Agression dans l’Est : Des sénateurs américains exigent une mise à jour sur l’application des sanctions américaines contre le M23

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Dans une correspondance adressée conjointement à Antony Blinken et Janet Yallen, respectivement secrétaire d’État au Département d’État et Secrétaire au Département du Trésor des USA, des sénateurs américains ont exprimé leurs inquiétudes sur la situation sécuritaire dans la partie orientale de la RDC, avec l’exhumation du groupe terroriste du M23.

Dans cette correspondance datée du 20 octobre courant, ces sénateurs rappellent que c’est depuis fin 2021 que le M23 a lancé des attaques de plus en plus « sophistiquées et meurtrières » contre le gouvernement congolais, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et des civils.

Ces sénateurs qui appuient leur inquiétude par des rapports crédibles d’organisations de défense des droits de l’homme établies qui indiquent que le M23 dispose d’un approvisionnement régulier en armes et munitions modernes qui permet à ses membres de frapper régulièrement des cibles sur de longues distances et d’exécuter des tirs de précision contre des avions, estiment que le M23 bénéficie d’un soutien direct parrainé par un État.

A cet effet, ils ont plaidé pour l’actualisation de l’application des sanctions américaines contre le M23.

« Compte tenu des années et du degré de souffrance humaine dans l’est du Congo, nous demandons une mise à jour sur l’application en cours des sanctions américaines contre le M23, comme l’exige la loi publique 112-239 », peut-on lire dans cette correspondance parvenue à POLITICO.CD

« Depuis le début de cette année, plus de 700 000 personnes ont été contraintes de fuir leur foyer, faisant de nombreux morts parmi les civils. Des groupes de défense des droits de l’homme ont suivi des cas de torture, de viol et de civils emprisonnés forcés à se livrer au cannibalisme avec leurs codétenus assassinés », déplorent les sénateurs.

Le M23, une armée conventionnelle

Les sénateurs notent par ailleurs que ces rapports « horribles » surviennent alors que le M23 affiche des capacités offensives plus conformes à une armée conventionnelle qu’à un groupe d’insurgés désorganisé.

A les en croire, leurs capacités leur ont permis de prendre le contrôle des positions tenues par les Congolais soutenus par la MONUSCO et de tenir du territoire. « En effet, le chef de la force de la MONUSCO a prévenu qu’elle pourrait se trouver confrontée à une menace qui dépasse ses capacités actuelles », ont-ils rappelé.

Compte tenu de la grave menace qui pèse sur la sécurité régionale et des violations confirmées des droits de l’homme, ces sénateurs estiment que les USA doivent continuer à demander des comptes à ceux qui soutiennent ces actes horribles.

En rappel, le Congrès Américain a inclus une exigence dans la loi d’autorisation de la défense nationale de l’exercice 2013 il y a près d’une décennie imposant des sanctions à ceux qui fournissent un soutien matériel et financier au M23.

« Cela reste en vigueur, et nous demandons respectueusement une mise à jour sur les personnes et les fonctionnaires des gouvernements étrangers que vos ministères croient fournir soutien au M23, qui peut se faire par annexe classée si besoin », ont-ils dit avant de conclure « Nous vous demandons également de détailler vos efforts actuels pour identifier et sanctionner davantage les personnes et les responsables engagés dans le soutien au M23 ».

Les Etats-Unis avaient placé le chef du Mouvement du 23-Mars (M23), Sultani Makenga, sur leur liste noire des personnes physiques ou morales sanctionnées pour leur participation au conflit en République démocratique du Congo. Le Trésor Américain avait indiqué que les sanctions concernaient la saisie des biens et richesses de ce dernier se trouvant aux Etats Unis d’Amérique, et l’interdiction de toute transaction entre Makenga et l’Amérique.

Carmel NDEO