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Samih Jammal, un repris de justice qui gagne un étrange marché public en RDC

En détention depuis le début de la semaine en République démocratique du Congo pour un « détournement » présumé de fonds dans un marche de construction de maisons dans le cadre du programme de 100 jours du président Félix Tshisekedi, Samih Jammal, d’origine libanaise, traîne derrière lui une longue histoire avec la justice.

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Depuis lundi, Samih Jammal, patron des entreprises Samibo Congo Sarl et Husmal Sarl est détenu par la Cour d’appel de Kinshasa/Matete dans le cadre des enquêtes sur l’exécution des travaux du programme de 100 jours d’urgence du chef de l’Etat.  L’homme d’affaires libanais n’aurait pas réussi à justifier un montant estimé à plusieurs millions de dollars américains perçu par ses sociétés pour la construction de maisons préfabriquées destinées aux populations civiles de cinq provinces du pays ainsi qu’aux militaires et policières. Bien plus, des sources judiciaires nous apprennent que Samih Jammal Fadl de son vrai nom, aurait refusé de donner certaines informations lors de son interrogatoire.

Un étrange marché accordé par Vital Kamerhe

L’homme d’affaires a obtenu deux contrats pour un montant de plus de 114 millions de dollars pour deux de ses sociétés, Samibo et Husmal, signé de gré à gré avec la présidence congolaise. L’objectif: construire 4 500 maisons en préfabriqué dans cinq provinces de République démocratique du Congo (RDC), pour la population civile, mais aussi pour les militaires et les policiers dont cinquante-sept millions six cent mille dollars américains « 57.600.000$US » pour la construction de 1500 logements sociaux dans le cadre du programme d’urgence de 100 jours du chef de l’Etat dans son volet Habitat.

Des marchés qui inquiètent les organisations de la société civile en RDC. D’abord non seulement que ces contrats sont trop importants pour être signés de gré à gré, ils sont même exorbitants (19 000 dollars la maison en préfabriqué), mais aussi qu’ils sont attribués à deux sociétés récentes créées par le même gérant.  La première, Samibo Congo, date d’août 2018, tandis que la seconde, Husmal Sarl (capital social de 9 mille Usd), a finalisé le processus de sa création le 25 avril 2019. A noter que les deux sociétés, appartenant à une même personne, ont des objets sociaux d’une troublante similitude.

55 jours après la création de Husmal Sarl, soit le 20 juin 2019, le Directeur de cabinet du chef de l’Etat, Vital Kamerhe, saisit le Directeur général de la Direction de contrôle des marchés publics aux fins de l’obtention d’un avis de non objection en vue de l’exécution, en procédure de gré à gré avec la société Husmal Sarl, d’un projet de construction de maisons préfabriquées pour les policiers et les militaires, projet rentrant dans le cadre du programme d’urgence des 100 jours du Chef de l’Etat, attestent plusieurs sources.  En accompagnement de la lettre, explique le média congolais, une facture de la société Husmal Sarl indiquant, sans trop de détails, 1.000 maisons préfabriquées pour policiers au prix de Usd 19.000 la pièce (Total : 19.000.000 Usd) et 2.000 autres pour les militaires valant également Usd 19.000 la pièce (Total : Usd 38 millions). Coût global du marché : Usd 57millions.

Le hic, dans ce marché spécifique, est que si cette procédure de gré à gré peut trouver prétexte sur les dispositions de l’article 27 du manuel de procédure accompagnant la loi relative aux marchés publics comme un marché spécial concernant la défense nationale, la jeunesse de l’entreprise bénéficiaire faisait tomber la procédure sous le coup de l’article 23 de la loi portant marchés publics en RDC, en ce qu’elle ne dispose pas de qualification évoquée dans cet article pour accéder à un marché public, surtout de cette importance. Une jeune entreprise sans aucune expérience devait donc traiter un marché lié à la défense nationale.

La société est spécialisée dans le commerce général et n’a aucune activité dans le secteur de l’habitat et encore moins dans le secteur des maisons préfabriquées. Des sources à la présidence congolaise arguent que le marché est attribué à  Husmal Sarl du fait « qu’il était le représentant exclusif en RDC des maisons préfabriquées. » Une explication balayée, non seulement par la jeunesse même de cette entreprise qui n’avait encore exécuté aucun projet auparavant puisque n’ayant pas encore existé, mais aussi par l’existence à foison d’autres sociétés opérant en RDC depuis des décennies pour la construction des maisons préfabriquées, relatent notamment nos confrères de Congo Virtuel.

Samih Jammal, un repris de justice

Samih Jammal est connu dans le milieu pour avoir participé à plusieurs projets similaires à l’époque du régime Joseph Kabila. Mais cet homme traine plusieurs casseroles derrière lui. Il est cité par le Centre américain de recherche « the Investigative project on terrorism » pour financement du terrorisme. Il est épinglé pour des opérations frauduleuses de plusieurs millions de dollars comportant des préparations pour bébés volées et du blanchiment d’argent aux États-Unis et au Liban. En 2005, il a été condamné pour plusieurs crimes par la United States District court of Arizona. Il était poursuivi notamment pour violation de titre et plusieurs crimes économiques par le juge de district Frederick J. Martone.

Après l’inspection des travaux de construction des maisons préfabriquées au camp Tshatshi par le Directeur de Cabinet du Chef de l’État Vital Kamerhe et du Vice Premier ministre en charge de la justice, Célestin Tunda ya Kasende, le Vice premier ministre en charge du budget, JB Mayo, SG de l’UNC et proche de Vital Kamerhe, a déclaré ceci: « En rapport avec le dossier social, nous avons reçu monsieur Samir Jamal qui avait des marchés de l’État pour la construction des logements sociaux en faveur des militaires, des policiers et de la population civile. Nous avons fait le point. Il nous a remis toute la documentation et nous allons analyser en profondeur avec le ministère de l’Urbanisme et Habitat représenté par son directeur de cabinet. Ensuite le rapport sera fait au Conseil des ministres. »

Est-il que si la justice doit faire son travail pour résoudre cette affaire du programme de 100 jours du chef de l’Etat, il faudra également ouvrir une procédure disciplinaire vis à vis de tous ceux qui, investis de pouvoirs publics à quelque niveau que ce soit, auront pris des libertés avec les lois et les deniers publics.

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