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RDC: Le gouvernement veut expulser urgemment le porte-parole de la MONUSCO

Le gouvernement congolais a saisi la Mission de l’Organisation des Nations-Unies pour la Stabilisation en République Démocratique du Congo afin d’obtenir urgemment le départ son porte-parole, Mathias Gillman.

Dans une correspondance adressée à la Monusco, le gouvernement par le truchement du ministère des Affaires Étrangères reproche au porte-parole de la mission onusienne d’avoir tenu des propos « indélicats et inopportuns » à la base des tensions qui ont causé 36 morts parmi lesquels 32 civils congolais et 4 casques bleus de la Monusco au-delà de 170 blessés dans le Nord et Sud-Kivu. Le gouvernement estime que la presence de ce fonctionnaire de l’ONU en RDC n’est pas de nature à favoriser un climat de confiance mutuelle et de sérénité indispensable entre les institutions congolaises et la MONUSCO.

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« Au regard d’exacerbation regrettable actuelle des tensions entre la population civile et la MONUSCO particulièrement au nord Kivu taions dues notamment aux declarations indelicates et inopportunes du porte-parole de la MONUSCO, Monsieur Mathias Gillman, le Gouvemement de la République Démocratique du Congo considère que la presence de ce fonctionnaire sur le territoire national n’est pas de nature à favoriser un climat de confiance mutuelle et de sérénité si indispensable entre les institutions congolaises et la MONUSCO en vue, non seulement du meilleur accomplissement du mandat confié à cette dernière par le Conseil de sécurité des Nations Unies mais aussi de faire aboutir le plan de transition aux fins de son retrait définitif de la Republique Démocratique du Congo d’ici a l’horizon 2024 comme convenu », peut-on lire dans cette correspondance datée du 28 juillet dernier.

Aussi, indique la même correspondance, « le Gouvernement appréciera beaucoup que des dispositions soient prises pour que Monsieur Mathias Gillmann quitte le territoire congolais dans le plus bref délai et saura gré à la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en Republique Démocratique du Congo (MONUSCO) de bien vouloir accorder à la présente toute attention qu’elle requiert ainsi que le bénéfice de l’urgence ».

Le fait

Les manifestations successives aux Kivus (Nord et Sud-Kivu) sont notamment l’expression de la colère de la population face à l’incapacité de la MONUSCO d’accomplir l’une de ses missions, celle de protéger les civils. Aussi, faut-il le rappeler, les propos maladroits de certains porte-paroles de l’ONU ont envenimé la situation.

Tout a commencé par une déclaration du porte-parole de la mission onusienne en RDC sur la capacité de frappe de mouvement terroriste du 23 Mars-M23 qui occupe depuis un mois, l’importante cité frontalière de Bunagana.

Au cours d’un point de presse bimensuel qu’il a animé le mercredi 13 juillet, le porte-parole de la Monusco, Mattias Gillman a affirmé que les terroristes du M23 disposent d’armes plus sophistiquées que ce qu’ils avaient il y a quelques mois, bien plus que ce que disposent les autres groupes armés en général, et même plus que la MONUSCO et les FARDC.

En réaction, le gouvernement a qualifié cette déclaration d’un aveu d’impuissance de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en RDC, présente depuis plus de 20 ans.

« C’est un aveu d’impuissance pour la MONUSCO que le porte-parole d’une mission qui est censée assurer la protection de la population, fasse l’apologie ou vante l’arsenal militaire, non pas d’un groupe armé ordinaire qu’il n’arrive pas à qualifier, mais plutôt d’un pays qui opère au grand jour dans un autre pays », a-t-il fustigé.

Pour le porte-parole du gouvernement congolais, il s’agissait d’une déclaration qui démotive les militaires au front et qui démontre clairement l’état d’esprit des casques bleus.

Il faut tout même rappeler que cette sortie médiatique du porte-parole de la Monusco corroborait la thèse avancée par la représentante spéciale du SG de l’ONU en RDC et cheffe de la Monusco, Bintou Keita devant le Conseil de Sécurité de l’ONU.

La représentante du secrétaire général de l’ONU avait dans son discours, exprimé sa stupéfaction face à la capacité de frappe de ces terroristes qui détiennent des armes sophistiquées sous-entendant un soutien militaire extérieur. Pour confirmer cette hypothèse, Bintou Keita avait soutenu qu’au cours des affrontements les plus récents, le M23 s’est comporté de plus en plus comme une armée conventionnelle que comme un groupe armé.

Carmel NDEO

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