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À Luanda, Tshisekedi exige à Kagame de clarifier ses liens avec le M23 et d’admettre son soutien avant de dialoguer

Le sommet de Luanda qui prévoit un tête-à-tête entre Tshisekedi et Kagame, ce mercredi 6 juillet, s’annonce sous haute tension.

Si le président rwandais Paul Kagame a déclaré sur la Rwanda Broadcasting Agency (RBA), citons : « …nous avons besoin de la paix pour nos deux pays; il doit y avoir la paix au Rwanda et il doit y avoir la paix en RDC », le président Congolais Félix Tshisekedi précise que cette déclaration ne peut être prise à juste titre aussi longtemps que les troupes rwandaises sous couvert du M23 opèrent sur le sol congolais en violation de traités et conventions internationales.

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Sur ce, pour la réussite du Sommet de Luanda, Félix Tshisekedi appelle le Rwanda à être sincère et à admettre qu’il soutient le M23 et exige également du Rwanda la clarification de tous ses liens avec ce mouvement terroriste.

« Il y a de l’espoir tant qu’il y a de la sincérité », a déclaré Tshisekedi dans une interview accordée à Financial Times. « Si le Rwanda reconnaît qu’il a soutenu le M23 et pourquoi il soutient ce mouvement, ce serait sincère. Nous pourrons ensuite discuter et mettre tout cela sur la table ».

Si le Rwanda refusait d’admettre qu’il soutient le M23 « cela signifierait qu’il y a un agenda caché », a-t-il ajouté.

Ainsi, d’un ton sévère et avec raison, le président Congolais a averti que la guerre pourrait éclater avec le Rwanda à moins que son voisin ne cesse de soutenir les groupes rebelles qui combattent dans l’est du plus grand pays d’Afrique subsaharienne.

« Cette possibilité ne peut être exclue. Si la provocation du Rwanda continue, nous ne resterons pas assis sans rien faire. Nous ne sommes pas faibles », a-t-il souligné.

Le M23 a mené une rébellion en 2012 mais a été vaincu par les troupes congolaises et onusiennes, ce qui a conduit à un accord de paix en 2013. Après une mise en œuvre difficile et inégale, le groupe armé a refait surface à la fin de l’année dernière.

« Le Rwanda combat en RDC sous le couvert du M23, qui a été vaincu en 2013 », a déclaré Tshisekedi, ajoutant comme preuve le fait que des soldats rwandais ont été capturés en RDC. « Sa dernière émergence est due aux Forces de défense rwandaises, qui se cachent derrière le M23 ».

Montant les enchères le lundi 4 juillet dernier, Paul Kagame a réaffirmé que les rebelles hutus rwandais FDLR « combattaient aux côtés des soldats congolais. Nous avons été touchés par des obus tirés depuis la RDC. Mais nous avons besoin de la paix pour nos deux pays. »

Tshisekedi a noté qu’il s’agissait d’une « excuse boiteuse » et que ses forces avaient arrêté des centaines de combattants FDLR et les avaient remis à Kigali.

Entretemps, l’Union européenne a, dans un communiqué signé par son Haut représentant, Josep Borrell, affirmé suivre avec attention la situation dans l’Est de la RDC caractérisée par l’agression Rwandaise sous couvert du M23.

Saluant la saisine des mécanismes de gestion des différends des instances régionales et internationales compétentes pour faire la lumière sur ces événements, l’UE a exigé le M23 et les autres groupes rebelles armés nationaux et étrangers (dont les CODECO, FDLR et RED TABARA) à déposer les armes, renoncer à la violence et se retirer des zones qu’ils occupent.

De son côté, les États-Unis aussi ont exprimé leur inquiétude face aux attaques transfrontalières.

Cette sortie médiatique de Félix Tshisekedi à la veille du sommet tripartite avec le Président João Lourenço d’Angola et le Président Kagame du Rwanda porte à croire que le Chef de l’État Congolais est parti à Luanda avec un message clair : « la solution par la voie diplomatique ou la guerre. La balle est dans le camp de Kagame ».

Cette rencontre se tient à l’initiative du Président angolais, Joao Lourenço, président en exercice de la Conférence Internationale sur la region des grands lacs (CIRGL), qui a été mandaté par l’Union Africaine pour mener une médiation afin de faire baisser la tension entre la RDC et le Rwanda.

Dominique Malala

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