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Sécurité : Quand la RDC devient la cour de récréation de Force de défense nationale du Burundi, des Imbonerakure et de RED Tabara

La rédaction de POLITICO.CD poursuit sa spéciale série consacrée à l’exploitation et à la vulgarisation du rapport des experts de l’ONU sur la République Démocratique du Congo rendu public en juin dernier. Dans ce rapport, les experts de l’ONU ont fait des révélations accablantes sur la situation sécuritaire dégradante dans la partie Est du pays.
Dans ce numéro, POLITICO.CD revient sur un point consacré exclusivement aux différentes incursions en République démocratique du Congo de membres de la Force de défense nationale du Burundi et des Imbonerakure en vue d’attaquer RED Tabara, un groupe rebelle burundais.

En effet, les membres du groupe d’experts de l’Organisation des Nations Unies sur la RDC renseignent que des membres de la Force de défense nationale du Burundi (FDN) et des Imbonerakure ont continué de mener des incursions dans les territoires de Fizi et d’Uvira, où ils ont établi une présence plus permanente et plus importante à partir de décembre 2021.

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Selon ce rapport exploité par POLITICO.CD, la FDN et les Imbonerakure ont lancé des opérations ciblées contre RED Tabara afin de l’empêcher de mener des opérations au Burundi. Depuis décembre 2021, la plupart des affrontements armés ont eu lieu dans le territoire d’Uvira, autour de Sange, où la FDN a établi des positions temporaires et des bases de transit, notamment à Kabere, Mubere et Rukobero, à l’ouest de Sange.

« La FDN a mené des incursions dans les plaines de Ruzizi et de part et d’autre du lac Tanganyika, au départ de la ville côtière de Rumonge, au Burundi », souligne ce rapport qui affirme que la FDN et les Imbonerakure ont également été régulièrement observés en train de traverser la rivière Ruzizi en direction de Bwegera et plus au sud, vers Sange et ses environs, dans le territoire d’Uvira.

À titre illustratif, les experts révèlent dans leur rapport que, dans la nuit du 2 au 3 mars 2022, des centaines de membres de la FDN et d’Imbonerakure ont traversé la rivière Ruzizi dans les environs de Rwenena. Tôt dans la matinée du 3 mars, ils ont été observés aux côtés de combattants Maï-Maï Kijangala à Kabere.

« La FDN et les Imbonerakure ont été aidés par des groupes armés congolais qui ont fait office d’éclaireurs ou se sont joints aux attaques contre RED Tabara. Ces groupes, dont les Gumino, les FPDC, les Maï-Maï Kijangala et les Maï-Maï Buhirwa, ont reçu à plusieurs reprises un soutien matériel de la part d’officiers de la FDN dans le cadre de cette collaboration », précise la même source.

Les officiels burundais pactisent avec les groupes armés congolais

Depuis au moins 2020, les officiels burundais ont établi des contacts permanents avec les groupes armés, devenus alliés aux forces de défense burundaise. D’après les experts de l’ONU, les Gumino étaient en contact avec certains officiels burundais pour préparer des opérations. Preuve en appuie, un commandant des FPDC a signalé, et d’autres sources ont confirmé, que les FPDC étaient présentes à Bujumbura en 2020 pour participer à plusieurs réunions de coordination, au cours desquelles il a été demandé aux FPDC leur soutien pour neutraliser RED Tabara.

Au début de l’année 2021, les FPDC, les Gumino et la FDN ont mené des opérations conjointes en République démocratique du Congo. Si les FPDC ont rapidement cessé de collaborer, le Groupe d’experts a établi qu’au moment de la rédaction du présent rapport, les Gumino menaient toujours des opérations conjointes avec la FDN et les Imbonerakure.

En plus des Gumino, les Maï-Maï Kijangala et les Maï-Maï Buhirwa ont principalement été utilisés comme éclaireurs pour aider la FDN et les Imbonerakure à entrer et à s’orienter dans la zone. Les Maï-Maï Kijangala ont également participé occasionnellement aux opérations contre RED Tabara.

