Catégorie : SoFondé

HomeSoFondé

En matière de lutte pour les droits de l’homme en République démocratique du Congo, il y a un avant et après 2 juin 2020. Ce matin-là, la voix sèche de Jeff Ngoy réveille le pays sous le choc sur les ondes de la radio onusienne Okapi, la station la plus suivie à l’époque. Le journaliste congolais annonce dans son journal la découverte du corps sans vie de  Floribert Chebeya, figure de proue de la lutte pour les droits de l’homme en RDC, dans l’ouest de Kinshasa. Une nouvelle qui transformera à jamais le règne de Joseph Kabila. D’autant plus qu’à cette date, le Chef de l’Etat congolais, de plus en plus décrié à l’international à l’approche du cinquantième anniversaire de l’indépendance du pays, va faire face à un torrent de condamnations.   Le monde a, en effet, le droit d’être choqué. Non seulement que Chebeya était respecté, c’est surtout l’état dans lequel sa dépouille est retrouvée qui choque. Aux alentours du quartier Mintendi, le président de l’ONG « La Voix des Sans Voix » est retrouvé à l’arrière de sa voiture, les mains liées dans le dos et le pantalon baissé à mi-cuisse. Et le communiqué publié par le Général Oleko, Chef de la police de Kinshasa à l’époque, viendra énerver un peu plus l’opinion tant nationale qu’internationale. « Une voiture abandonnée, un corps sans vie allongé sur le siège arrière, celui de Floribert Chebeya, pantalon baissé, autour de lui deux préservatifs usagers, des ongles artificiels, des mèches de cheveux et des capsules …

Ne croyez jamais un journaliste quand il annonce raccrocher sa plume. Le Fondé a tenté, depuis juin dernier, de s’éloigner de ce monde de tourments, fatigué surtout de dépeindre une réalité qui ne change : celle d’un pays qui va vers un mur, en klaxonnant. Aussi, au 1er janvier 2022, la plume refuse de se coucher et rappelle la mission. Le retrait, qui était certes nécessaire, a surtout permis de se focaliser sur une santé pas très olympique durant 2021. Mais ni la maladie, ni la fatigue émotionnelle, encore moins la capitulation ne peuvent être tolérées lorsqu’il s’agit d’informer sur le Congo et porter haut la flamme de la vérité. Pour ce retour en silence, la gouvernance au Congo préoccupe. 2021 est la parfaite illustration.  « Il ne manquait plus qu’au président de dire : quand je serai au pouvoir, je vais changer le Congo », murmurait un ami en écoutant le discours de Félix Tshisekedi sur l’état de la Nation, le 13 décembre dernier. Certes, durant  cet oral « sans papier », le Chef de l’État s’est mué en critique. Un peu comme s’il remplaçait le Fondé, dénonçant les institutions judiciaires par-ci, ses collaborateurs par-là, ou encore, lorsqu’il ne dénonçait pas, il promettait des changements. « Des hommes qu’il faut, à la place qu’il faut ». Mais qui dirige tout ce monde ? Qui est censé les révoquer ?   Deux semaines après, le Président n’a pas changé de disque. Un peu comme Wendo Kolosoy qui continue de jouer son tube « Marie-Louise », sachant que celui-ci endiable les Congolais… "Frère de …

