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Entre justice et politique, l’arrestation de Kamerhe divise en RDC

Le directeur du cabinet du Chef de l'État et allié de taille de Félix Tshisekedi est isolé dans sa cellule à la prison de Makala pour une affaire liée à la gestion de fonds des travaux de 100 jours. En attendant la poursuite de l'instruction du dossier, Vital Kamerhe est esseulé, les militants de son parti, qui l'ont accompagné mercredi 8 avril 2020 à la Cour d'appel de Matete, ont passé nuit chez eux.

Le mandat d’arrêt provisoire (MAP) contre l’ancien speeker de l’Assemblée nationale est le sujet principal de toute conversation à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), et dans les rues en provinces. Une actualité qui a supplanté le Coronavirus, cette pandémie qui a mis fin à l’arrogance humaine et à la suprématie des Nations.

Le directeur du cabinet du chef de l’Etat, après avoir subi un interrogatoire méticuleux de sept heures, a été placé en détention provisoire au Centre pénitentiaire de rééducation de Makala (CPRK), mercredi 8 avril 2020. Son convoi est arrivé à 19h30 à la maison carcérale de Makala.

Dans les quartiers de Kinshasa, l’arrestation du président national de l’Union pour la Nation congolaise (UNC) est diversement commentée. Pour les uns, il s’agit d’une première en RDC sur le plan de la justice qu’une très haute personnalité en fonction soit mise aux arrêts. Les tenants de cette assertion vantent l’État de droit sous le mandat du président Félix Tshisekedi.

À l’opposé, ce sont les cadres de l’UNC qui crient à une détention arbitraire, étant donné que la fuite de Vital n’était pas à craindre. Ils évoquent un acharnement politique par peur de l’élection présidentielle de 2023. Mais, pour Georges Kapiamba, président de l’ACAJ, il est prématuré de parler d’une arrestation arbitraire, parce que l’instruction du dossier est en cours.

La bipolarité

Le dossier Vital Kamerhe divise les Congolais. L’échantillon relevé jeudi matin dans quelques communes par Politico.cd révèle que la majorité de la population s’en réjouit et invite la justice à aller jusqu’au bout, en organisant un procès hors d’injonctions politiques. C’est ce qu’avait affirmé le chef de l’État lors d’un de ses voyages en Europe : « Je n’ai pas à fouiner, j’ai trop de choses à faire. Mais, s’il y a des instances judiciaires qui soulèvent ce genre de situation, je n’ai pas à interférer« , avait-il prévenu. Les mêmes, qui se félicitent, estiment que l’action de la justice doit être élargie pour traquer tous ceux qui ont détourné les deniers publics.

Pour Martin Kasongo, avocat au Barreau de Mbuji-Mayi, l’heure est à la revalorisation de la justice congolaise longtemps ternie par les dirigeants politiques de l’époque.
« l’État de droit est celui dans lequel les pouvoirs publics et les pouvoirs du public sont tous soumis au droit « , a-t-il renseigné. C’est l’avis de plusieurs observateurs qui rêvent d’un Congo où nul n’est au-dessus de la loi. « Je commence à croire que la justice de mon pays devient juste« , insiste Rigobert Mukendi, analyste politique indépendant.

Dans cette catégorie, les observateurs préconisent que les enquêtes judiciaires s’étendent jusqu’en 1997, date de l’arrivée de l’AFDL au pouvoir, au lendemain de la fuite et de la fin du règne de feu Mobutu Sese Seko.  » C’est pendant les dix-huit dernières années qu’on peut capturer de gros poissons ayant mis le Congo à genoux « , prédit Joanna Modia, juriste en formation à l’Université de Kinshasa.

Dans certaines rues de la capitale, il a été enregistré des liesses, des jeunes gens se sont offerts en spectacle sur l’avenue Kabambare, dans la commune de Barumbu, non loin du siège de l’UNC. Plusieurs ont fait l’éloge du procureur près la Cour d’appel de Matete qui n’a pas cédé aux pots de vin.

