un homme sage. Dans sa fougue très appréciée contre Kabila, le vice-Premier ministre belge, Alexander De Croo s'est laissé aller dans une déclaration qui choque à la majorité et reste applaudie du côté de l'opposition. Néanmoins, issue des lèvres du fils de colonisateurs, cette bonne volonté ne saurait être appréciée sans limite. En effet, au risque de me faire contredire auprès de ma propre opinion publique, nous serons tous d'accord que notre pays, la République démocratique du Congo, est bien un Etat, reconnu de fait par le monde entier. Sans ôter son contexte à "la République démocratique du Congo n’était pas un État, mais un système d’enrichissement personnel", il convient de mettre en garde toute déclaration qui remet dangereusement en cause notre existence en tant que peuple et nation souveraine. Qui plus est, l'homme qui prononce l'énoncé est un ministre issu d'un gouvernement dirigé par le fils et du parti d'un certain Louis Michel. Flash-back oblige. Nous sommes en 2001. Laurent-Désiré Kabila vient d'être impitoyablement assassiné depuis son bureau au Palais de marbres à Kinshasa. Dans la foulée, le système en place installe son fils au fauteuil. Un Kabila remplace un autre. Néanmoins, il faudra faire passer la pilule à l'internationale: ça tombe bien, la Belgique, notamment par Louis Michel, ministre des Affaires étrangères et Vice-Premier ministre, porte le nouveau président dans ses bras. L'aide belge est solidement assurée même lorsque Bemba ou Tshisekedi clameront, avec raison peut-être, avoir gagné des élections censées être …

Le dimanche 7 septembre 1997 à 21h30, la légendaire chaîne américaine CNN confirme la nouvelle à travers une brève publiée sur son site internet. Le maréchal Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Za Banga est décédé depuis son exil son Maroc, créant de l’émoi et des scènes de liesse dans la capitale zaïroise devenue congolaise. Vingt ans après, il s’avère que l’éternel dictateur aurait pu vraiment mourir.

Après s’être fait surnommer « Le Macron congolais », Germain Kambinga lance une plateforme politique dénommée « Le Centre », qui sonne creux comme un bruit abdominal en quête d’alimentation. 

Au coeur de l’Afrique, un pays fort, petit, mais musclé, affiche une santé de fer. Se permet une démocratie illusoire, au risque de faire passer le grand Congo pour un jaloux. Regard sur un pays qui fait semblant de se développer.

Nos Podcast

L’audio débarque sur POLITICO.CD. Suivez nos discussions au coeur de la politique en temps réel