RDC: China Xinxing, le Rwanda, le M23 et les armes de l’agression

L’Est de la République démocratique du Congo est à nouveau secoué par un conflit ouvert entre le gouvernement de Kinshasa et celui de Kigali. Une nouvelle fois, la rébellion du M23 passe à l’offensive contre les forces gouvernementales de la RDC, pendant que les autorités congolaises accusent le Rwanda de soutenir ce mouvement. Si Kigali a toujours nié son implication, POLITICO.CD a mis la main sur des éléments qui corroborent de plus en plus les faits. Enquête exclusive.

Bunagana est une cité charnière du territoire de Rutshuru de la province du Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo. Située à la frontière avec l’Ouganda et non loin du Rwanda, elle est tant une cité stratégique militaire que carrefour commercial. En 2012, la Direction générale des douanes et accises (DGDA) déclarait y réaliser chaque mois entre 500 000 et 700 000 dollars américains de recettes douanières. Et c’est exactement en cette année, 2012, que la cité fait La une de la presse internationale. Le matin du vendredi 6 juillet 2012, des combats qui opposaient depuis plusieurs semaines les forces gouvernementales des FARDC à un groupe présenté alors comme des « mutins » nommés « Mouvement du 23 Mars » atteignent la cité. Face à l’étrange puissance de feu de ce mouvement rebelle, l’armée nationale n’a d’autre choix que d’abandonner la cité. Elle tombe aux mains du M23 et devient la capitale temporaire d’une aventure militaire qui va de nouveau endeuiller l’Est déjà meurtri du Congo.

Bis repetita

Sultani Makenga à droite, le leader du M23. PH. DR.

Dix ans après, un air de déjà-vu dans cette cité qui ne vivra décidément en paix. Depuis mars 2022, la vie locale est rythmée par des combats entre le même M23 et l’armée nationale. Et comme en 2012, ceux-ci se rapprochent rapidement de la cité.  Les 28 et 29 mars 2022, les rebelles sont sortis de leurs bastions d’altitude pour attaquer des positions de l’armée, notamment à Runyoni et Tchanzu, région où huit soldats de l’ONU sont morts dans le crash de leur hélicoptère le 29 mars, encore inexpliqué. Le même jour, les forces congolaises font face à une attaque à Bunagana. Mais celle-ci échoue. L’armée congolaise est notamment secourue par l’armée ougandaise, située de l’autre côté de la frontière, et qui mène des opérations conjointes avec la RDC contre des rebelles de l’ADF. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent l’armée congolaise procédant à l’arrestation des combattants M23 à Bunagana. «  Une colonne de l’armée ougandaise aurait franchi la frontière pour secourir l’armée congolaise face à une attaque de la rébellion de M23 sur cette ville frontalière entre la RDC et l’Ouganda », révèle une source sécuritaire locale à POLITICO.CD. 

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Comme en 2012, Kinshasa pointe ouvertement Kigali derrière ces attaques. Cette fois, la RDC exhibe des preuves. « Le mouvement du 23 mars (M23) soutenu par les Forces de Défense du Rwanda (RDF) a mené des incursions et attaqué ses positions de Tchanzu et Runyonyi dans le territoire de Rutsuru. Au cours de ces attaques, les FARDC ont mis la main sur deux militaires rwandais. Il s’agit de l’adjudant HABYARIMANA Jean Pierre, matricule AP 27779, et du Soldat de rang UWAJENEZA MUHINDI John, alias ZAJE, tous du 65ème Bataillon de la 402me Brigade des Forces de Défense du RWANDA », dévoile l’armée congolaise. Les deux soldats sont  « du 65ème Bataillon et la 402ème Brigade commandés respectivement par le Lieutenant-Colonel RURINDO Joseph et le Général NKUBITO Eugène sont basés à JARAMA, au Camp militaire KIBUNGO au RWANDA », renseignent les FARDC.

