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RDC : Steve Mbikayi veut que le mandat présidentiel passe de 5 à 7 ans pour donner au Chef de l’État les moyens de sa politique

Verrouillée par la constitution sur pieds de son article 220, la durée des mandats du Président de la République est au cœur des débats en RDC. Steve Mbikayi, ex-ministre de l’enseignement supérieur congolais, a dévoilé son intention d’initier des démarches pour réviser la constitution et passer le mandat présidentiel de 5 à 7 ans. Il estime que la durée de 5 ans est insuffisante au Président de la République de se donner les moyens de sa politique. L’initiateur du FP – Front qu’il a créé pour soutenir la candidature unique et la réélection de Félix Tshisekedi en 2023 – s’oppose également au coût des élections générales, évalué à 1,2 milliards USD tous les 5 ans.

« Le mandat de 5 ans est insuffisant et que tous les 5 ans on fait les élections qui nous coûtent 1,2 milliards USC ce qui veut dire que par mois nous devons garder 120 millions USD pour les élections alors que si on fait le septennat, on va gagner deux ans et on peut garder 240 millions USD pour affecter à l’agriculture, la pêche et l’élevage. Alors nous devons initier une révision constitutionnelle parce que vous savez le PT et le FP ont initié une pétition qui a été signé par 113 mille congolais pour demander à ce que la constitution soit revue et donner au président de la République les moyens de sa politique qui ont un impact dans la vie des populations », soutient-il.

« Apprenti-sorcier »

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Pour Olivier Kamitatu, directeur de cabinet et porte-parole de Moïse Katumbi – potentiel candidat à la présidentielle de 2023 -, la révision constitutionnelle va « hypothéquer la stabilité du pays ».

« Les apprentis-sorciers qui caressent le rêve de changer la Constitution sous prétexte de « coller à la réalité politique » hypothèquent la fragile stabilité du pays ! Vaincre les incertitudes liées à l’avenir exige tout simplement un leadership éclairé qui rassure les Congolais », a réagi le porte-parole de Katumbi.

Sesanga au front contre la révision

Le député national Delly Sesanga, élu de Luiza dans le Kasaï-Central, est monté au créneau le samedi 26 février 2022 pour dénoncer un projet de changement de Constitution en République démocratique du Congo. C’était au cours de la cérémonie de présentation et d’installation de nouveaux membres du Comité national de son parti Envol, qui s’est déroulée au siège de cette formation politique situé sur l’avenue Enseignement dans la commune de Kasa-Vubu à Kinshasa. À l’en croire, ce projet consiste à ignorer le mandat actuel du président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. En changeant la Constitution, a-t-il alerté, le compteur sera remis à zéro.

« Ils veulent mettre de côté notre Constitution. Est-ce que vous allez accepter ça ? [Non, ont répondu les militants, ndlr]. En 2015, nous étions dans la rue pour s’opposer à ce qu’on touche la Constitution. Dans notre Constitution, il y a un article important qui stipule que personne parmi les Congolais ne peut faire plus de deux mandats comme président de la République. Mais eux, parce que nous les connaissons et ça commence toujours comme ça, ils veulent changer la Constitution. C’est-à-dire que le mandat actuel consacré par cette Constitution ne va plus compter. Vous voulez des mandats gratuits ? Le mandat gratuit de Kabila ? Le mandat gratuit de Félix ? [Non, a encore répondu l’assistance, ndlr]. Il faut s’opposer à ça », a-t-il fait savoir.

En septembre 2014, plus de deux mille personnes ont manifesté, à Kinshasa, contre l’intention prêtée au président Joseph Kabila – à l’époque aux affaires – de modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Stéphie MUKINZI

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