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dimanche, mai 31, 2020
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Le Congo survivra au Coronavirus, mais pas sûr que ses autorités y arrivent!

Au crépuscule d’une immense lutte qui commence contre le Coronavirus en République démocratique du Congo, les esprits s’écharpent et la tension monte. Au cœur ce cette vallée à tribulations, l’histoire renseigne que le Congo, ce Congo-là, a toujours triomphé. Mais cette fois, les victimes pourraient être à son sommet le plus élevé : un duo au pouvoir, qui y joue tout son avenir.

Le Congo s’apprête à vivre des jours sans bonheur. Alors qu’officiellement cent-neuf (109) personnes sont atteintes par le virus du Covid-19, les experts se mobilisent et annoncent une recrudescence des cas dans les jours à venir. Cependant, s’il faut s’inquiéter, au Congo, celui de Kimpa Vita, la peur n’a jamais élu domicile. « Dominez votre peur », haranguait le grand Tshisekedi (pas Félix), sans toutefois croiser les bras.  À l’arrivée du Covid-19, comme jadis analysé dans notre précédente sortie, malgré le spectacle désolant offert par un pouvoir non préparé et à l’école, la fatalité ne devrait pas gagner cette nation immense et majestueuse.

Tenez. La maladie, la crise, frappe le monde entier. La contagion n’est maîtrisée nulle part. Mais, cette maladie, certes pandémie, tombe sur un Congo qui aura tout vécu. C’est le pays qui a été colonisé par des Belges ! Décimé par un Roi Léopold II vandale. Une contrée qui a perdu des héros, a vu Patrice Emery Lumumba être dissous dans un tonneau d’acide. Le Congo, ô pays bien-aimé, a fait face aux sécessionnistes. Il a subi une dictature féroce de trente-deux ans ! S’en suivra une libération chaotique, l’assassinat d’un héros national, vingt ans de guerre génocidaire.

Le Congo a tout connu et vaincu!

Le Congo a survécu à Paul Kagame! Aux armées rwandaises et ougandaises! Dans sa partie est, le Congo panse encore des blessures des millions de morts, autour de ses richesses systématiquement pillées. Il ne faudra pas  oublier les rebelles, les « Niangalakata » et des pouvoirs qui se succèdent, mais qui polycopient et perfectionnent l’art de dépouiller un peuple démuni. Nous parlons de ce pays-là, hospitalier, joyeux, immense, où nul n’a plus rien à perdre, où la résilience est légendaire, illimitée et forte. C’est ce pays-là, soumis à la Balakanisation, mais qui n’a jamais perdu un seul kilomètre carré, qui doit faire face au Coronavirus. Un virus, certes, dangereux, mais qui n’arrive ni à la cheville de Léopold II, encore moins à  celle de Mobutu ou  même des sauts-de-mouton inachevés !

Alors laissez-moi vous dire, que, s’il y a une nation, une contrée sur cette planète, un peuple qui soit préparé pour affronter le Covid-19, il ne saurait qu’être Congolais ! Ici, à Kinshasa, dans les provinces, dans les villes et villages laissés à l’abandon par un pouvoir défaillant, les Congolais ont appris à vivre, survivre et à faire face à la fatalité. J’en ai croisé durant ma tournée en 2019. À Beni, à Butembo, à Bunia,  tout comme à Bukavu, dans les collines de Kanvumu, dans la chaleur de Kindu ou  encore sous la poussière de Kolwezi. À Kisangani, à Yanonge, à Yangambi, le peuple du Congo profond  est fort et peut lutter et survivre au virus. Il va rester à la maison, malgré la faim. Il trouvera de quoi se laver les mains et comment éviter de se transmettre le virus.

L’alliance au pouvoir, l’espèce la plus menacée par le Coronavirus en RDC

Cependant, une seule espèce congolaise reste vulnérable et pourrait être emportée par le virus : elle est au pouvoir, elle dirige le  Congo- Kinshasa! Nous parlons de deux fils d’opposants politiques. L’un est Kinois, l’autre est distant, qualifié de « venu », qui a pourtant le Congo dans la peau. Les deux, que tout oppose, ont su inventer une amitié de circonstance pour sauver le Congo d’un énième naufrage que lui fabriquaient ses ayant droits, loin pourtant de ses frontières immenses. Des marines américains postés à Libreville aux activistes en herbe postés à Kinshasa, sans même oublier ceux qui militaient réellement pour le changement et dont le sang pavait les rues du pays. Un  cocktail molotov était en préparation, pour qu’il y ait exposition. Joseph Kabila n’avait qu’à déclarer Emmanuel Shadary victorieux. N’en déplaise aux farouches. Le 9 février 2019, l’herbe a été coupée sous les pieds des va-en-guerre. Le Magicien d’Oz de Kinshasa prouve son attachement au Congo. Il sort, depuis Kingakati, une alliance insoupçonnée, mais digne du Congo. FCC – CACH. Le  duo Kabila – Tshisekedi évite alors au pays de Lubumba de couler.

