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« Mobutu Sese Seko' Kuku Ngbendu wa Za Banga était le mal incarné ». Une chanson que reconnaitront tous ceux qui ont plus de trente ans en République démocratique du Congo. Dictateur aux yeux du monde occidental qui avait pourtant fait de lui maître de son Zaïre, l’ancien président rétorquera : « Après moi c’est le déluge ».  Nous sommes donc dans les années 1990, en pleure, le Maréchal-Président décide, à contre-cœur, de tenter l’expérience du miltipartisme. Non sans avoir mis en garde.  Le 7 août 1991, après bien des atermoiements, plus de 2 600 personnes venues de tout le pays prennent place à l’intérieur de l’imposant et austère Palais du Peuple, à Kinshasa. Sans crier gare, l’enceinte du Parlement devient la caisse de résonance des complaintes et des espoirs de changement des Zaïrois. On en vient même – inimaginable il y a peu ! – à vilipender le Léopard. Il est traité de tous les noms. Et bien loin des critiques politiques seules, la vie même intime du Maréchal est exhibée, à coup d’insultes.  L'opposition en question Cependant, cette conférence nationale souveraine, qui consacre toutes les colères accumulées depuis les années 1980 contre Mobutu, ne prend même pas la peine de se poser de question sur la qualité de ceux qui se présentent en alternative. Pour autant, quand ils n’affrontent plus le Maréchal, ces opposants en viennent aux mains, entre eux. Etienne Tshisekedi et Nguza Karl I Bond rivaliseront de noms d’oiseaux. Au Katanga, Gabriel Kyungu entonnera une diatribe meurtrière qui conduira au massacre …

Imaginez un collectif d’ONGs qui n’apparaitrait et disparaitrait qu’autour d’un seul individu, une seule cause. Au Congo, c’est une réalité. Le Collectif « Congo n’est pas à vendre », qui prétend lutter contre toutes les formes de corruption, n’est finalement engagée que face à un seul homme Dan Gertler, le richissime homme d’affaires et philanthrope israélien. C’est en décembre 2019 que 16 organismes nationaux et internationaux décident de joindre leurs efforts afin, prétendent-ils, dire « non à la corruption » et « oui, on peut l’éliminer ». Au départ, l’idée noble est saluée. Cependant, très rapidement, l’action de ce groupe pose question. Conférences, dénonciations, rapports. L’organisation est sur tous les fronts. Mais étrangement, la quasi-totalité de ces actions ne concernent que Dan Gertler. Les derniers mois, l’organisation était restée muette, comme à son habitude, quand il n’y a rien à dire sur Dan Gertler. L’homme d’affaires venait en effet de conclure un accord historique avec le gouvernement de la RDC, coupant l’herbe sous les pieds des activistes, en rendant aux autorités les mines dont il était continuellement accusé de corruption. Cependant, même avec cela, le « Congo n’est pas à vendre », n’est pas satisfaite. L’ONG convoquera le 9 décembre une conférence de presse à Kinshasa et dans le même temps le plus gros collectif de la société conduit par le prof Muteba était avec l’Inspection générale des finances (IGF) pour parler de la lutte contre la corruption, avec comme thème « zéro corruption comme vecteur de développement ». Mais, …

