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PPRD : « Ces échecs qui ont pour cyclomoteur Monsieur Emmanuel Ramazani Shadary » (Jimmy Ngalasi, FRC/PPRD)

La Force Révolutionnaire du Changement (FRC)/PPRD, une structure fonctionnant au sein du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) et actuellement dirigée par Jimmy Ngalasi a tenu une rencontre d’échanges avec les différents membres de leurs structures, ce vendredi 16 avril 2021 dans la paroisse Notre Dame de Fatima à Kinshasa. « Nous nous sommes réunis pour trouver l’inclusivité du parti avant de nous relancer », a confié Jimmy Ngalasi à la presse locale. À l’entendre, le temps est venu pour que le changement soit réellement visible dans le parti : « un choix à tous les niveaux au sein du PPRD. Et ce changement ne peut se matérialiser que par une voie révolutionnaire ».

Un fait décrié par le Coordonnateur du FRC lors de cette rencontre : il s’agit de ce qu’il qualifie, au sein du PPRD, des structures de sous-traitance, c’est-à-dire celles personnalisées, portant des appellations des individus. Jimmy Ngalasi entend y mettre fin. « Ce sont des structures qui n’incarnent guère la volonté de Joseph Kabila et qui ne vivent qu’au dépend des personnes autorités morales de ces structures en lieu et place d’avoir des structures qui répondent à l’autorité morale, qui répondent aussi à la vision, à la pensée de Joseph Kabila et aux besoins des populations congolaises et de la population pprdienne en particulier », estime-t-il.

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Annonçant le ralliement des plusieurs différentes structures à l’esprit du FRC/PPRD, Jimmy Ngalasi a précisé avoir opté, par rapport aux différends qui prévalent actuellement au sein de son parti, pour des consultations en interne. Il dévoile ici qu’il essaye de rechercher l’inclusivité pour permettre à ce que tout le monde puisse prendre part, en ce jour, à ce qu’il qualifie de libération du PPRD de toute forme de népotisme, de clientélisme, de tribalisme ainsi que de toute forme de politique machiavélique qui, selon lui, n’incarne pas la personne de Joseph Kabila qu’il considère comme un modèle politique africain incontournable.

Interdit de s’assembler au siège depuis plusieurs semaines, Jimmy Ngalasi annonce le retour au siège pour bientôt sans autre précision. « Nous ne communiquerons guère la date ni l’heure, mais c’est dans quelques heures que la grande manifestation d’un PPRD relooké, régénéré, remodernisé, new-look aura lieu avec cette inclusivité, cette chaleur, ce dévouement, cette conviction de vouloir orienter maintenant le cap sur 2023, en allant récupérer les uns et les autres dans l’optique d’un rappel de troupe autour du général d’armée Joseph Kabila Kabange », indique-t-il.

Interviewé par la presse locale, le Coordonnateur de la Force Révolutionnaire du Changement indexe son Secrétaire Général permanent. « Nous sommes en démocratie. Tout à l’heure, je venais d’évoquer les multiples échecs qu’a connu le PPRD de Joseph Kabila par des acteurs qui incarnaient et incarnent jusqu’à ce jour ces échecs qui ont pour cyclomoteur Monsieur Emmanuel Ramazani Shadary », avoue-t-il.

Lors qu’il y a une révolution, développe M. Ngalasi, c’est qu’en interne, le mini dialogue humain, dans le respect du vouloir de la population des membres adhérents du parti qui composent le PPRD, n’a pas abouti. La seule voie démocratique qu’il leur reste, d’après lui, c’est la révolution. « La révolution n’est pas égale à la rébellion. Parce qu’on peut être porteur d’une décision mais l’on doit incarner la décision que l’on porte. M. Ramazani Shadary n’a pas su incarner la vision de la personne qui est détentrice de cette décision (Joseph Kabila) », a expliqué Jimmy Ngalasi. Des valeurs que devraient incarner, selon Ngalasi, le Secrétaire Général permanent du PPRD de Joseph Kabila. Mais il a estimé que Ramazani Shadary n’en incarne pas assez. « Nous estimons que Ramazani Shadary, depuis la dernière échec aux élections à tous les niveaux, n’a pas su conduire le parti de Joseph Kabila à une victoire. Et c’est toute une équipe qu’il incarne. C’est pourquoi nous avons opté pour la voie d’une révolution, pour essayer de faire comprendre à ceux qui ne veulent pas comprendre qu’il est bien temps de passer à autre chose », a-t-il déclaré.

C’est un secret de polichinelle. Plus rien ne va au sein du PPRD, parti politique de l’ancien Président Joseph Kabila. Les violons sont, depuis peu, loin de s’accorder dans les rangs de cette formation politique qui a passé près de 18 ans au pouvoir. Le naufrage, disons les malaises, ont commencé dès l’annonce d’Emmanuel Ramazani Shadary comme dauphin de Joseph Kabila à la présidentielle de 2018. Cette annonce avait poussé Tryphon Kin-Key Mulumba, alors fervent défenseur de Kabila, à quitter le navire Front Commun pour le Congo (FCC) avec le PPRD en tête. Présidentielle tenue, le dauphin coule. La “machine” FCC perd la présidentielle et plonge dans la tourmente. Comme un malheur ne vient jamais seul, une série de défaites politiques s’enclenche.

À l’Assemblée Nationale, Jeannine Mabunda, membre de première heure du PPRD, est déboutée du perchoir de cette Chambre. Son éviction a été portée également par des Députés nationaux de sa propre famille politique. Même réalité à la Chambre haute du Parlement. Alexis Thambwe Mwamba, un dernier PPRD à tenir encore à la tête d’une des institutions hautement politiques du pays, est lui aussi renversé. Dernier rempart, Sylvestre Ilunga, alors Premier Ministre issu des rangs du PPRD lui aussi, a été destitué par les élus nationaux et a dépossé sa démission le 29 janvier 2021. Depuis, les frustrations s’accentuent. Les linges sales sont même lavés dehors, dans la rue. Une frange de la ligue des jeunes ne jure désormais que par l’éviction de celui qui gère le parti au quotidien, à savoir Emmanuel Ramazani Shadary. Les jeunes du Parti accusent les vieux de n’avoir pas mieux géré la structure politique et d’être à la base de son effondrement.

Hervé Pedro

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