Des révélations démenties dans la foulée par le Rwanda, qui prétend alors que des miliciens locaux du FDLR auraient kidnappé ses deux soldats sur son sol pour les confier ensuite aux FARDC. Néanmoins, malgré les preuves de Kinshasa, et même l’abattage de l’hélicoptère de la mission onusienne au Congo, le soutien du Rwanda au M23 n’est pas confirmé à l’international. Ni même la MONUSCO qui prétend n’avoir d’éléments corroborant les dénonciations de Kinshasa.

La Chine, le M23 et le Rwanda

La nuit du 12 au 13 juin 2022, le M23 prend finalement Bunagana dans une offensive fulgurante. A Kinshasa, loin des faiblesses des forces armées congolaises, c’est plutôt la montée en puissance du M23 qui étonne. Car quelques heures avant la chute de Bunagana, les FARDC assuraient pourtant avoir repoussé une avancée du groupe rebelle sur cette ville située au pied du volcan Sabyinyo, quasiment au point d’intersection entre les frontières congolaise, ougandaise et rwandaise, sur la route menant à Goma. Dans la foulée, Kinshasa hausse le ton dans un communiqué. « Les terroristes du M23 soutenus par l’artillerie et les militaires de l’armée rwandaise ont attaqué et pris Buganana », affirme l’armée. « L’objectif poursuivi par le Rwanda est d’occuper Bunagana pour non seulement asphyxier la ville de Goma, mais aussi faire pression sur le gouvernement » congolais, précise Kinshasa.

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Les autorités congolaises tirent leurs conclusions des éléments qui méritent d’être analysés. Sur le terrain d’abord, ce sont des unités du M23 suréquipées qui sont filmées. POLITICO.CD a authentifié plusieurs données vidéos et photos attestant des éléments du M23 équipés en matériel sophistiqué, notamment des équipements tactiques de commando.  L’armée congolaise a par ailleurs exhibé de son côté d’autres matériels militaires sur lesquels les initiaux de l’armée rwandaise sont marqués. On y voit des casques de protection par balles, des chaussures ou même de l’armement et des munitions. Pour Kinshasa, il ne fait aucun doute : le Rwanda est non seulement derrière la montée en puissance du M23, mais envoie également ses éléments combattre en RDC.

POLITICO.CD a pu obtenir quelques informations sur ces équipements. Les premières d’entre elles établissent un lien étrange entre l’armée rwandaise et le M23, explique Stephie Mikinzi, le rédacteur en Chef de POLITICO.CD. « Nous avons premièrement plusieurs équipements, notamment des bottes, sur lesquels on peut voir les initiaux de l’armée rwandaise « DRF » », explique-t-il. POLITICO.CD a également analysé  les uniformes, les gilets par balles et des casques blindés. Sur ces derniers, on y découvre des étiquettes de fabrication qui renseignent leurs origines. Le casque ci-dessous —  à titre d’exemple, et comme le reste des équipements analysés —  est fourni, d’après les inscriptions que l’on peut y lire, par une société chinoise dénommée Xinxing import and export Co.LTD. Autres informations intéressantes, les matériels ont été fabriqués en décembre 2020.  

Sur son site internet, Xinxing se présente comme une société étatique chinoise basée à Guangzhou et qui exerce depuis 1989.  « Nous sommes un fournisseur professionnel franchisé (fabricant d’équipements militaires) de séries complètes de fournitures militaires et d’équipements logistiques avec l’autorisation spéciale d’exportation militaire du Conseil d’État de la RPC », renseigne la société.  « Avec notre propre usine de produits pare-balles et des centaines de professionnels fabriquer des fournisseurs couvrant tous les autres types de produits, nous pourrions fournir le meilleur service, support et produits et offrir de bonnes suggestions et des solutions rapides », ajoute-t-elle.

Le groupe chinois admet, sur son site internet, travailler avec « plusieurs clients en Afrique ». Le Tchad, le Kenya, le Mali ou même l’Union Africaine figurent sur sa liste publique de clients. « En avril 2021, nous avons reçu une commande d’un client kenyan qui devait commander 6000 shorts. Nous citons d’abord nos clients, et les clients estiment que notre prix a un avantage. Ensuite, nous avons fait un échantillon basé sur l’échantillon du client, et le client était satisfait de la qualité après avoir reçu l’échantillon », fait savoir Xinxing sur son site internet.

