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vendredi, février 21, 2020
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Comment Kamerhe a perdu ses cornes face à Tshisekedi

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C’est l’histoire d’une corrida qui se termine mal. A 18h 15, les arènes ont résonné d’un seul cri d’effroi. A quelques mètres de la sortie du toril, dans le chiquero, le taureau s’est brusquement retourné et d’un coup de tête brutal a tenté de s’offrir 15 millions. Mais c’était un piège. Ses cornes se retrouvent enfoncées et coincées dans ce morceau de mur en bois. Il ne peut plus bouger. Fortement choqué, son ami, à peine président, tente d’abord de le secourir, avant de finir par y voir une opportunité politique. La légende raconte qu’il laissera le toreau, coincé, en sanglots, le temps d’en bénéficier. Voyez-vous l’image…

La version claire. « Il n’y a jamais deux coqs dans une même cour », disait si bien un proverbe africain. Au Congo, le 25 janvier 2019, deux hommes ont pourtant cru diriger ensemble un pays cinq fois plus grand que la France. Félix Tshisekedi président, a choisi de garder son allié incontournable Vital Kamerhe comme Chef de cabinet, dans l’idée de continuer sur une lancée fulgurante qui les a amenés au pouvoir, dans une épopée digne d’un blockbuster hollywoodien.

Tout commence un matin du 10 novembre 2018 à Génève. La capitale helvétique accueille une étrange messe : des opposants congolais ont décidé, pour une fois, de coaliser leurs forces pour battre le candidat de Kabila à la présidentielle qui s’approche à grand pas. Mais dans les couloirs de ce qui s’avère finalement être l’une des plus grandes farces politiques de l’époque au Congo, deux hommes s’affrontent, au point de tout perdre. Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi s’opposent. Nul ne voulant laisser sa place à l’autre. Moïse Katumbi, d’un semblant de félin, en profite. Derrière un mouvement matois, il laisse passer Jean-Pierre Bemba et Muzito, qui sortent de leur chapeau un frêle Martin Fayulu. Le Congo est hébété. Limete n’en revient pas. Le sanctuaire du Tshisekedisme voit un autre candidat que son Tshisekedi à la Présidentielle. La colère, bien orchestrée certes, éclate. De l’autre côté, sur l’Avenue de l’Enseignement, deux pneus brûlés et dix-huit personnes font semblant de vouloir bouffer Kamerhe. Comme chez les Tshisekedi, ils appellent tous au retrait de cette farce de Genève.

Rapidement, les deux leaders s’exécutent. Aussi téléphonés qu’incroyables, ils se filment, en train de revenir sur l’envoutement de Genève. Mais là où personne ne s’y attendait, les deux s’allient. A Nairobi, autour de Kenyatta, Vital Kamerhe et Félix Tshiskeedi créent le Cap pour changement. Mais qui va-t-il s’aligner derrière l’autre. La question est vite balayée. Dans une formule originale, mais peu réaliste, VK laisse la Présidence imaginaire à FATSHI, attendant le prochain tour hypothétique. Un Pape débarque à La Mecque, Limete applaudi son ennemi juré. Kinshasa s’arrête, la FATSHIVIT voit le jour et écrase tout sur son passage.

La campagne électorale est une véritable aventure. Vital Kamerhe, vieux routier de la politique, fait parler son expérience, là où Félix Tshisekedi commence à peine. Vite, et alors que personne ne parie sur eux, les deux commencent pourtant à surprendre. Jusqu’au soir faditique où, devant des écrans, trois décennies de lutte politique sont recompensées par Kabila. Des entrailles même d’Etienne Tshisekedi, surgit la première alternance pacifique du pays. L’histoire s’écrit désormais au Congo.

Pour autant, le duo, qui n’avait pas trop cru en ce moment fatidique où il faut diriger le pays, n’ayant eu que deux mois pour tout mettre en place, doit s’accomoder. Les premières images à la prise du pouvoir témoignent. Vital Kamerhe est au premier rang. Etrange en effet, lui qui n’est qu’un Directeur de cabinet. Mais Tshisekedi lui doit tout ou presque. Il est l’autre président. Les détracteurs ricanent, le qualifiant de vice-président. Et à la Sainte Limete, où nul ne partage le fauteuil du roi, la réalité commence à derranger.  Vite, Kamerhe doit faire face à une montée d’hostilité de ceux qui estiment en effet qu’il ne doit y avoir qu’un seul coq dans la cour. Mais FATSHI, pas très politique, un peu trop sincère, ne sait pas être ingrat.

Comme le Roi Salomon, le Président est appelé à découper le bébé en deux. Il faut sortir l’éléphant Kamerhe de la maison sans casses. Il tentera en vain de l’envoyer au gouvernement. Les jours passent, Kamerhe se voit ciblé. Il crie au complot. D’abord des petites critiques, ensuite, des vraies accusations. Il est projeté au coeur d’un scandale. Car entre-temps, la Kabilie, son ancienne famille, décide de manoeuvrer. Quinze millions disparaissent et Kamerhe est étrangement cité. Rapidement, Félix Tshisekedi est appelé prendre position. La plèbe veut du sang. Ni Barabbas, seulement Kamerhe.

Kamerhe a un genou à terre. L’opinion publique, qu’il n’a jamais su conquérir, lui est encore plus défavorable. Soudain, dans une interview aux allures affichées d’apaisement, le Président achève en réalité Kamerhe, le plaçant au cœur d’une affaire de retrocomission, tout en lui reconnaissant de la maladresse, des égarements qui méritent toutefois la confiance. Mais pour combien de temps. Car lui-même Kamerhe n’est pas si exemplaire. Il s’adjuge en effet le droit de s’opposer à des enquêtes de l’IGF au nom du président. De l’autre côté, il est simplement cité par un Conseiller comme ayant pris les quinze millions.

Les jeux sont faits. Quoi qu’il arrive, l’éléphant vient d’être amoindri. Il ne reste plus qu’à le sortir du Palais de la nation. Car à l’issue de cet épisode, où la justice est appelée à la rescousse, gardant son glaive de Damoclès sur la tête de Kamerhe, le « Pacificateur » ne sait plus bouger. Il est désormais cantonné au rôle  réel d’un simple Direcab qui voit son ami Président de plus en plus présidentiel et puissant. Félix Tshisekedi, présenté comme un novice de la scène politique, vient de profiter des circonstances, pour  réduire son partenaire politique au rang de ceux qui pourraient finir à Makala. Machiavel sort de ce corps, Kabila aussi! Dès lors, Kamerhe est bâillonné, il ne pourrait plus trop beugler, du moins pour l’instant. Car d’autres batailles arrivent. Leader incontesté,  Kamerhe est connu pour être un Highlander que même Kabila n’a su éteindre. Sans s’avancer trop dans le futur, il sera judiciable d’admirer cette neutralisation made in Limete. Au suivant.

Litsani Choukran, Le Fondé.

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7 Commentaires

  1. Kamerhe a certes tentè de recuperer cet argent mais il nest pour rien , ceux qui ont retires cet argent et les mandataires de ce compte sont connus alors pourqoui taxer VK, cette pratique de retrocommission est une forme de corruption tres repandue en RDC, la kabilie pratique ce Systeme depuis des,decennies

  2. Bonjour, je suis très content que vous fassiez cette en analyse de la manière plus objective. je vous encourage d’aller tjr dans ce sens pour tout les dossiers qui concerne notre pays surtout pour la gestion du pays.
    Bravo et Courage à vous.

    Jules Malewa Makengo
    Président de la Diaspora Congolaise au Maroc.

    Tel: 00212662802233

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