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RDC: Une décision contestable de Félix Tshisekedi au cœur des querelles à l’UDPS

L’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) traverse une vive crise. Une partie des cadres du parti a demandé la démission du président intérimaire Jean-Marc Kabund, qui a aussitôt rejeté l’idée. Une décision de Félix Tshisekedi, leader de ce mouvement historique en RDC, est au départ de cette vive querelle.

La semaine a été mouvementée du côté de Limete, au Saint-Siège du parti au pouvoir en République démocratique du Congo, l’UDPS. Des jeunes gens se sont affrontés avec les forces de l’ordre qui sont venues s’interposer, dans un conflit qui fait rage dans le parti de Félix Tshisekedi. Un peu plus tard, vendredi 13 mars 2020, le député national Paul Tshilumbu s’est présenté à la presse, aux côtés d’autres cadres, dans un collectif dénommé « Sauvons l’UDPS ».

Ce mouvement réunissant quelques membres du parti fondé par Etienne Tshisekedi de son vivant, leader charismatique de l’opposition congolaise, lance un ultimatum de 72 heures à Jean-Marc Kabund, vice-président de l’Assemblée nationale et actuel président du parti, pour démissionner. Sinon, disent-ils, il court le risque de se voir traduit devant les cours et tribunaux pour les irrégularités lui reprochées.

En filigrane, ces cadres dénoncent ce qu’ils qualifient de dérives tendant à la « personnalisation et confiscation du parti » par Jean-Marc Kabund au-delà du délai de son intérim. Ils déplorent également le crépitement de balles au siège du parti pendant que l’UDPS occupe la magistrature suprême du pays.

Une série d’irrégularités


« Le détournement des moyens tant matériels qu’humains de l’UDPS vers les structures non statutaires et les ambitions personnelles. Monsieur Jean-Marc s’est permis de dénaturer le logo sacré du Parti en faisant sa propre structure dénommée Décision Finale qu’il est en train d’implanter à travers tout le pays en lieu et place du Parti qu’il dirige », ont-ils stigmatisé dans leur déclaration.

Tout est parti d’une décision du même Jean-Marc Kabund. Dans un document, il a signé la décision portant investiture du bureau de la Commission Electorale Permanente (CEP). Une nouvelle équipe dirigeante a été mise en place avec à sa tête Gédéon Abuka en remplacement de Jaquemain Shabani. Cependant, Shabani, qui est en conflit ouvert avec Kabund, et même Kabuya, qui est l’actuel Secrétaire général du parti, ne l’entend pas de cette oreille. Jacquemin Shabani considère cette décision comme une « humiliation » à sa personne et affirme qu’elle frise la légèreté et viole le texte réglementaire de ce parti.
En somme, Jean-Marc Kabund, étant un « président par intérim », n’a pas le droit, selon les statuts du parti évoqués par Shabani, d’opérer ce changement.

Félix Tshisekedi à la base

En fait, le fond du problème vient tout droit d’une autre décision. Celle-là est prise par Félix Tshisekedi lui-même, leader du parti.
À son investiture à la tête du pays le 24 janvier 2019, le fils de Tshisekedi, alors président du parti, voit la loi l’obliger à céder ce poste. Il décide de le confier à Kabund.

« Je soussigné Félix TSHISEKEDI TSHILOMBO, Président de l’Union pour la Démocratie et le Progres Social, donne, par le présent, mandat à Monsieur Jean Marc Kabund-a-kabund, Secrétaire Général du Parti, aux fins d’assumer mon intérim à la tête du Parti en usant de toutes les prérogatives reconnues au Président du Parti jusqu’à la fin de mon indisponibilité », lit-on dans ce document du 22 Janvier 2019.

Or, cette décision viole elle-même les statuts du parti. Dans son article, le document fondateur de l’UDPS affirme qu’en « cas de décès, de démission, d’empêchement définitif, d’expiration de mandat ou d’interdiction d’exercer du Président du Parti, un directoire composé du Président en exercice de la Convention Démocratique du Parti, du Secrétaire Général du Parti et du Président de la Commission Electorale Permanente du Parti assume son intérim pour un délai ne dépassant pas 30 jours au cours duquel il est tenu de convoquer une session extraordinaire du Congrès en vue de l’élection du nouveau Président du Parti. »

Jacquemain Shabani, Président de la Commission Electorale Permanente du Parti, avait eu la mauvaise idée de dénoncer cette situation en son temps. Le président Félix Tshisekedi n’avait alors pas réagi. Par la suite, Jean-Marc Kabund, lui-même un intérimaire contesté, va nommer Augustin Kabuya au poste de Secrétaire général intérimaire du parti. Les deux formant ainsi une paire visiblement soutenue par le président Félix Tshisekedi.

Sortir de la crise

La décision de Kabund remplaçant Shabani est vivement dénoncée par les autres structures du parti, dont les jeunes, qui voient en elle une occasion pour le président intérimaire et son Secrétaire général d’organiser des élections internes pour légitimer le pouvoir de Kabund. D’autant plus qu’en écartant Shabani, l’actuel vice-président de l’Assemblée nationale aura la main mise sur ces élections.

En mai 2019, la Ligue des jeunes de l’ UDPS avait proposé un plan de médiation dans le but de mettre fin à la crise. Mais, ce dernier est resté sans suite. Dans un document envoyé à Félix Tshisekedi et toutes les parties prenantes, dont POLITICO.CD a obtenu une copie, Yves Bunkulu Zola, président de cette structure du parti, propose ainsi un plan de concertations visant à :

  • Taire les divergences étalées sur la place publique qui se font entendre entre cadres du parti et qui n’honorent personne,
    Réconcilier les différents courants du parti afin de faire face aux défis communs et énormes qui nous attendent;
  • Avoir le même entendement quant à la question épineuse de gestion des ambitions qui devra se régler de manière concertée ;
  • Réunir toutes les forces du parti afin de faire bloc autour du président de la République pour la réussite sans faille de son mandat ;
  • Trouver un compromis sur l’instauration d’une culture de dialogue à chaque fois qu’il y aura des divergences d’opinions (instauration d’un mécanisme de dialogue au sein du parti).
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5 Commentaires

  1. Qui est mieux placé entre Fatshi et le groupe de tshilumbu pour donner des directives allant dans le sens de mieux gérer le parti? Organiser un congrès dans un contexte où on ne gère pas les participants à ce congrès équivaut à se tirer une balle dans le pied. Et Fatshi le sait mieux que quiconque.

  2. Ça faut honte chers camarades , lorsqu’un parti au pouvoir est en train de se déchirer et céder aux conflits comme ça alors que les textes qui régissent le parti sont clairs , évitons les manipulations pour donner la valeur à cet héritage de notre vieux , connu sous le nom de sphinx de Limete et dont sa lutte est victorieuse par l’accession au pouvoir de notre leader , le Président Félix Antoine Tchilombo , Chef de l’etat .

  3. Felix n’aime pas L’Udps et à fait une usurpation grave des pouvoirs. Il a mis ludps dans son coffre et bloquer avec un cadenas de 5 ans. Quelle malice

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