Moïse Katumbi peut souffler. L’exercice redouté du débat télévisé entre candidats à la Présidentielle de 2023 ne lui sera peut-être pas imposé. Quitte à se faire piquer par une piqûre, la scène politique congolaise, réputée déjà imprévisible, vient de frapper et l’y extirper. Tenez, Félix Tshisekedi, qui s’apprêtait à lui tomber dessus, fier de la diatribe apprise sous l’arbre à palabre à Limete, aux côtés du Grand-Maître en la matière, Etienne Tshisekedi, aurait peut-être à présent un adversaire à sa taille.   Certes ! Il ne s’agit pas de Martin Fayulu ni du Docteur Denise Mukwege, les Congolais semblent avoir finalement braqué leurs haches de guerre en direction de Kigali. Ni même Vital Kamerhe, qui hurle cependant autour de la Primature promise. Quant à Matata Mponyo, ça serait déjà un « gingatesque  défit » pour lui de participer à cette élection. Et comme la nature a horreur du vide, le renfort de l’opposition vient du même Rwanda : Paul Kagame a mis le costume de l’opposant principal et challenger à Félix Tshisekedi. La dernière fois que Paul Kagame s'est présenté devant les électeurs c'était en 2017. Le président rwandais a été plébiscité avec plus de 98% des voix à l'issue du scrutin présidentiel. Lorsque l'on remporte une élection d'une telle manière, il est tout à faire normal de se prévaloir d'une maîtrise du sujet. On parle tout de même d'un score qui rend à ce jour Staline en personne jaloux. Tout à coup, le Rwanda deviendrait tout petit. Et on rêvait d'autres scrutins? Sauf …

Dans une communication faite ce samedi 26 novembre, la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) a annoncé pour ce lundi 28 novembre prochain, le début du processus de Nairobi (Kenya) sur le rétablissement de la paix et de la sécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo. Initialement prévu pour le 21 novembre dernier, ce troisième dialogue intercongolais qui débutera la semaine prochaine, visera l’accélération des efforts régionaux déjà en cours afin de parvenir à une paix et une sécurité durables dans la partie Est de la République démocratique du Congo, tels qu’élaborés par les différents efforts réalisés par les chefs d’État de la Communauté d’Afrique de l’Est. « Les pourparlers de paix réaffirment l'engagement des chefs d'État de l'EAC ; la région des Grands Lacs et l'Afrique en général, pour trouver une solution durable aux défis sécuritaires dans l'Est de la RDC », a indiqué la Communauté d’Afrique de l’Est dans sa correspondence. « Vous vous retirez des localités occupées et on verra comment vous intégrer » Bien que les participants et la durée de ces discussions n’ont été précisés par la Communauté d’Afrique de l’Est, le M23 ne devra pas faire partie de ces pourparlers et cela malgré le fait que plusieurs pays, organisations et personnalités dont la France, la Communauté d’Afrique de l’Est et Moussa Faki, président de la Commission africaine, ont intensifié ces derniers jours l’appel à un dialogue plus « inclusif », avec notamment l’intégration du M23 dans les discussions, car le gouvernement congolais est …

C’est un Félix Tshisekedi au visage fermé et au ton grave qui est apparu à la télévision nationale au soir du  jeudi 3 novembre pour lancer un appel à l’Unité. Le président congolais a d’abord demandé aux politiques de « taire leurs différends » et de se mobiliser « comme un seul homme », avant de demander à la jeunesse à « s’organiser en groupes de vigilance » face au M23 qui, a-t-il réaffirmé, bénéficie de « l’appui du Rwanda ». L’appel du président Félix Tshisekedi arrive en en un moment où plusieurs localités dont Bunagana et récemment Rutshuru dans l’Est, sont passées sous contrôle de la rébellion du M23, soutenue par le Rwanda. Des opposants répondent à l’appel  Au lendemain de cette sortie, Martin Fayulu, pourtant opposant farouche à Tshisekedi, s’est rapidement prononcé, allant dans le même sens en dénonçant l’agression rwandaise et en appelant à une mobilisation. « De l’agression de notre pays par le Rwanda même par l'Ouganda, nous devons avoir le même langage », a-t-il plaidé depuis Londres où il est en tournée.  Adolphe Muzito, également farouche opposant à Félix Tshisekedi, est également sorti de sa réserve, pour aller dénoncer ouvertement le Rwanda, y compris l’Ouganda. Le parti de l’ancien Premier ministre, le « Nouvel élan » appelle même ses partisans à descendre dans la rue le 17 novembre prochain pour « une marche de colère contre l'agression de la RDC par le Rwanda. » Le dimanche 6 novembre, l’ex-Premier ministre Matata Ponyo qui s’était attaqué plusieurs fois au président Félix Tshisekedi, l’accusant notamment de vouloir …