Les Nations Unies ont imposé des sanctions sur l’importation d’armes en RDC. Dans une série de résolutions, l’ONU a mis en place un embargo qui interdit à quiconque de fournir de l’armement aux groupe armés en RDC. Le 30 juin dernier, le Conseil de sécurité de l’ONU a reconduit jusqu’au 1er juillet 2023 ce régime d’embargo sur les armes, tout en le modifiant, afin d’alléger le dispositif d’embargo et d’étendre les motifs d’impositions de sanctions. Mais ces sanctions sont toujours maintenues contre des groupes armés, dont le M23.

Par ailleurs, la résolution de l’ONU étend les motifs de sanctions applicables –gels des avoirs, interdictions de voyager…-  » aux personnes et entités désignées par le Comité des sanctions sur la RDC qui ont participé à la production, à la fabrication ou à l’utilisation d’engins explosifs improvisés en RDC, ont commis ou préparé des attaques utilisant de tels engins, les ont commanditées, s’en sont rendues complices, y ont pris part ou les ont appuyées de quelque manière que ce soit. Dès lors, le fait que du matériel militaire produit en Chine se retrouve entre les mains du M23 épingle Pékin. « 

Des équipements des Forces spéciales rwandaises aux mains de M23

Selon plusieurs experts, une grande partie des équipements militaires utilisés dans l’Est de la RDC proviendrait de la Chine. POLITICO.CD n’a pas pu obtenir de statistiques précises à ce sujet. Néanmoins, pour Jean-Jacques Wondo Omanyundu, expert sur les questions de Défense, le M23 utilise bel et bien des armes d’origine chinoise. « Les armements des M23 saisis par les FARDC sont presque toutes de fabrication chinoise. Le M23 utilise les armes suivantes : les mitrailleuses PKM Kalachnikov légère type 80 de 7,62mm de marque chinoise ; les fusils d’assaut type 81 de 7,62mm de marque chinoise ; des mortiers 120mm et de 117mm chinois ; Des mortiers 82-PM-41 de 82 mm fabriqué en URSS ; Des Lance roquettes anti-chars type 69 de 40 mm Chinoises », précise M. Wondo.

Le groupe chinois Xinxing a catégoriquement refusé de répondre aux questions de POLITICO.CD. « C’est totalement faux », s’est-il borné à répliquer. « Nous ne vendons pas nos équipements aux groupes armés », dit le groupe en répondant à un message de POLITICO.CD. Néanmoins plusieurs experts militaires ont confirmé que le matériel récupéré sur le terrain et appartenant au M23 sont bel et bien produits par ce groupe chinois. Les modèles de casques du M23 « sont formellement identiques après nos vérifications approfondies », dit M. Wondo, qui a comparé pour POLITICO.CD les casques par balles des éléments M23 à ceux fabriqués et vendus par la société chinoise XinXing.

POLITICO.CD a pu  également authentifier les étiquettes de ces matériels et les modèles publiés dans le catalogue du groupe chinois. Plusieurs sources expliquent que l’armée congolaise utilise également du matériel militaire produit en Chine. Néanmoins, Jacques Wondo précise que les casques récupérés sur le terrain ne sont pas ceux de l’armée nationale. « Les casques ne sont pas les mêmes modèles utilisés par les FARDC. Les FARDC importent également de l’armement chinois de la firme Norinco », explique M. Wondo.

La rédaction de POLITICO.CD a pu authentifier  que les Forces spéciales rwandaises utilisent exactement le type de matériel militaire récupéré par les FARDC auprès de M23, comme les témoignent les images ci-dessous publiées notamment sur le site officiel de l’armée rwandaise. « Il est clair que ces matériels sont fabriqués par Xinxing. Il est aussi clair que Xinxing a vendu ce même type de matériel à l’armée rwandaise. Il n’y a aucun doute », explique un expert militaire consulté par POLITICO.CD à Kinshasa et qui a requis l’anonymat.  Jacques Wondo confirme par ailleurs que les forces spéciales rwandaises utilisent les mêmes casques par balles que le M23.

