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Congo Hold-up : « L’IGF ne pouvait responsabiliser formellement la société EGAL par manque de documents probants » (Alingete)

« Entant que responsable d’un service chargé de lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics, je ne peux que prendre les choses du bon côté », C’est la réaction du chef de service de l’Inspection Générale des Finances (IGF), Jules Alingete à l’enquête dénommée Congo Hold-up menée par un consortium des médias et ONG.

Invité de la Radio France Internationale (RFI) ce jeudi 25 novembre, Jules Alingete a fait savoir que les révélations faites par les enquêteurs du Congo Hold-up ne sont pas nouvelles à l’inspection générale des finances.

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« Je ne peux que prendre les choses du bon côté. Ça nous permet de faire avancer notre combat dans l’éradication du mal dans les finances publiques congolaises. Nous avions apprécié ce qui s’est passé, nous n’avons pas un point de vue négatif pour autant que beaucoup d’éléments exploités par la commission d’enquête, ces éléments ne sont pas étrangers à l’inspection Générale des Finances, ce sont des choses que nous connaissons, il y a d’autres choses sur lesquelles nous sommes déjà entrain de travailler. Donc pour moi, je pense que c’est positif », a déclaré Jules Alingete.

En ce qui concerne les affirmations du consortium Congo Hold-up, citant l’Entreprise générale d’alimentation ( EGAL), une société d’importation de viandes et de poissons liée au premier cercle de l’ancien président Joseph Kabila comme bénéficiaire de 43 millions de dollars d’argent public, Jules Alingete reconnaît que ladite société était dans le viseur de l’IGF depuis le début de ses investigations mais, faute des documents, la structure anti-corruption ne pouvait pas responsabiliser formellement la société EGAL.

« Sur ce point là nous sommes d’accord, parceque nous avions travaillé sur ce dossier, et nous avions établi un détournement de 43 millions de dollars américains sauf que vos enquêteurs ont beaucoup plus d’informations. Ils sont allés beaucoup plus loin en identifiant les véritables bénéficiaires mais nous, nous sommes limités à établir la responsabilité de la banque qui a passé ces opérations mais je pense globalement nous sommes d’avis sur le travail qui a été fait », a-t-il apprécié.

Un autre problème ajoute, Jules Alingete, est que l’Inspection Générale des Finances s’est contenté du fait que la BGFIBANK a reconnu la responsabilité d’avoir pris cet argent (43 millions USD) et s’est engagé à rembourser
en lieu et place de savoir qu’est-ce-qu’elle en a fait.

« Il est vrai que quand nous avons commencé les investigations, cette société était dans le viseur de l’inspection Générale des Finances parce-que son nom est cité du début jusqu’à la fin de l’enquête sauf que nous avions été buté entant que service public à trouver des documents qui puissent formellement nous permettre de responsabiliser la société EGAL et aussi face à la situation où la BGFIBANK a pris la position de reconnaître la responsabilité d’avoir pris cet argent autant nous indiquer qu’est-ce-qu’elle en a fait, nous, on s’est contenté au fait que cette conclusion où la banque a accepté la responsabilité et s’est engagé à rembourser mais je pense que le nom de EGAL est lié à ce dossier du début jusqu’à la fin et même quand nous avions travaillé, nous avions retrouvé les traces d’EGAL sauf qu’il avait un problème des documents et la banque nous a pris de coup en acceptant la responsabilité. C’est pour cela nous étions obligés de pointer la banque comme responsable et de mettre EGAL hors de cause faute des documents probant parceque nous allons probablement vers la voie judiciaire, c’est la production des preuves qui importe », a-t-il souligné.

Interrogé sur la possibilité de la révision et la reprise d’une nouvelle enquête pour une éventuelle participation de la société EGAL dans ce détournement, Jules Alingete Key signe et persiste « non, la révision implique que nous puissions disposer des documents probants ».

« Nous n’avons pas des documents en notre disposition. Donc nous ne pouvons pas réviser au stade actuel notre position sur base de ça, dès lors que nous aurons les documents en notre disposition, qui permettront à ce que nous puissions réouvrir l’enquête et arriver vers d’autres conclusions, nous le ferons, nous sommes disposés à le faire », a-t-il martelé.

Plus tôt, Jules Alingete avait estimé que la BGFI a « sans doute » voulu « empêcher le gouvernement congolais de saisir les avoirs » d’Egal. « Face à un groupe de mafieux qui s’organise, qu’est-ce que je peux faire ? Ils arrêtent des stratégies pour donner l’impression qu’ils sont opposés, mais la BGFI, Egal, Yuma, ce sont un même groupe de gens », a-t-il ajouté lors d’un entretien accordé au projet Congo Hold-up.

De son côté, Egal avait démenti formellement avoir « reçu de l’argent de la Banque centrale du Congo », rappellant avoir été « mise hors de cause » par l’IGF.

Carmel NDEO

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