Chaque vie est fragile. Aussi, il arrive qu’à un moment donné, que l’on soit plongé dans le doute. Ce sentiment de manque de certitude, de soupçon et méfiance interminables, qui nous tient dans la peau, tentant de nous maintenir au sol tout en nous secouant, telle une tornade qui s’acharne sur un arbre. On se sent ainsi impuissant. Écrasé. Chaque Congolais en ce moment ressentira la même chose. Tant, si les nouvelles qui nous viennent, surtout ce week-end, de l’Est du pays ne sont pas de nature à sortir qui que ce soit de cet étant profond de perdition, l’attitude que nous voyons au plus haut sommet de notre Nation ne nous est guère réconfortante. A cela, tel un sort qui s’acharne sur une destinée, s’ajoute des frères morts ce samedi, pour avoir été regardé un concert dans un stade qui porte plus que jamais son nom des « Martyrs ».  Tour à tour, les cités et villages tombent dans l’Est du pays. L’ennemi qui nous assiège depuis des décennies, tel un cancer qui ronge les cellules vitales d’un corps qui tient à la vie, n’a eu que la moquerie et de la désinformation pour nous faire encore plus mal. Tenez, le voilà prétendant la débandade des meilleurs d’entre nous : les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), qui n’ont certes pas démérité, défendant chaque centimètre de la mère patrie, au prix des sacrifices les plus suprêmes. Les voilà ainsi moquées et dénigrées par l’ennemi. Cette propagande n’a d’égale que …

L’histoire est un étang à répétition. Brutus a débarqué du dos de Jules César, Mobutu est sorti des cuisses de Lumumba. Tout comme Macky Sall, au Sénégal, a escaladé l’arrière d’Abdoulaye Wade. En République démocratique du Congo, cette dame indomptable a, dans sa répétition, présenté Moïse Katumbi dans le rôle de Judas. D’abord avec l’ancien président Joseph Kabila, qui ira jusqu’à le qualifier ainsi. Ensuite, aujourd’hui avec l’actuel président Félix Tshisekedi, dans une moindre mesure certes. En effet, alors que Joseph Kabila a longtemps paru n’avoir de Brutus que Vital Kamerhe, ancien bras droit et ancien président de l’Assemblée nationale, l’homme qui se targuera de l’avoir « fabriqué » et qui a fini par rejoindre son opposition, d’un village enfui au cœur de la région du Katanga, le Judas de Kabila a surgi. Il s’appelle Moïse Katumbi Chapwe.  En 2015, cet homme d’affaires, jadis lieutenant fidèle de l’ancien président, enfant chéri, gouverneur de la plus riche des provinces congolaises, se décide alors de « poignarder » Joseph Kabila dans le dos. Lui par contre, ne se réclame que d’une ambition légitime. Une lutte à mort va néanmoins suivre. Une boucherie. Joseph Kabila et son ancien protégé seront animés par une rancœur personnelle et dans cette lutte, le Congo entier découvrira alors l’usage du lobbying aux Etats-Unis. Le Judas de Joseph Kabila Tenez : «L’argent ne fait pas de bonheur», disait un homme qui en manquait. Katumbi lui, veut avoir un résultat contraire. Si le monde entier connaît Silvio Berlusconi, autrefois surnommé «Il Cavaliere», …