« Mboloko, on doit se voir. J’ai besoin d’un site internet » C’est la dernière partie de notre conversation. En mai dernier.  « Don John » voulait me rencontrer, comme à nos nombreuses habitudes, autour d’un énième projet. Mais cette rencontre n’aura jamais lieu. Plus jamais. Il s’est éteint. La mort, égoïste, libère une âme et enchaîne d’autres dans un abîme profond de tourment. « Mbokolo » était un génie de la photo. Je le croise pour la première fois en 2011. Je venais de quitter la coopération belge pour rejoindre la Radio Okapi. La fameuse radio. Le premier média de la RDC à cette époque. David Louis, un réunionnais qui dirigeais le Campus Numérique à Kinshasa, a fini par me convaincre que je me devais de me mettre au journalisme.  Y tronquer mes codes Javascript à la plume. Kim Gergstrad m’accueille et me dirige vers cette radio onusienne, alors colonne vertébrale de l’information en RDC. « Je sors cher ami. Mais si Axel Gontcho demandait après moi, dis-lui que je suis allé faire un travail chez Mbokolo ». Oui, il n’y avait pas que les Okapi dans la forêt, les Gazelles aussi. John Bompengo, comme moi, ne pouvions pas prester seulement pour la Radio Okapi. Tant pis si nos contrats nous l’interdisaient. Dès lors, Don John et moi, nous sommes liés dans une amitié profonde. Il m’appellera désormais Mboloko et je ferais pareil. Avant de quitter la radio, 8 mois après, quand j’ai enfin appris les fameux préceptes du journalisme, je l’accompagne chez lui à Bandal, où il me …

« Que tu sois un proche ou un membre de famille, si la justice t’attrape en train de voler, tu vas en prison ». Félix Tshisekedi a mangé du lion. Il est d’une éloquence digne de son défunt père Étienne Tshisekedi ; en ce dernier jour de la campagne électorale en décembre 2018. Le président de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), candidat de la coalition du Cap pour le Changement (CACH), formée avec Vital Kamerhe, étale toute sa vision du changement et d’un Etat de droit sur une radio à Kinshasa. Ses partisans l’acclament. Y compris ses alliés. Et la suite le plébiscite. Le 24 janvier 2019, le voilà en train de prêter serment sur le toit du Palais de la nation à Kinshasa. Nouveau président, premier issu d’une inédite alternance à la tête du pays. Mais le rêve était trop doux. Idéaliste même. Aussi, dès les premiers jours de la révolution, une course aux postes se déclare dans l’entourage du nouveau Président. Des amis de longue date, des alliés, ceux qui l’ont soutenu et soutenu son pater durant une lutte pour la démocratie qui a duré trois décennies, veulent leur part du gâteau. Amis d’enfance, sapeurs de Matonge, vieilles connaissances bruxelloises, « combattants », tous mettent cap sur Kinshasa où se distribuent les postes. Mais il n’y a pas de place pour tout le monde. D’autant plus que Vital Kamerhe, l’allié crucial qui rêvait de devenir Premier ministre, doit revoir ses ambitions à la baisse et …

Le Congo s’apprête à vivre des jours sans bonheur. Alors qu'officiellement cent-neuf (109) personnes sont atteintes par le virus du Covid-19, les experts se mobilisent et annoncent une recrudescence des cas dans les jours à venir. Cependant, s’il faut s’inquiéter, au Congo, celui de Kimpa Vita, la peur n’a jamais élu domicile. « Dominez votre peur », haranguait le grand Tshisekedi (pas Félix), sans toutefois croiser les bras.  À l’arrivée du Covid-19, comme jadis analysé dans notre précédente sortie, malgré le spectacle désolant offert par un pouvoir non préparé et à l’école, la fatalité ne devrait pas gagner cette nation immense et majestueuse. Tenez. La maladie, la crise, frappe le monde entier. La contagion n’est maîtrisée nulle part. Mais, cette maladie, certes pandémie, tombe sur un Congo qui aura tout vécu. C’est le pays qui a été colonisé par des Belges ! Décimé par un Roi Léopold II vandale. Une contrée qui a perdu des héros, a vu Patrice Emery Lumumba être dissous dans un tonneau d’acide. Le Congo, ô pays bien-aimé, a fait face aux sécessionnistes. Il a subi une dictature féroce de trente-deux ans ! S’en suivra une libération chaotique, l’assassinat d’un héros national, vingt ans de guerre génocidaire. Le Congo a tout connu et vaincu! Le Congo a survécu à Paul Kagame! Aux armées rwandaises et ougandaises! Dans sa partie est, le Congo panse encore des blessures des millions de morts, autour de ses richesses systématiquement pillées. Il ne faudra pas  oublier les rebelles, les « Niangalakata » …

