Agression dans l’Est : Kigali condamne « une nouvelle provocation » des forces armées de la RDC

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Alors que les combats s’intensifient, pour la unième fois, entre dans les forces armées congolaises (FARDC) et les terroristes du M23, dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, depuis jeudi 20 octobre 2021, les relations déjà froides entre Kigali et Kinshasa font encore jaser. Dans un entretien accordé à la BBC, Félix Tshisekedi a accusé, de nouveau, le Rwanda d’avoir « poignardé » la République démocratique du Congo après trois années « d’excellentes relations » stoppées à cause du soutien de Kigali à la rébellion congolaise du M23.

« Cela avait bien marché pendant trois ans. Les relations étaient excellentes. Nous avons dû revoir tout cela, arrêter tout cela, parce que nous avons eu l’impression d’avoir été poignardé dans le dos », a déclaré le président Tshisekedi. « C’est inacceptable », a tranché le Chef de l’Etat congolais.

Dans son communiqué publié lundi, le gouvernement Rwandais s’inscrit en faux contre ces affirmations du président de la RDC, faisant, tout de même, montre que la RDC se concentre sur une solution diplomatique à l’insécurité dans l’Est de la RDC. Kigali regrette cependant que des déclarations et des actions récentes montrent que le gouvernement de la RDC est décidé à poursuivre l’escalade militaire, sous le soutien, confie Kigali, des milices.

« En outre, les FARDC continuent d’opérer aux côtés de milices armées irrégulières, dont les FDLR. La montée en puissance des FARDC pour renouveler les attaques contre le M23, un groupe armé congolais, est en violation des mécanismes de sécurité régionaux convenus, y compris les processus de Nairobi et de Luanda. L’incitation publique continue sur la base de l’appartenance ethnique, l’utilisation d’armes lourdes, le ciblage de la zone frontalière du Rwanda et les accusations sans fondement contre le Rwanda sont inacceptables », évoque le gouvernement rwandais, dans son communiqué parvenu à POLITICO.CD

Cependant, dans le même volet, Kagame et son pays affirment que malgré les provocations continues des autorités et des forces armées de la RDC, le Rwanda réitère son ferme engagement à contribuer à une solution de sécurité régionale durable et pacifique dans les cadres régionaux convenus. « Cependant, les tentatives continuelles et injustifiées de faire du Rwanda un bouc émissaire pour les problèmes politiques internes de la RDC continueront d’être catégoriquement rejetées », souligne Kigali.

Cité plusieurs fois aux côtés des terroristes du M23, le Rwanda via son armée n’a jamais affirmé ces allégations. À Rutshuru, plusieurs signaux et ou, des rapports notamment celui des experts de l’ONU ont déjà démontré noir sur blanc la présence des hommes Rwandais dans plusieurs lignes des fronts. La première preuve tangible brandie par l’armée congolaise, c’est lors des combats qui ont abouti à la chute de Bunagana, où des soldats de la RDF (Rwanda Défense Force) ont déjà été arrêtés et de nombreuses munitions avec des signes Rwandais ont été récupérés. Depuis lors, plus rien n’est au beau fixe entre Kinshasa et Kigali.

Serge SINDANI