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Bintou Keita au Conseil de Sécurité de l’ONU: « Le M23 s’est comporté de plus en plus comme une armée conventionnelle que comme un groupe armé »

La représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU en RDC et cheffe de la Monusco, Bintou Keita a dans sa déclaration au Conseil

de Sécurité de l’ONU ce mercredi 29 juin, exposé de nouveau la situation sécuritaire dans la partie Est du pays.

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Dans sa déclaration, Bintou Keita indique que la situation ne cesse de se détériorer en raison notamment de l’intensification des attaques du M23 contre la population civile, les forces de sécurité nationales et les casques bleus, ainsi que les attaques des ADF, de la CODECO et les attaques d’autres groupes armés en Ituri et au Nord Kivu.

La cheffe de la Monusco a fait remarquer que l’intensification des attaques du M23 et les tensions régionales qui en ont découlé ont remis en cause la dynamique positive enregistrée au cours des dernières années entre la RDC et le Rwanda.

« Le M23 a lancé plusieurs offensives dans le territoire de Rutshuru de la province du Nord Kivu depuis le mois d’avril. En mai et juin, les attaques du M23 se sont déroulées de manière coordonnée sur plusieurs axes dans le Rutshuru », a-t-elle souligné.

Bintou Keita estime que la réponse « robuste et proactive » de la mission onusienne, agissant conformément à son mandat et dans le strict respect de la politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme, a empêché le M23 de menacer la ville de Goma et d’autres localités situées le long de la Route Nationale.

Cependant, dit-elle, suite à des attaques coordonnées sur une direction Est-Ouest, le M23 a occupé la ville de Bunagana, un important poste frontière avec l’Ouganda. « Au cours des affrontements les plus récents, le M23 s’est comporté de plus en plus comme une armée conventionnelle que comme un groupe armé », a-t-elle claironné.

Qui arme les terroristes du M23?

Le mouvement du 23 Mars considéré d’ores et déjà comme terroriste par le gouvernement congolais a été défait complètement et démilitarisé en 2013. Nonobstant, la patronne de la Monusco est surprise que le M23 dispose d’une puissance de feu et d’équipements de plus en plus sophistiqués, notamment en termes de capacités de tir à longue portée de mortier et mitrailleuse, ainsi que de tir de précision sur des aéronefs.

Mais si la cheffe de la Monusco n’a pas voulu cité les parrains de mouvement terroriste, le gouvernement congolais voit l’ombre du Rwanda derrière cette exhumation du M23. Selon les autorités congolaises, la guerre menée par Z par le Rwanda vise l’exploitation des ressources de la RDC entre autres l’or, le coltan et le cobalt.

Pour la Cheffe de la mission onusienne en RDC, la menace que cela représente pour la population et les casques bleus qui ont le mandat de la protéger est évidente.

« Je voudrais ici rendre hommage aux neufs casques bleus qui ont perdu la vie , dont huit le 29 mars, alors que je briefais ce même Conseil, dans un crash d’hélicoptère dû à une opération hostile dans une zone contrôlée par le M23 et un le 5 avril dans une opération offensive contre CODECO en Ituri »

Elle a réaffirmé sa condamnation ferme des attaques du M23 et réitéré par la même occasion, la détermination de la Monusco à remplir le mandat qui lui a été confié par le Conseil avant de l’inviter à redoubler ses efforts en faveur d’une désescalade rapide de la situation, et du désarmement sans condition du M23.

Déjà Plus 23 civils tués et plus 170.000 déplacés depuis la résurgence du M23

Les offensives du M23 ont eu un impact majeur sur la population civile, entraînant la mort d’au moins 23 civils, dont six enfants en plus de 170,000 personnes déplacées.

D’après Bintou Keita, alors que certains de ces déplacés ont trouvé refuge grâce à l’hospitalité des familles d’accueil, les abris communautaires construits par des partenaires humanitaires sont devenus surpeuplés, tout comme les écoles, les stades, et les autres espaces collectifs dans lesquels étaient abritées d’autres personnes déplacées.

Elle se dit particulièrement préoccupée par l’entrave à la scolarité des enfants entrainée par cette situation, qui selon elle « n’est qu’un seul exemple de la manière dont la résurgence du M23 a perturbé la vie quotidienne d’une population civile qui a déjà souffert de l’insécurité persistante et de l’éruption du Mont Nyiragongo l’année dernière ».

Carmel NDEO

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