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La pluie, un fléau à Kinshasa

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Madame la pluie est au rendez-vous depuis la nuit du mardi à mercredi 19 février sur toute la ville de Kinshasa. Il a plu tellement que beaucoup des gens ne sont pas sortis pour leurs bureaux, travail, gagne-pain, etc. La raison est connue, les avenues sont inondées des eaux.

Si ailleurs après la pluie vient le beau temps, ce n’est pourtant pas le cas à Kinshasa la belle. La commune qui porte le même nom n’est pas si différente d’un vaste marécage. Au rond point des huileries, c’est le catastrophe indescriptible. Les eaux sont en furie et en débandade. Elles ont submergé le macadam, toutes les avenues ressemblent à des lacs, des eaux stagnantes.

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Les quelques caniveaux sont en deçà des eaux, à tel enseigne qu’il est dangereux de rouler de peur d’y tomber sans le savoir. Du rond point des Huileries jusqu’à l’avenue Bokasa, c’est un vaste fleuve. Des parcelles entières sont transformées en véritables digues. Les avenues Kabambare et Kasa-Vubu sont presqu’impraticables. Des voitures sont englouties, des motards tombent dans les caniveaux, parce que sans repère.

Les eaux sont montées à plusieurs mètres de hauteur. Le danger que courent les chauffeurs de tomber dans les terrassiers est énorme, parce que les eaux ont pris de l’ascendance. Toutes les avenues ne peuvent supporter les vagues des eaux qui viennent dans tous les sens. Les piétons qui prennent le risque de longer une avenue s’engagent à leurs risques et périls.

Même spectacle partout

La commune voisine de Lingwala n’est pas épargnée. Les rues sont inondées des eaux. La situation est identique dans presque d’autres communes. C’est ici l’occasion d’interpeler le Ministère de l’urbanisme et habitat. Kinshasa n’est pas urbanisée. Les quelques caniveaux perçus ça et là ne répondent pas aux normes. Comme conséquence, quand il pleut, les eaux s’affolent sans être canalisées.

Sur certaines avenues il faut attendre deux à trois heures pour voir les eaux de pluie diminuer un peu. Un handicap terrible pour une population vivant de la débrouillardise au quotidien. L’Hôtel de Ville essaie tant soit peu de curer quelques caniveaux, mais pas assez. La rivière Kalamu a fait ses dégâts.

Les causes

Les déchets plastiques sont des entraves à la bonne circulation des eaux, obligées de déferler. Il y a eu semblant d’interdiction d’utilisation d’emballages et bouteilles en plastique, mais c’était pour une courte durée. Les entreprises qui en fabriquent fonctionnent à temps plein, sans être inquiétées.

A certains endroits, les tas des immondices sorties des caniveaux ont déjà fait des mois, les bétons qui couvraient les caniveaux sont éparpillés, attendant d’être remis à leurs places.

Il y a également la population qui jette les immondices dans les avenues. Ceci empêche le passage des eaux quand il pleut. Les Chefs des quartiers et des rues ont renoncé à leur devoir de sensibilisation et de rééducation de la masse sur la protection de l’environnement.

L’Etat est donc appelé à mobiliser tous les services concernés pour garder l’environnement sain, en curant régulièrement les caniveaux et en construire d’autres. Faire payer des amandes aux jeteurs des immondices sur la place publique, découragerait les récalcitrants. Vider aussi à temps les dépotoirs des déchets. C’est de cette manière que Kinshasa peut être appelée de nouveau  » Kin la belle ».

Édouard Bajika

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1 COMMENTAIRE

  1. Tout ceci est une conséquence directe de la mauvaise urbanisation de la ville de Kinshasa.Pourquoi cette situation n’arrive jamais dans la commune de Gombe? Parce qu’ancienne ville blanche, elle a été aménagée comme une ville européenne remplissant toutes ses fonctions urbaines. Mais quand il s’est agi de mettre en place la cité africaine, l’habitat a été laissé à la charge des citoyens à qui on donnait juste de la terre (les parcelles), le reste dépendant des moyens de chacun, et cette mise en place de l’habitat auto-promu se poursuit jusqu’aujourd’hui. C’est ainsi que l’on a dans toutes ces communes, un habitat de mauvaise qualité  » SANS ASSAINISSEMENT  » . Assainir une ville revient à évacuer correctement ses eaux usées (eaux issues des w.c., des cuisines, est des douches) et ses eaux pluviales. Ce qu’il faut, c’est construire des grands caniveaux (des égouts) d’au-moins un mètre de large et un mètre de haut, couverts, le long de tous les grands axes de circulation, sur lesquels toutes les parcelles des riverains doivent être branchées pou l’évacuation de leurs eaux usées, et donner une pente transversale d’au-moins 2 % aux chaussées pour l’évacuation des eaux pluviales par ces mêmes caniveaux. En même temps, remplacer des maisonnettes basses de très mauvaise qualité par des immeubles collectifs faciles à assainir. Il faut arrêter de jouer avec des mots en appelant assainissement le balayage des rues par le biais des O.N.G. fantoches en s’endettant inutilement auprès des bailleurs de fonds étrangers. Le salongo des samedi ne constitue pas non plus l’assainissement, mais un coup d’arrêt à l’économie en obligeant les commerçants et autres artisans d’arrêter leurs activités pendant plusieurs heures, leur causant ainsi une baisse de leurs chiffres d’affaires. Voilà ce qu’il faut faire en priorité pour avoir des villes dignes de ce nom.

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