Coronavirus à Kinshasa, République Démocratique du Congo Priorité à la vie qui na pas de prix, à la santé et au bien-être de la population d’abord et l’économie immédiatement après. Les statistiques nous indiquent que l’heure est grave : Kinshasa a 18-20 millions d’habitants. 1% de cas de coronavirus correspond à 180-200 mille personnes, c’est-à-dire que la RDC sera Nro 1 au monde en termes de contamination. Taux de mortalité dans le monde est de 5% , cela correspondrait à 09-10 mille morts chez nous, RDC toujours Nro 1 Le Dr Jean-Jacques Muyembe, Directeur Général de l’Institut National des Recherches Biomédicales (INRB) et Coordonateur de la Cellule de riposte au Covid-19 en RDC, avait annoncé en son temps un taux de mortalité de 10% pour notre pays en cas de contamination, soit 18-20 mille morts ; RDC toujours Nro 1 au monde ! Une bonne riposte nécessite : Un dépistage accompagné de résultats rapides, des masques et équipements sanitaires adéquats, un personnel soignant en nombre suffisant, qualifié et dévoué ainsi que des médicaments ; une capacité de retracer les personnes ayant été en contact avec des personnes contaminées ; une population disciplinée et capable de respecter les consignes de confinement ainsi qu’une police et armée efficaces pour garantir ledit confinement ; La RDC a très peu de tout ça. Par conséquent, le confinement est notre meilleure arme de riposte pour sauver des vies. Quant à sa mise en œuvre effective, le plus tôt le mieux ! Jean-Claude Masangu Mulongo Gouverneur …

La République démocratique du Congo (RDC) vient de perdre l'un de ses dignes fils. Le monde judiciaire congolais est endeuillé, l'Assemblée nationale est éprouvée, le Kasaï Oriental est en pleurs, l'UDPS est en sanglots. Jean-Joseph Mukendi wa Mulumba, ancien bâtonnier, ancien vice-président de l’l'Union internationale des avocats, ancien avocat à la Cour Suprême de Justice et ancien conseiller politique d’Etienne Tshisekedi a rejoint son maître et modèle, Étienne Tshisekedi, mardi 24 mars 2020 à Kinshasa, emporté dans l'au-delà par la pandémie de Covid-19. Il est le 3e cas de décès en RDC. L'élu de Mbujimayi est enterré le même jour au cimetière Nécropole, sans hommages et honneurs dûs à son rang. Le contexte ne l'a pas permis. Si ça n'a pas été le cas, les obsèques de cet homme d'État auraient été soigneusement organisés par l'Etat lui-même. Le monde judiciaire et l'UDPS Tshisekedi se seraient mobilisés pour honorer le président du collectifs des avocats du Chef de l'État lors des contentieux électoraux à la Cour constitutionnelle. Mukendi wa Mulumba a gravi normalement les échelons de l'appareil judiciaire congolais. Il a fait 31 ans et 9 mois à la Cour suprême de justice, 8 ans et 11 mois comme vice-président du Bureau des consultations gratuites, Consultant expert Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme 19 ans 5 mois durant, 48 ans et 1 mois au Barreau de Kinshasa, 48 ans 1 mois comme avocat, Bâtonnier de l'Ordre des Avocats pendant 2 ans et 11 mois, Barreau près la Cour de …

Dans une République démocratique du Congo dont les institutions croulent sous le poids de milliers d'érudits professeurs "docteurs en …", il est renversant d'en voir plusieurs qui ont vanté l'"exploit" d'avoir élaboré, voté et promulgué un budget de 11 milliards USD pour l'exercice 2020 ! C'est tout simplement aberrant, au point d'en perdre la parole, pour si peu, 11 milliards USD, qui sont déjà en train d'être érodés drastiquement de moitié (50%), sans état d'âme. Alors que le sous-sol de la RDC est un scandale géologique que lui envient toutes les puissances économiques du monde, prétextant d'un "coulage" causant constamment au Trésor public une perte de "80% des recettes"… À LA TRAINE DES PAYS AFRICAINS MOINS NANTIS En observant ce qui se passe dans d'autres pays africains, on se rend à l'évidence que la RDC est à la traîne de plusieurs d'entre eux, même les " plus petits". La Tanzanie (14 milliards USD), l'Angola (31 milliards USD), le Nigeria (33,8 milliards USD) et l'Égypte (94 milliards USD) sont là quelques illustrations. Que manque-t-il à la RDC pour faire mieux ? La justification à l'incapacité de produire des recettes publiques dignes du Grand Congo est devenue un slogan : "la corruption, le coulage des recettes ". "Nous allons combattre ce coulage et réussir à mieux redistribuer la richesse sur l’ensemble du territoire" a promis le président Félix- Antoine Tshisekedi Tshilombo, aussitôt investi le 24 janvier 2019, alors que les recettes publiques intérieures étaient à moins de 5 milliards USD. Dès le …