« Le général de la FDN Marius Ngendabanka et le colonel Niyonzima, alias Kazungu , étaient les principaux points de contact des Gumino et des Maï-Maï Kijangala »,affirment les experts.

Plusieurs sources ont rapporté que depuis mars 2022, les Maï-Maï Kashumba et les Maï-Maï Mushombe ont changé de camp et ont commencé à collaborer avec la FDN et les Imbonerakure.

« Au moment de la rédaction du présent rapport, RED Tabara, qui opérait également aux côtés de groupes Maï-Maï lorsqu’elle affrontait la FDN, les Imbonerakure et leurs alliés, avait été repoussée vers le territoire de Mwenga et Kipupu, dans la province du Maniema, où RED Tabara tentait de se réorganiser », peut-on lire dans ce document adressé au Conseil de Sécurité de l’ONU.

Par ailleurs, les experts indiquent qu’au moment de la rédaction du présent rapport, le Gouvernement de la République démocratique du Congo n’avait pas communiqué officiellement ni réagi sur les mouvements et opérations transfrontaliers de la FDN et des Imbonerakure.

« Des officiers des FARDC se sont toutefois plaints de l’absence de notification officielle ou d’instructions claires émanant de leur hiérarchie concernant la présence de la FDN dans leur zone d’opérations », précisent ils.

De son côté, le Gouvernement du Burundi, en réponse à une lettre du Groupe d’experts, a rejeté les allégations faisant état de la présence d’Imbonerakure et de la FDN sur le sol congolais, et a souligné que cette dernière défendait plutôt l’intégrité territoriale, l’indépendance et la souveraineté du Burundi strictement à l’intérieur des frontières du pays.

Si du côté du gouvernement congolais aucune communication officielle n’a encore été faite jusqu’à présent, c’est le groupe rebelle burundais de la Résistance pour un État de droit au Burundi (RED-Tabara) qui a affirmé avoir affronté l’après-midi du dimanche 02 janvier 2022, les forces de Défense Nationale du Burundi (FDNB) et Imbonerakure qui est la ligue des jeunes du Conseil National de Défense de la Démocratie – Force pour la Défense de la Démocratie, parti au pouvoir.
Selon un court communiqué diffusé sur ses réseaux sociaux, le groupe rebelle Red-Tabara indiquait que ces affrontements ont fait au moins 10 morts et une vingtaine de blessés côté ennemi, comprenez par là, les éléments de l’armée burundaise.

Le 20 décembre de l’année dernière, une dizaine d’hommes armés ont traversé par la frontière de Luvungi venant du Burundi, rapporte la Radio France Internationale (RFI) qui cite certains membres du gouvernement provincial du Sud-Kivu. Durant cette même période, le Red Tabara, groupe rebelle burundais, aussi présent dans la région, affirmait avoir échangé des tirs avec les forces loyalistes burundaises à la frontière.

Dans un autre communiqué du 19 janvier 2022, ce groupe rebelle a annoncé que depuis près d’un mois, les troupes de l’armée burundaise (FDN) accompagnées par la milice Imbonerakure continuent de se déployer en RDC dans le territoire d’Uvira au Sud-Kivu.
D’après la même source, en date du 18 janvier 2022, 600 hommes sont arrivés à Mubere vers Kageregere.

« Ils s’ajoutent aux 1500 déjà présents sur place et ont pour intention de s’installer durablement dans des zones des groupes armés Gumino et Twigwaneho au sein de la communauté Banyamulenge dans Kitoga et Kageregere », précisait ce mouvement rebelle avant d’ajouter que « c’est à partir de ces territoires que l’armée burundaise veut poursuivre sa guerre contre le mouvement de résistance RED-Tabara, Pour cela, le CNDD-FDD accentue sa collaboration avec les FDLR et même avec les ADF ainsi qu’en témoigne l’arrestation d’un de ses plus hauts responsables en provenance de Bujumbura par les FARDC ».

Carmel NDEO

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