La piste rwandaise est encore plus renforcée à la suite d’un communiqué de l’Ambassade de Chine à Kinshasa. En effet, la Chine est catégorique sur le fait qu’aucun groupe chinois n’a vendu de l’équipement militaire à des groupes armés en RDC, moins encore au M23. Elle a par ailleurs réagi publiquement à cette situation, alors que sur les réseaux sociaux, les images de ces équipements ont occasionné des vives accusations à l’endroit de la Chine. « L’Ambassade de Chine tient à souligner que la Chine respecte strictement les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies en particulier l’embargo sur la fourniture des armes aux groupes armés anti-gouvernementaux dans l’est de la RDC », dit-elle dans un communiqué publié sur son compte Twitter. « Aucune entreprise chinoise n’est autorisée à nouer des contacts avec les groupes armés locaux. Dans leurs échanges commerciaux légaux, les sociétés chinoises d’armement exigent toujours la certification de l’utilisateur final auprès de leurs clients, et veille à la conformité de l’usage des équipements par rapport à cette certification », ajoute l’Ambassade de Chine en RDC.

Du côté du gouvernement congolais, il ne fait aucun doute que « ceci est une nouvelle preuve » qui prouve que le Rwanda soutient le M23. Selon un haut responsable de la présidence congolaise qui a requis l’anonymat, il est clair que « c’est du matériel que le groupe chinois a vendu au Rwanda qui se retrouve aux mains du M23. »   Plus encore, dans une conversation « Whatsapp » avec un journaliste de la rédaction de POLITICO.CD qui s’est fait passer pour un futur client voulant commander du matériel militaire, un représentant de Xinxing a admis que la société fournie « également du matériel militaire à plusieurs pays en Afrique centrale ».

Ce représentant de Xinxing a nommément cité l’Etat du Rwanda parmi les pays à qui ce groupe chinois a fourni de l’équipement militaire. Néanmoins, ce représentant de XingiXing a refusé de dire quel type de matériel son groupe a-t-il vendu au Rwanda. « C’est tout à fait possible que de l’équipement militaire commandé par le Rwanda atterrisse entre les mains du M23. Car, souvenez-vous, par le passé, plusieurs experts dont ceux de l’ONU avaient confirmé le fait que le Rwanda fournit du soutien militaire au M23 », explique de son côté Stéphie Mukinzi.

D’autres preuves du soutien rwandais au M23 existent

Le soutien du Rwanda au M23 ne date pas d’aujourd’hui. Si la MONUSCO reste évasive sur cette question cette fois, un rapport des Nations Unies avait révélé en 2013 que le Rwanda avait créé, équipé et commandé le M23 dans sa première offensive contre Kinshasa.  Ce panel de spécialistes des Nations Unies avait accusé le Rwanda et l’Ouganda de soutenir le groupe rebelle M23, qui venait de conquérir la ville de Goma, dans l’Est de la RDC. Dans la foulée, le président américain Barack Obama avait appelé le président rwandais Paul Kagame à « mettre définitivement fin à tout soutien » aux rebelles du M23. Le département du Trésor américain avait également émis de nouvelles sanctions contre deux hauts dirigeants du M23. La Grande-Bretagne et la Belgique avaient suspendu leurs aides au Rwanda.

En 2013, comme aujourd’hui, les autorités rwandaises continuent de nier leur soutien à ce groupe rebelle. Et Kigali dément toute présence de ses militaires en RDC. Néanmoins, selon la représentante spéciale de l’ONU, « le M23 se comporte de plus en plus comme une armée conventionnelle plutôt que comme un groupe armé, disposant d’une puissance de feu et d’équipements de plus en plus sophistiqués ».  Mme Bintou Keita a exhorté le Conseil de sécurité des Nations Unies à soutenir pleinement les efforts régionaux visant à désamorcer les tensions entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda au sujet des rebelles du M23.

