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Congo Hold-up : La BCC et la Gecamines, « des machines à cash au profit » de Kabila

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La fuite de plus de 3 millions de documents confidentiels et sensibles est au cœur de révélations troublantes, indexant l’ancien Président de la RDC et son entourage. Les résultats de l’enquête menée depuis près d’un an par un consortium d’enquêteurs notamment Mediapart ont révélé que plusieurs centaines de millions de dollars ont été détournés par le « clan Kabila » pendant leurs dernières années au pouvoir.

Parmi les entreprises publiques congolaises qui ont servi de « vache à lait », les enquêteurs ont répertorié notamment la Banque centrale du Congo et la Gecamines. Des véritables « machine à cash » en République démocratique du Congo.

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« L’entreprise minière publique Gecamines, la machine à cash de la RDC, a elle aussi été mise à contribution, avec 20 millions de dollars versés à Sud Oil. Joseph Kabila est très proche du président du conseil de la Gecamines, le très influent homme d’affaires Albert Yuma, par ailleurs patron des patrons congolais et administrateur de la Banque centrale jusqu’en juillet dernier », explique le rapport de l’enquête.

Selon Mediapart et ses partenaires, la Gecamines a effectué plusieurs virements au bénéfice de la « société-ecran » Sud Oil, société attribuée à Joseph Kabila. Les libellés de ces transactions ont changé au gré de vague.

« Le 13 juin 2016, la Gecamines effectue, depuis son compte à la BGFI, un virement de 2 millions de dollars intitulé « solde avance sur fiscalité », c’est-à-dire le paiement d’un impôt à l’État. Mais l’argent atterrit sur le compte de Sud Oil, avec un libellé différent : « solde retrait 10 millions ». Le 31 juillet, la Gecamines vire, cette fois, la bagatelle de 15 millions de dollars à Sud Oil. Le libellé, « paiement alimentation de notre compte », suggère que l’entreprise publique et Sud Oil ne font qu’un. Comme un symbole de la kleptocratie instituée par le président Kabila », révèlent les documents fuités.

« Une dernière opération est pour le moins surprenante. Le 10 mars 2016, le directeur général de la Gecamines envoie une « instruction de paiement » à la BGFI afin de transférer 3 millions de dollars à Kwanza Capital, filiale de Sud Oil. Il ne donne aucun motif mais insiste sur « l’urgence » de l’opération. La BGFI ne respecte pas totalement l’instruction, puisqu’elle vire 2,4 millions à Kwanza et 0,6 million à Sud Oil. 
Interrogés, la Gecamines et Albert Yuma n’ont pas répondu », ajoutent les enquêteurs.

BCC, le « plus gros contributeur »

« Mais le plus gros contributeur de la société-écran contrôlée par le frère et la sœur du chef de l’État est, de loin, la Banque centrale du Congo (BCC), dirigée jusqu’en juillet dernier par Deogratias Mutombo »,

Les documents « Congo hold-up » montrent que la BCC a versé, via la BGFI, 50 millions de dollars à Sud Oil, dont 30 millions d’un coup le 29 septembre 2016, via un virement intitulé « nivellement ». Le libellé semble inexact, puisqu’un nivellement désigne d’ordinaire un versement entre deux comptes appartenant à un même client de la banque.
Interrogés, la Banque centrale et Deogratias Mutombo n’ont pas répondu.

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Tout aurait pu continuer longtemps sans l’intervention d’un banquier de la BGFI RDC devenu lanceur d’alerte : Jean-Jacques Lumumba. Grâce aux documents internes qu’il a récupérés, le journal belge Le Soir révèle, en octobre 2016, une première série d’irrégularités, dont l’argent détourné des comptes de la Ceni, la commission électorale. 

L’année suivante, les auditeurs du cabinet PWC, la direction du groupe BGFI au Gabon et la Banque centrale produisent des audits accablants sur la gestion de la BGFI RDC. « La somme des faiblesses décrites soumet la banque à une exposition très élevée des risques opérationnels, de contentieux, de blanchiment des capitaux et de réputation », conclut celui de la BCC.

Stéphie MUKINZI

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