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En RDC, le duo Kabila – Tshisekedi cherche à se tailler une CENI sur mesure

La coalition au pouvoir entre le président Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila tente de remanier la Commission électorale nationale indépendante, en prévision des échéances futures. Un membre éminent de l’ancienne équipe controversée, est pointé pour diriger le nouveau bureau. Ecartées, la Société civile et l’Eglise catholique dénoncent ces manœuvres.

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La coalition au pouvoir entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila tente-t-elle de se forger une nouvelle équipe dirigeante à la tête de la Commission électorale taillée sur mesure pour ses ambitions futures ? Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à la Commission électorale, le bureau sortant, controversé et dénoncé par l’opposition et la Communauté internationale, tente le tout pour le tout pour se maintenir.

« En ce moment précis, le bureau sortant de la Commission Électorale Nationale Indépendante est en train d’organiser des réunions avec certaines organisations de la société civile prétendument relevant de la thématique élection pour procéder à son remplacement« , révèle Christophe Ngoy, coordonnateur général de la société civile de la RDC.

Intervenant sur TOP CONGO FM, ce défenseur des droits de l’homme affirme que cela se passe « au moment où au niveau du Parlement, le bureau qui va programmer l’audition du rapport de la CENI est en train de passer à la vitesse supérieure. » Il estime que « ce travail devrait se faire comme d’habitude au niveau du ministère de l’Intérieur qui convoque toutes les structures en présence et qui supervise. Ce n’est qu’après qu’il enverrait les conclusions auprès du bureau de l’Assemblée nationale qui, à son tour, vas les traiter et faire le rapport au Chef de l’État afin de publier éventuellement l’ordonnance.« 

Ronsard Malonda pour succéder à Corneille Nangaa

Les États-Unis ont sanctionné cinq responsables de la CENI en février 2019 pour corruption, enrichissement personnel et sape du processus démocratique. Dans un communiqué diffusé, vendredi 22 février 2019, le secrétariat d’Etat a annoncé leur interdiction du territoire américain. Au premier rang de ces personnalités sanctionnées figure Corneille Nangaa, président de la Commission électorale congolaise, ainsi que son vice-président, Norbert Basengezi et l’un de ses conseillers.

Sanctionné également par Washington, Aubin Minaku, à l’époque président de l’Assemblée nationale de RDC et enfin Benoît Lwamba Bindu, le président de la Cour constitutionnelle. Tous, ainsi que leurs familles, sont désormais interdites d’entrer sur le territoire américain. « Ces individus, écrit le département d’Etat américain, vendredi, se sont enrichis personnellement par la corruption ou en supervisant des violences contre des personnes exerçant leur liberté d’expression et leur droit à se rassembler pacifiquement ».

Selon nos informations, sous la houlette de la coalition de Joseph Kabila, des propositions sont en cours pour désigner de nouveaux acteurs de la CENI, issus de la même équipe qui a organisé les dernières élections en RDC. L’avocat Ronsard Malonda Ngimbi, actuel Secrétaire Exécutif National de la CENI, est cité parmi les favoris du FCC pour succéder à Corneille Nangaa. À titre de rappel, l’actuel président de la CENI était « Secrétaire exécutif », avant de succéder à l’abbé Apollinaire Malumalu à la tête de la commission.

En RDC, c’est aux confessions religieuses de désigner le président la Commission électorale, comme Corneille Nangaa a été désigné en octobre 2015. Cependant, cette fois, l’église catholique semble être écartée de la démarche. Selon nos informations, des confessions religieuses telles que l’église Kimbanguiste et les églises de réveil sont approchées par la coalition de Joseph Kabila, pour entériner le choix de Ronsard Malonda comme président de la CENI. M. Malonda est un habitué de la maison. Il est une des pièces maîtresses des élections controversées de décembre 2018.

La société civile et les catholiques dénoncent

« Nous sommes profondément préoccupés par les négociations que tiennent les confessions religieuses pour remplacer Corneille Nangaa, sous pression de la coalition FCC-CACH, avant l’audition du rapport et la réforme attendue de la CENI. Il faut d’abord un consensus national », dit l’avocat Georges Kapiamba, activiste et défenseur des droits de l’homme, dans un tweet.

De son côté, Christopher Ngoy rassure que la Société civile s’organise pour faire barrière à ce projet de la coalition au pouvoir. « Nous sommes en train de nous organiser. Nous attendons d’être convoqués comme tout le monde, pour que nous puissions réfléchir ensemble ; parce que les élections concernent tous les peuples congolais. Ce n’est pas l’apanage d’un groupe d’individus qui peuvent toucher de l’argent de gauche à droite et faire allégeance à leurs amis et engager le peuple congolais, là nous disons non », dénonce-t-il.

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M. Ngoy insiste sur la convocation de toutes les confessions religieuses et surtout l’église catholique qui a fait ses preuves dans le passé. Il regrette qu’on articule des réunions pendant la nuit, dans des officines. « Nous ne pouvons pas l’accepter. Le peuple va se mettre debout pour faire échec à cette tentative », a-t-il martelé.

En réaction, Jean Pierre Kalamba, le rapporteur sortant de la CENI, affirme qu’accuser la Centrale électorale de préparer ses remplacements c’est « ignorer la loi organique qui parle de la procédure pour la désignation des membres de la CENI. Nulle part il est dit que les membres de bureau de la CENI peuvent manigancer pour leur éventuel remplacement». Il rappelle qu’il est clairement dit pour la loi actuelle que « 6 membres de la CENI proviennent de la majorité de l’Assemblée nationale; 4 membres proviennent de l’opposition, selon le poids au Parlement et 3 de la société civile, respectivement des confessions religieuses, des organisations des femmes et de la jeunesse ».

Il révèle que « d’ici-là, nous allons déposer le rapport de la période juin 2019- mai 2020. La CENI a déjà déposé le rapport tant réclamé depuis mai 2019, mais le moment de le défendre dépend de l’organisation du bureau de l’Assemblée nationale« .

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