« La corruption de ce qu'il y a de meilleur est la pire », telle elle est l’application récurrente du proverbe latin : corruptio optimi pessima. Détrompez-vous, Nzinga Nkuvu n’a pas eu le temps d’inventer un tel concept, préoccupé à vendre sa royauté pour un peu de sel à des colons Belges. Ni le pauvre Vital Kamerhe, l’homme que tout le monde adore détester. La corruption est un phénomène vieux comme le monde. Elle remonte au moins au moment où une société organisée a, pour la première fois, créé des institutions publiques pour se préserver. C’est un phénomène désastreux à l’échelle mondiale. La corruption existe dans le secteur privé mais implique principalement des responsables gouvernementaux. Elle est multiforme et les termes équivalents sont innombrables : enveloppes rouges en Chine ou enveloppes brunes en Angola, bakchich en pays arabe, payola aux Philippines, propina en Amérique latine ou pots-de-vin en France. En RD Congo, elle est connue sous diverses formes, tantôt « matabiche », tantôt même, selon un président en exercice, « rétrocommission » Le monde s’est planté sur la RD Congo Alors, que l'ambassadeur Mike Hammer se calme. La corruption n’est pas congolaise. Ni Africaine. Bien qu’elle soit plus visible dans les pays pauvres et les dictatures (souvent les mêmes), elle n’est pas absente dans les pays riches et les démocraties. Son coût est difficile à évaluer car elle se produit entre les individus dans le plus grand secret. Toutefois, selon la Chambre de commerce international et d’autres organismes, « les …

Les revendications d'un groupe de Congolais qui interdisait les productions musicales en Europe ont trouvé réponse après le départ du régime sortant qu'ils ont combattu. A l'heure actuelle, les artistes musiciens congolais ne peuvent rencontrer une quelconque résistance pour satisfaire leurs mélomanes de l'espace Schengen. Bon nombre de Congolais vivant en Europe, pour la plupart, en avaient marre du régime précédent qu'ils ont combattu pendant presque deux décennies. Ils sont connus sous le vocable de "combattants". Au début de leur méthodologie de protestation, ils étaient tous des opposants au régime Kabila. Leur hostilité était prouvée envers tout celui qui soutenait ce pouvoir. C'est ainsi qu'ils se sont illustrés par des actes de sabotage lors de tout passage, toute conférence, meeting des Ministres et proches de l'ancien pouvoir. Ils avaient plusieurs revendications: la prise en compte de leur situation à l'étranger, l'amélioration des conditions de vie des Congolais restés au pays. Ils protestaient contre l'occupation étrangère du Congo-Kinshasa, la prise en otage des richesses du pays par une poignée d'individus et les arrestations des opposants. Des victimes Pour ce faire, plusieurs personnalités politiques ont été agressées surtout en Europe. Certains pasteurs en ont payé le prix. Les musiciens n'étaient pas épargnés non plus. C'est sont eux d'ailleurs qui ont et qui continuent à payer les pots cassés. Aucun artiste ne peut, voici bientôt deux décennies, livrer un concert dans des salles mythiques européennes. Les raisons étaient bien claires: " Ne venez pas chanter pour nous distraire pendant que nos frères et …

Nos Podcast

L’audio débarque sur POLITICO.CD. Suivez nos discussions au coeur de la politique en temps réel