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100 jours : un comité de gestion grassement rémunéré

Le comité de gestion du programme de 100 jours, au cœur d’une saga judiciaire en République démocratique du Congo, a été largement rémunéré par des fonds alloués à ce projet, témoignent des sources concordantes.

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5% des fonds alloués à chaque projet du programme de 100 jours. C’est le taux fixé par Vital Kamerhe comme fonds alloués au Comité de gestion du programme du président Félix Tshisekedi pour son « fonctionnement ». L’ancien directeur du Cabinet du Chef de l’Etat congolais a pris cette décision en juin 2019, dans un document portant mise en place d’un « Comité de suivi du Programme de 100 jours du Chef de l’Etat ».

« Le fonctionnement et les activités du Comité de suivi du Programme de 100 jours du Chef de l’Etat sont pris en charge par le Trésor Public à hauteur de 5% du montant décaissé pour chaque projet du programme financé par le Trésor Public », prévoit la disposition mise en place par Vital Karemerhe.

Initialement prévu à 488 millions de dollars, le budget du programme de 100 jours a été revu à  422 millions USD. Dans un rapport d’exécution publié par Vital Kamerhe le 27 février 2019, il est renseigné qu’un montant total de plus de 273 millions de dollars a été dépensé à cette date dans le cadre de programme. Suivant la règle mise en place par l’ancien directeur de cabinet aujourd’hui poursuivi, le comité de gestion du programme devrait donc s’adjugé 5% de ce montant, soit, pas moins de 13,6 millions.

Nicolas Kazadi, ambassadeur itinérant du président Tshisekedi, également Chef de la cellule de coordination du programme, atteste qu’au moins 2 millions de dollars ont été payés au comité à tire de « primes ».  « Les 5 % devaient couvrir les primes, les missions de terrain et le renforcement du BTC en équipements et capacités. Au total seul 2 millions $ ont été payés. Ils ont couvert 6 mois de primes et des missions de contrôle sur le terrain. Le BTC n’a pas été renforcé comme espéré », explique-t-il dans un tweet.

Plusieurs sources à la présidence confirment à POLITICO.CD que les 9 superviseurs, dont Vital Kamerhe, ont bénéficié de ces paiements. Des conseillers du président et même des ministres, membre de ce comité, ont reçu plusieurs dizaines de milliers de dollars à titre de « primes », attestent des sources concordantes.  

La décision de Kamerhe viole la loi?

Le comité est formé d’un total de 66 personnes avec une haute cellule de supervision, composée de Vital Kamerhe, au titre du directeur de cabinet du Chef de l’Etat; de son adjoint Désiré-Cashmir Kolongele; de Guylain Nyemba; de Gety Ntiaka Mpanu-Mpanu; d’Oliver Mondonge; de l’ancien ministre des finances Henri Yav; du ministre Thomas Luhaka; du ministre Pierre Kangudia et du gouverneur de la Banque centrale du Congo, Déogracias Mutombo.

Le comité comprend également une « cellule de coordination », dirigée par Nicolas Kazadi, et ayant comme membres Justin Kamerhe (frère de Vital Kamerhe), Peter Kazadi, Marcelin Bilomba, Alexis Kadima ou encore John Ntumba, l’actuel ministre de la Formation professionnelle. Plusieurs institutions y ont également des représentants, dont la Primature, et plusieurs ministères.

Toutefois, la décision de Vital Kamerhe autour de ces paiements pose problème. Selon plusieurs personnalités, cette mesure est « illégale », d’autant que plus, disent-ils, chaque personne membre de ce comité est employé par l’Etat et ses déjà payé. « C’est une violation intentionnelle de la loi portant Finances publiques qui fixe déjà les taux des primes et autres frais (mission, représentation…)« , explique une source.

Ce que les proches de Vital Kamerhe balayent. « Ce programme avait besoin d’une gestion spécifique. Il fallait à ses membres des moyens spécifiquement en termes de logistiques et gestion qui sortait du cadre normal de leurs fonctions », justifie un proche de l’ancien directeur de cabinet aujourd’hui remplacé à la Présidence.

Un comité visé par la justice

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A l’ouverture de son procès le 11 mai à la Prison centrale de Makala, Vital Kamerhe a dévoilé sa ligne de défense, affirmant n’avoir pas géré seul le programme de 100 jours du président Félix Tshisekedi.

Les 11 avril dernier, outre Vital Kamerhe, aujourd’hui poursuivi, plusieurs membres de la cellule de Coordination de travaux de 100 jours ont été toujours interrogés au Parquet Général près la Cour d’Appel de Kinshasa/Matete. Il s’agit notamment de Nicolas Kazadi, Coordonnateur de la cellule, qui avait déjà été interrogé le jour précédent ; mais également Marcellin Bilomba, Alex Kadima, et même Peter Kazadi.

Selon plusieurs informations, ils auraient été « confrontés » aux accusés du dossier 100 jours, dont Vital Kamerhe et tous ceux qui ont été emprisonnés ou relâchés, comme l’ex DG de la Rawbank Thierry Taeymans, le Directeur général de Safricas David Blattner, le DG de l’Office des routes Herman Mutima, etc.

Nicholas Kazadi, dans un communiqué publié samedi 15 février 2020, avait clamé son innocence en affirmant qu’il était sous l’autorité de directeur du cabinet du Chef de l’État. “S’agissant du programme dit des 100 jours, n’ayant pas été associé à sa conception, ce n’est qu’après son lancement que j’ai été chargé par Monsieur le directeur de cabinet, d’assurer la coordination de son suivi au sein d’une commission Ad-hoc “, avait-il écrit.

Sur ce, Nicolas Kazadi a affirmé qu’il n’est jamais entré en contact financier avec une quelconque entreprise chargée d’exécuter ce programme. “En ma qualité de coordonnateur, je n’ai bien sûr pas eu de contact financier quelconque, ni avec les entreprises privées ou publiques retenues pour les différents projets, ni avec les ministères des Finances ou du Budget. Cela ne relevait aucunement de mes prérogatives “, avait-il précisé.

Cependant, aucun membre de la « Cellule de supervision », outre Vital Kamerhe, n’a été auditionné par la justice congolaise. Dans un dossier parallèle en justice, John Ntumba, ancien Conseiller à la présidence et membre de la cellule de coordination du programme de 100 jours, devenu ministre de la Formation professionnelle, est ciblé par la justice congolaise. Le procureur général près la Cour de Cassation a écrit au Premier ministre, lui notifiant d’une prochaine audition du ministre

4 Commentaires

  1. un journaliste aussi FCC , c’est un procès politique , être sous la supervision de quelqu’un ça veut dire que même l’argent qu’on t’avait donné tu devrais refuser au non de votre superviseur
    Ce Kazadi ne m’inspire pas confiance , il parle bcq pour n’est dire

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