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Climat « malsain » à l’OGEFREM : Sama Lukonde remet à l’ordre Chérubin Okende

Dans sa correspondance datée du 18 mars, adressée au ministre des transports et voies de communication, dont POLITICO.CD a obtenu exclusivement le contenu, le Premier Ministre se montre fermement engagé à mettre fin au climat « malsain » qui règne à l’Office de gestion du fret multimodal (OGEFREM). Se fondant sur des informations portées à sa connaissance par l’intersyndicale, le Chef du Gouvernement révèle qu’au sein de ce service public « s’observent des actes de vandalisme de tous ordres ainsi qu’un arrêt brusque de travail et des services » et ce, « suite à certaines injonctions que Chérubin Okende avait données directement au Directeur Général Manzila ».

Le Premier Ministre tient pour exemple deux correspondances de Chérubin Okende enjoignant le Directeur Général ai de cet Office, « d’une part, de suspendre les contrats qui lient l’OGEFREM aux sociétés Golden Jiangu Coast et Africa Union Cargo et, d’autre part, de réintégrer dix agents et cadres licenciés en 2017. Des injonctions que Sama Lukonde juge loin des prérogatives de l’autorité de tutelle. Il réfère d’emblée Chérubin Okende aux dispositions des articles 25 à 29 de la loi portant dispositions générales applicables aux établissements publics et les articles 28 à 32 du décret fixant les statuts de l’OGEFREM,« qui circonscrivent de manière précise » le champ d’exercice du pouvoir de tutelle auquel Sama Lukonde invite Chérubin Okende « à observer strictement ».

Okende appelé à « reconsidérer ses injonctions »

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En ce qui concerne les injonctions de suspendre les contrats liant OGEFREM aux sociétés Golden Jiangu Coast et Africa Union Cargo, le Premier Ministre fait observer que Chérubin Okende « aurait dû demander à l’OGEFREM, à la rigueur, d’établir un état de des lieux desdits contrats au regard des accusations et irrégularités qui auraient été portées à sa connaissance, afin de lui permettre d’avoir des éléments d’appréciation objectifs, susceptibles de lui éclairer utilement et de suggérer, le cas échéant, des orientations qui tiennent compte des intérêts de l’OGEFREM et de son personnel et, par ricochet, de l’État congolais, d’autant plus que ces contrats sont exécutés depuis plus de quatre ans ».

« À cet égard, je vous demande de reconsidérer vous injonctions de suspension dedits contrats et de faire procéder, au préalable, à un état des lieux », écrit le Premier Ministre.

En ce qui concerne la réintégration de dix agents et cadres de l’OGEFREM, Sama Lukonde rappelle à Chérubin Okende ses deux correspondances adressées à la primature sur le rapport de la commission de discipline relative au dossier de suspension du Directeur Général Patient Sayiba. Aux termes de ces rapports, le Premier des ministres note que la commission de discipline avait recommandé à M. Okende, « particulièrement au sujet de la réintégration de ces agents et cadres : vider le dossier, toujours pendant, des agents et cadres de l’OGEFREM révoqués,en prenant soin d’examiner froidement toutes ses implications, étant donné que diverses institutions, en l’occurrence le Président de la République, le Parlement, le Gouvernement et le Pouvoir judiciaire en sont saisies au même moment, afin d’éviter le chevauchement, le télescopage et la contradiction des décisions pouvant en être prises, à défaut de son traitement interinstitutionnel ».

Pour le Premier Ministre, cette recommandation « prudente » devrait guider Chérubin Okende « pour apprécier l’attitude qu’il convient d’adopter afin d’éviter les conséquences du genre de celles que l’OGEFREM connaît aujourd’hui ».

De ce qui précède, Sama Lukonde demande à son ministre des transports de « reconsidérer son injonction de réintégrer les dix agents et cadres licenciés et de privilégier, au préalable, la voie de la prudence proposée par la commission de discipline constituée en son temps ». Comme cela ne suffisait pas, il « engage, en définitive, Chérubin Okende à la stricte observance du contenu de la présente lettre, qui ne doit souffrir d’aucune faille, de veiller au climat de paix et de sérénité à l’OGEFREM ».

Stéphie MUKINZI M

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