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La longue et douce mort de Lamuka

L'année 2019 a vu l'espoir d'une opposition congolaise unie s'échapper petit à petit comme de la fumée dans les airs. "Éphémère", c'est le qualificatif qui convient à l'unité de façade de cette opposition, minée par des querelles intestines autour du leadership.

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Fragilisée en à peine 24 heures de sa création avec le double départ de Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe le 12 novembre 2018, la descente aux enfers de Lamuka sera lente, progressive et certaine.

La défaite

S’estimant être trahis par « un vote truqué « , Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe ont claqué la porte de la plateforme électorale Lamuka créée le 11 novembre à Genève en prévision de la présidentielle initialement prévue le 23 décembre 2018. Considérant incertaine une victoire en solo à cette élection, les deux  » réfractaires  » vont s’unir à Nairobi dans une autre plateforme de l’opposition dite : CACH. Une opposition à deux têtes pour affronter le bloc compact du FCC aligné derrière le dauphin de Joseph Kabila Emmanuel Ramazani Shadary.

Le bilan « calamiteux » de la règne de Joseph Kabila sera un grand fardeau empêchant le candidat du FCC de gagner du terrain. Pendant la campagne, ce sont donc les candidatures de Félix Tshisekedi et de Martin Fayulu qui susciteront un engouement auprès des électeurs déterminés à sanctionner le camp Kabila.

Au bout du tunnel, la CENI proclame le candidat du CACH Félix Tshisekedi président élu de la RDC avec 38,57%, talonné par celui de Lamuka Martin Fayulu avec 34,83%. L’opposition gagne mais Lamuka perd la présidentielle tant convoitée.

Démembrement

La victoire de Félix Tshisekedi est accueillie avec fair-play dans la famille politique de Joseph Kabila. Mais elle est fortement contestée par Lamuka qui appelle à un rejet populaire du « hold-up électoral » made in Corneille Nangaa, le président de la CENI ; ainsi certifiée par la Cour constitutionnelle. Avec l’appui interne de l’église catholique, et externe de l’Union européenne, la plateforme se lance dans une quête de la « vérité des urnes » qui donnent 57, 61, 62% à Martin Fayulu.

Avec une image d’un président mal élu, Félix Tshisekedi se lance à son tour à la quête des alliés au sein de la plateforme qu’il a quitté il y a quelques mois. Ainsi, Antipas Mbusa Nyamuisi et Freddy Matungulu prendront tour à tour congé de Lamuka pour soutenir respectivement le président Félix Tshisekedi dans la lutte contre l’épidémie de la maladie à virus Ebola et représenter la RDC à la Banque africaine de développement.

Le notable du Katanga Gabriel Kyungu Wa Kumwanza, proche de Katumbi, soutient à son tour le nouveau président élu, Félix Tshisekedi, avant que plusieurs cadres de la plateforme Ensemble pour le changement ne fassent pareil.

La scission

Ces adhésions à la victoire de Félix Tshisekedi n’étaient qu’une hirondelle qui annonçait la pluie qui allait s’abattre sur Lamuka. S’exprimant pour la première fois à France 24 sur l’issue de la présidentielle du 30 décembre 2018, Moïse Katumbi se range derrière le nouvel ordre politique établi, et prône une « opposition républicaine » face à la recette Tshisekedi-Kabila.

« Le président élu » Martin Fayulu ne l’entend pas de cette oreille et persévère dans la quête de la vérité des urnes. Jean-Pierre Bemba dont le sort politique est suspendu au jugement en appel dans l’affaire subornation des témoins à la CPI, joue à la retenue : tantôt comme arbitre, tantôt comme observateur de ces deux logiques qui plonge Lamuka dans une panne d’idéologie et d’approche.

Le coma

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Le 13 juin 2019, une interview paraît dans les colonnes du journal Le Monde. Dans le corps du texte, le journaliste Joan Tilouine raconte en citation directe que Martin Fayulu a traité Moïse Katumbi d’un monsieur qui fait « la politique pour l’argent ». Les partisans du chairman, ses collaborateurs, prennent à partie l’ancien candidat président qu’ils démolissent à volonté.

Ces invectives sur la place publique porte un coup à Lamuka qui l’envoie dans un profond coma. Au moment où nous couchons ces lignes, cette plateforme de l’opposition ne s’est pas encore relevée de son  » état végétatif  » dans lequel elle s’est plongée. La question du porte-parole de l’opposition risque de l’asséner le coup fatal tant redouté. Sa survie jusqu’à 2023 est incertaine.

Jeancy Ngampuru /POLITICO.CD

4 Commentaires

  1. Ton article est ridicule et tandentieux, il est banal de parler de Fayulu comme un president elu aussi longtemps que ni la CENI ni la cours constitutionnelle ne l’a jamais proclame ainsi, tres grave encore, ni meme lui Fayulu le troubadour n’a jamais apporte une seule preuve de son election. Lamuka etait une association des opportunistes criminels de tous genres, sauf les ames bien nes s’en etaient rendu compte avant temps et etaient partis, et le reste devront se bruiller jusqu’a la moelle epiniere comme le criminel voleur de Mozito et son denseur de Fayulu.

  2. le plus ridicule est ton commentaire… on dirait un apprenti defenseur. Monsieurs je ne sais pas quoi, apprends a te taire quand tu n’as rien a dire

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