Mais, voilà. Victoire acquise. Ennemis de Kabila terrassés. Les Tshisekedistes ayant finalement leur Graal. Nul alors, dans les deux camps, n’ose réfléchir au-delà de l’horizon. Comment, un pouvoir rejeté, dont le bilan est décrié depuis dix-huit ans – quoiqu’avec beaucoup d’un peu de mauvaise foi – peut librement songer à diriger, aux côtés d’une coalition politique formée d’ennemis farouches, mais également d’hommes qui n’ont jamais ni appris, ni rêvé de diriger le plus grand producteur de Cobalt au monde ? L’assemblage sent l’ammoniac. Une espèce est née. La plus fragile au pays face au Covid-19, un virus qui semble avoir commencé tôt au Congo-Kinshasa  au point de se choisir cette alliance au pouvoir et des dirigeants propices à son expansion.  Dès les premiers jours, des séances d’équitation dessinent l’avenir : celui des arrivistes tentant de refaire leur retard social, et ceux des arrivés qui tentent d’éviter la chute.Ce pouvoir-là n’était pas préparé à diriger et devrait apprendre sur le tas.

Voyez-vous. Si Joseph Kabila n’a plus le goût de la Présidence, réaliste, il doit néanmoins sa survie sur le sol national à la réussite d’une coalition en béquilles. Mais, alors que le Congo semble mieux outillée à survivre au Coronavirus, de par sa résilience, un pouvoir aussi défaillant, qui ne fait rien pour se ressaisir, ne saurait survivre à la crise. Détrompez-vous, le virus ne tuera pas physiquement les nantis de la RD  Congo. Ils se cacheront, ils auront la nourriture à eux-seuls et les meilleurs médecins. Mais, non plus, le virus ne tuera pas tous les Congolais. Ils sont à plus de 80 millions et naissent sous la contagion.  Le monde étant parti ainsi pour au moins un an, le temps que Chinois et Américains trouvent la solution à cette pandémie qui leur revient, le Congo se réveillera aux horizons 2021, avec ses survivants. S’en suivra alors la partie la plus intéressante de l’histoire de ce pays.

L’avenir du duo au pouvoir suspendu à sa gestion de la crise

Les Français ont coupé la tête de leur Roi. Les Américains ont chassé la Reine d’Angleterre, les Russes ont exterminé la lignée de leur Tsar. À Kinshasa, dans le Congo profond, un peuple se retrouvera nez à nez avec une classe dirigeante qui aura prouvé toutes ses limites. Il lui restera, à celle-ci, 24 mois pour organiser des élections qu’elle ne saura tricher. Amoureux de la paix, différents des Russes, Français et des Américains, les Congolais feront alors la plus démocratique et pacifique des révolutions au monde. Celle qui consistera à balayer toute une classe politique en posant un bulletin dans l’urne.

D’ici, assis, face au mur, nous voyons la scène :  explosion de joie. De nouveaux leaders naissent. Ils sont jeunes, vieux, femmes. Beaucoup de femmes. Tous, des visages inconnus. Ils n’ont jamais été aux côtés de Tshisekedi, ni de Lumumba, ils sortent du vide, du néant, de la colère des Congolais. La Nation se brise, pour se construire.  De l’autre côté, à l’Est de Kinshasa, une scène indescriptible a lieu à Kingakati. Du côté de la Cité de l’Union Africaine, un homme et ses proches s’apprêtent à faire leurs valises. Bref, c’est la révolution congolaise !

Chutons. Comme le livre de Jean l’Apôtre. Ces révélations sont conditionnées au comportement du présent. Il n’y a jamais eu d’anges ni de démons au Congo des pères de son indépendance.  Le départ de Joseph Kabila du pouvoir nous en a prouvé. L’idée étant, celle d’interpeller. De dire que si rien n’est fait, alors l’apocalypse s’abattra pour l’espèce la plus vulnérable au Covid-19 en RDC.

 Au Président, à son allié, sans intérêt, nous faisons part de la vision. Le changement s’impose. Car, le Grand Congo vous survivra !

Litsani Choukran,
Le Fondé.

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5 Commentaires

  1. Très belle analyse, surtout la partie faisant allusion à la façon dont le pays a été sauvé par la création d’une alliance insoupçonnée. Effectivement le Congo survivra à ce virus, mais cela n’en doit pas pousser les dirigeants actuels à ne rien faire.
    PS: j ai aimé le surnom de magicien d OZ, il en est un. Un grand stratège politique.

  2. Larmes aux yeux! mais comme le peuple de Dieu sous l`emprise de Pharaon, je garde foi qu’un jour tous ces mediocres couleront comme l’armee de d’Egypte dans la mer rouge.

  3. Politico.cd , ayez au moins l’honnêteté bien mettre en évidence les emblèmes du pprd. Vous êtes quand tres partisan dans vos analyses. C’est du journalisme partisan.

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