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État de siège : 11 mois après, le Gouverneur militaire cote à 60 % ses réalisations en Ituri

Sur Top Congo FM, invité de l’édition spéciale réalisée jeudi 14 avril 2022 à Bunia, le lieutenant-général Luboya N’kashama Johnny est, en long et en large, revenu sur sa gestion de la province de l’Ituri, placée sous le régime militaire depuis le mois de mai 2021, soit près d’un an déjà.

11 mois après, le gouverneur militaire de l’Ituri s’est félicité des actions entreprises, vaille que vaille, pour stabiliser la province et sécuriser la population. Luboya cote à 60 % les réalisations de son administration qui veut, à tout prix, attendre ses objectifs vis-à-vis de l’État de siège. « Nous sommes à au moins 60% des réalisations », s’est-il coté.

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« Ces 11 derniers mois, nous ont permis de terminer avec la première phase des opérations militaires. Nous avons pris les grands axes et pris les grandes agglomérations et localités, avec comme conséquence : chasser l’ennemi de son centre d’intérêt. Et là nous sommes dans la 2ème phase. Il s’agit ici de poursuivre l’ennemi en profondeur », a martelé le lieutenant-général Luboya N’kashama.

À en croire le gouverneur militaire, les opérations militaires en cours dans la province de l’Ituri iront jusqu’à sa troisième phase qui consiste, a-t-il explicité, de « contrôler, stabiliser la province et sécuriser la population ». Luboya augure, cependant, que la population qui serait encore loin, sur le terrain, de vivre la réalité des résultats vantés, devrait être informé des actions réalisées par l’administration militaire.

« Le grand problème que nous avons, c’est de faire comprendre à la population les opérations parce que si elle n’est pas informée des opérations, c’est difficile qu’elle apprécie le travail que nous sommes en train de faire. Quelles sont les conséquences quand vous commencez à poursuivre l’ennemi en profondeur, quand vous l’avez chas sé de son centre d’intérêt ?. Il devient faible. Il n’a plus des moyens. Et donc, il va vous faire un chantage. Ça se passe partout au monde. Vous pouvez prendre le cas de l’Afghanistan, Irak, c’est comme ça. Et quand on parle d’ennemi ici, il est souvent question des étrangers, les ADF que nous sommes venus combattre et nous sommes en train de les défaire. Mais de l’autre, nous avons aussi des groupes Congolais qui font, d’ailleurs, bien plus de mal. Il y a notamment les CODECO. Nous les combattons en même temps que nous dialoguons avec les communautés à travers entre autres de la Task Force », a-t-il dit.

Selon toujours lui, la finalité, c’est l’organisation d’un grand dialogue entre les communautés pour essayer de résoudre les problèmes notamment fonciers qui ont toujours existé en Ituri, qu’on ne peut pas résoudre par les armes.

Malgré l’état de siège, plusieurs députés provinciaux ont estimé que rien n’est fait sur terrain. Selon eux, la situation reste toujours préoccupante. Cette question a été passée au crible, jeudi, par une délégation gouvernementale conduite par Sama Lukonde à Bunia, après l’étape du Nord-Kivu. Le gouvernement évalue la gestion militaire et veut mettre en place un plan de crise définitif pour stabiliser l’Est tourmenté de la RDC.

Serge SINDANI

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