Les indignés

Une deuxième catégorie est composée des membres du parti politique cher au directeur du cabinet du chef de l’État qui a rang de ministre d’État. Pour eux, la détention de leur leader a été concoctée et mijotée par leurs alliés de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), sans toutefois présenter des pièces à conviction.

Pour eux, l’UDPS, alliée de l’UNC au sein du Camp pour le changement (CACH), a instrumentalisé la justice parce qu’elle a peur de la candidature de Kamerhe en 2023. Mais, pour le juriste Augustin Mongo, cette dernière affirmation risque d’influencer le procès. Il faut attendre la fin de l’instruction avant tout commentaire et prise de position. Il reviendra à la justice d’établir la culpabilité ou l’innocence du  » faiseur des rois ».

Un membre de Lamuka est allé outre mesure, le matin de ce jeudi 09 avril sur la Radio Top Congo FM. Pour Prince Ebengo, Kamerhe est directeur du Chef de l’État. Ceci implique que tout ce qu’il fait a reçu la bénédiction de son chef, et donc Félix doit être aussi entendu par la justice. À ces propos, Jules Ngontcho, avocat et membre du CACH, parle d’une « ignorance grasse » de Lamuka qui ignore les abécédaires de droit.
« Quand on ne connaît pas quelque chose, on se cache. Il s’agit d’une ingratitude des gens qui ont du mal à digérer leur défaite électorale, et incapables d’apprécier les bonnes initiatives« , conclut-il.

Cet événement légendaire va certainement édulcorer les relations au sein du CACH. Déjà la veille de l’audition du président de l’UNC, Félix Tshisekedi avait reçu les députés de l’UNC à la cité de l’UA. Aucun détail n’a filtré de leur entretien. Certains analystes pensent qu’il s’agissait de faire le point sur les rumeurs qui donnaient l’UDPS pour instigatrice pour freiner l’élan de son principal allié de Nairobi. Tard dans la nuit, après l’escorte de Vital au CPRK, une réunion de crise s’est tenue et a regroupé les hauts cadres de l’UNC qui dénoncent  » l’instrumentation  » de la justice par leurs alliés. Ce dossier aura des rebondissements inédits dans les heures qui suivent.

Plusieurs autres réactions sont enregistrées ça et là, les unes encourageant la justice à aller plus loin, les autres condamnant l’arrestation « ignominieuse » d’une haute personnalité politique. En attendant la poursuite de l’instruction du dossier, Vital Kamerhe reste en prison. Si sa culpabilité est établie, son dossier sera transféré à la Cour de cassation. Pour le moment, il médite seul dans sa chambre provisoire de Makala, loin de ses sympathisants et de ses luxueux bureaux du Palais de la Nation.

Saura-t-il rebondir ? Difficile pour l’instant de l’affirmer. Est-il que des sources judiciaires évoquent plusieurs dossiers sales déposés contre le président de l’UNC.

Cependant, certaines voix s’élèvent à l’UNC pour inviter Félix Tshisekedi à intervenir pour sauver son allié. Dans l’entourage du Chef de l’État, on affirme que leur leader a défendu publiquement Vital bec et ongles dans plusieurs dossiers. « Quand Tshisekedi défendait Kamerhe sur les 15 millions, là il n’y avait pas acharnement « , rappelle John Mukwasa, étudiant à l’Université Révérend Kim.

Édouard Bajika

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3 Commentaires

  1. Il est normal que tous les Kasaiens se rejouissent, ils ont reussi à abattre Vital Kamerhe avec leurs juges du parti se trouvant à Matete. ils veulent à tout prix rendre le palais de la nation monoethnique avec un pléthore de «Wewe» en gravate. Félix=Tshisekedi spécialiste en trahison, mais 2023 viendra. Dès aujourd’hui la guerre a commencé, qui vivra verra.

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