Par ailleurs, plusieurs autres sources confirment actuellement des preuves d’un soutien de Kigali au M23. Selon le quotidien Afrique Intelligence, une présence sporadique, ou du moins des incursions, d’éléments des Rwanda Defence Force (RDF) sur le territoire congolais, dans des zones désormais en partie contrôlées par le M23, est établie pour les chancelleries occidentales. « Elle l’est également au siège des Nations unies (ONU) à New York, alimenté par les enquêtes de la Monusco. Des captations aériennes par drones tactiques – la plupart des appareils de l’ONU sont cependant cloués au sol – conjuguées à des renseignements de terrain constituent autant de faisceaux convergents, que le pouvoir rwandais dément catégoriquement », révèle ce media dans une publication du 1er juillet.

D’après ce média basé en France et spécialisé dans l’information confidentielle en Afrique, des chiffres circulent dans les ambassades : 400 à 500 éléments des RDF ont pu fouler le sol congolais depuis l’intensification des combats en mars 2022, avec des cibles prédéfinies et limitées dans le temps. « C’est le cas, selon plusieurs sources étatiques, dans la zone de Kibumba, à une trentaine de kilomètres au nord de Goma, où une centaine d’éléments des RDF ont été identifiés en mai lors d’affrontements contre des combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR, un groupe armé constitué par d’anciens génocidaires hutus) et des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) », dit Afrique Intelligence.

Les États-Unis ont ouvertement exprimé leur préoccupation face à des informations de soutien du Rwanda au M23. Dans  un message relayé sur son compte Twitter, le président de la Commission sénatoriale des Relations étrangères, Robert Menendez souligne que les enquêtes doivent être diligentées afin que les responsables soient sanctionnés. « Alarmé par les informations selon lesquelles le Rwanda soutient à nouveau les rebelles du M23 fomentant la violence, attaquant les troupes de la RDC, les casques bleus de l’ONU et les civils. Nous devons enquêter et sanctionner les responsables », a-t-il écrit. Un peu plus tôt, la commission des relations étrangères du sénat américain jugeait déjà « inacceptable le soutien rwandais » au M23 « qui attaquent les civils, les casques bleus de l’ONU et les FARDC » dans l’Est de la République démocratique du Congo. « Le soutien rwandais aux rebelles du M23 qui attaquent les civils, les casques bleus de l’ONU et les FARDC dans l’est de la RDC est inacceptable. Le monde doit être uni pour condamner ses actions. Les Nations-Unies, la MONUSCO doit immédiatement enquêter et demander des comptes aux responsables », dénonce la commission du Sénat américain.

Le président Félix Tshisekedi a de son côté mis en garde le Rwanda pour son soutien au M23. « (…) Si la provocation du Rwanda continue, nous ne resterons pas assis sans rien faire. Nous ne sommes pas faibles », a confié le président congolais qui insiste sur le fait que « le Rwanda combat en RDC sous le couvert du M23, qui a été vaincu en 2013. Sa dernière émergence est due aux Forces de défense rwandaises, qui se cachent derrière le M23. »

A l’issue d’une rencontre à Luanda, les deux Chefs d’Etat se sont convenus d’une feuille de route pour la désescalade. Le Rwanda a cependant démenti le « cessez-le-feu » obtenu à l’issue de cette rencontre sous la médiation du président angolais João Lourenço, affirmant que cette question concernait le M23. « L’issue de la rencontre tripartite de Luanda est une feuille de route avec objectifs clairs et activités à mettre en œuvre par différents partenaires. Ni accord ni cessez-le-feu n’ont été signés. La désinformation/le populisme sabotent l’objectif de paix en RDC/dans la région », a tweeté Vincent Biruta, ministre rwandais des Affaires étrangères.

Sur le terrain, les combats ont repris dès le lendemain de la rencontre de Luanda. Le M23 dit ne pas être concerné par les résultats de cette médiation. À Kinshasa, les autorités attendent le déploiement de la force régionale de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est comme ultime solution face au M23. Cependant un déploiement qui risque déjà de souffrir de dysfonctionnement. Alors que le Rwanda n’y envoie pas de troupe, Kigali fait toutefois partie du Haut commandement de cette force censée démilitariser les groupes armés dans l’Est de la RDC, et donc y compris le M23.

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