Vital Kamerhe avait multiples rendez-vous lorsqu’il se présente devant ses partisans et la presse locale le 7 septembre au centre-ville de Kinshasa. L’ambiance sur place laissait déjà entrevoir l’enjeu même de ce grand retour tant attendu. Billy Kambale, le jeune « Général » de son parti, n’arrêtait pas de chauffer l’assistance, annonçant quasiment la résurrection de son « Mwalimu ». Tous les hauts cadres de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) sont là. Surtout ceux qui sont membres du gouvernement. Molendo Sakombi, ministre des Affaires foncières et Aimé Boji, Ministre du Budget, avaient obligation de se présenter, étant restés au gouvernement alors que leur leader croupissait à la prison centrale de Makala. L’homme finit par faire irruption, sous les vivats. Vital Kamerhe arbore une cravate de couleur rouge-sang de son parti. Il est visiblement heureux. Mais surtout attendu au tournant. Sur les réseaux sociaux, sa « brigade numérique » est euphorique. Un événement bénin dans cette République démocratique du Congo certes préoccupée par la nouvelle guerre d’agression dans sa partie Est. Et ce conflit s’invite même dans cette conférence de presse de Kamerhe, pourtant placée sous le signe du « retour ». En prenant la parole, l’ancien dicteur de cabinet de Félix Tshisekedi remercie d’abord « ceux qui l’ont soutenu pendant la période difficile ». Il fait sans doute allusion à son emprisonnement depuis le 08 avril 2020. Néanmoins, personne n’est là pour le passé. Aussi, Kamerhe ne fera pas attendre son monde pendant longtemps. Il annonce, sans surprise, une …

À l'ère de la migration numérique accélérée et des mouvements de modernisation, le Cloud a été présenté comme un véritable salut pour la poursuite des opérations et l'augmentation de l'efficacité. Mais l'Afrique suit-elle cette tendance mondiale ? La réponse se trouve quelque part au milieu. Si l'on considère l'Afrique du point de vue du développement économique, on pourrait rapidement penser que le continent n'est pas prêt à tirer parti des dernières tendances en matière de technologie du Cloud. Mais ce serait une erreur de penser cela. Le simple fait que l'Afrique ait connu une croissance économique historiquement faible est la raison pour laquelle elle est parfaitement adaptée pour sauter sur le Cloud plus rapidement que ses pairs. Les investisseurs internationaux se bousculent pour financer l'essor du marché africain de l’informatique en nuage. La prolifération des smartphones, l'adoption massive de logiciels d'entreprise et les perspectives générales de croissance économique ont entraîné une forte demande de construction de centres de données à l'intérieur des frontières du continent. Une population jeune et mobile stimule la demande des utilisateurs finaux et le potentiel du prochain boom de l’informatique en nuage. L'Afrique représente actuellement moins de 1 % dés revenus mondiaux des services publique de cloud (rapport Xalam), alors qu'elle représente 5 % du PIB mondial et 17 % de sa population. Cependant, sa capacité a doublé au cours des trois dernières années. Mais, et il y a toujours un mais, l'Afrique est à la traîne, comme on pourrait s'y attendre, car nous parlons toujours …

Le trajectoire russo-américain n’a pas commencé directement par des conflits. Au contraire, durant la Seconde guerre mondiale, Joseph Staline, le puissance dictateur russe, était affectueusement surnommé par les Américains « Oncle Joe ». Au Congo, Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi vont également prendre une même trajectoire dans leur guerre froide, non sans y ajouter une touche congolaise. Aussi, après s’être affrontés une première fois durant la Présidentielle de 2018, les voilà en train de se rabibocher au nez et à la barbe de Joseph Kabila.  Il faut dire qu’ils sont surtout aidés et poussés par des instigateurs qui nous viennent ici tout droit du pays de l'Oncle  Sam. Peter J. Pham est d’origine vietnamienne. Ce diplomate-commerçant, aujourd’hui grand vendeur de vent, en sait sans doute beaucoup sur les recettes d’une bonne guerre froide : son pays d’origine étant l’un des grands théâtre des affrontements russo-américains. Et donc, lorsque Félix Tshisekedi arrive au pouvoir, ce dernier, qui commence à perdre petit à petit ses fonctions au sein de la Diplomatie américaine, est le courtier enrôlé par Moïse Katumbi pour l’aider à regagner le pays. Aux côtés de son ami Mike Hammer, alors ambassadeur des Etats-Unis à Kinshasa, ils vont être artisans de la plus grande vraie-fausse réconciliation de l’histoire en RDC. Les deux américains arrivent non seulement à convaincre le président Félix Tshisekedi de remettre son passeport à Moïse Katumbi, mais permettent également à leur client de regagner le pays après trois ans de bannissement. Cependant, rapidement, la réconciliation s’avère être un second round …

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