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Kinshasa: jusqu’où ira Mpoyi?

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C’était juste un pasteur normal, comme on en compte des centaines à Kinshasa, mégapole de 12 millions d’habitants au coeur d’Afrique. Ce bon parleur est pourtant arrivé à se faire élire à la tête de l’Assemblée de la province de Kinshasa. Godefroid Mpoyi, pourtant membre de la coalition de Joseph Kabila, n’a pas attendu longtemps pour imprimer sa marque.

Premier acte: il fait arrêter Roger Nsingi pour détournement des véhicules de l’organe délibérant. Nsingi n’est autre que le protegé de l’ancien gouverneur André Kimbuta, tous deux pourtant membres de la même coalition du FCC que Mpoyi.

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Deuxième acte: l’interpellation spectaculaire du ministre provincial des Finances, Guy Matondo et sa mise en accusation au parquet général près la Cour de cassation. Craignant même la fuite du ministre, l’organe législatif de la ville a sollicité son arrestation immédiate.

Mpoyi ne s’arrête pas là. Comme troisième acte, l’assemblée provinciale met sur pied une mission d’audit de la ville. Objectif: traquer tous les « détourneurs » des deniers publics. Godé Mpoyi promet d’avance de déférer devant la justice toute personne qui aura trempé dans la magouille.

Seulement voilà, sa détermination d’en découdre avec les anciens gestionnaires, largement soupçonnés dans la ville, risque de rencontrer de la résistance au sein de sa famille politique. D’autant plus que dans sa lutte, il entre en conflit avec un dignitaire du PPRD, une première force politique de la coalition FCC. André Kimbuta a pendant 12 longues années dirigé la ville dans la loyauté à son parti. Et donc, interpeller Guy Matondo, c’est directement viser Kimbuta.

De plus, comment ne pas en arriver à l’ancien gouverneur, alors que son argentier serait pris jusqu’au cou? C’est à ce niveau que la bonne volonté de Mpoyi risque de faire plouf, car le FCC peut à tout moment s’inviter dans le dossier et dicter une ligne de conduite contraire à celle déjà tracée par ce pasteur d’un autre genre.

Pour l’instant, ces actions ont agréablement surpris l’opinion congolaise, alors que le nouveau président Félix Tshisekedi, issu de l’opposition, a promis de « déboulonner » l’ancien système de Joseph Kabila jugé « dictatorial ».

Augustin Kinienzi/Politico.cd

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