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Jusqu’au bout, Nangaa aura mené même Kabila en bateau

C’est un Corneille Nangaa sérieux et d’un ton grave qui s’est affiché devant des journalistes qui attendaient depuis plusieurs heures au siège de la Commission électorale sur le Boulevard du 30 juin à Kinshasa. Quelques heures avant, il venait de se confier aux candidats Président de la République: « La CENI ne sera pas capable de convoquer les élections le 23 décembre comme prévu« . Un candidat à la Présidentielle avait déjà fuité l’information à POLITICO.CD. Lui Nangaa, tentera de brouiller les pistes. A Jeune Afrique, il dément cette situation quelques minutes après.

En regagnant la CENI à l’issue de ses rencontres au Palais du peuple — où outre les candidats, Nangaa a consulté le Premier ministre Bruno Tshibala et le président du Conseil national de suivi de l’accord de la Saint-Sylvestre, Joseph Olenghankoy —  le président de la CENI aura plusieurs heures de délibération avec l’assemblée constituante de la CENI.

 

« Nous aurons les élections le 23 décembre », dit-il à Kabila

 

« Devant cette impasse, nous avons eu deux alternatives. Organiser les élections dans le reste du territoire national et reporter d’une semaine les scrutins à Kinshasa ou reporter les élections générales au 30 décembre« , expliquera Corneille Nangaa à la presse.   « Nous annonçons donc que les élections présidentielles couplées aux législatives nationales et provinciales auront lieu le 30 décembre 2018 » a t-il déclaré.

Il fait référence à un problème matériel et technique. Il y a d’abord les bulletins qui manquent pour la capitale, brûlés dans un incendie la semaine dernière. Mais il y a également les PV et fiches de résultats qui n’arriveront pas à temps. Dans les coulisses, on note un nombre manquant des machines à Kinshasa, alors que plusieurs autres ne sont toujours pas arrivées à destination à  l’intérieur du pays.

La décision était donc dure à prendre. D’autant plus que de plusieurs sources, Nangaa aura tenu tout le monde en haleine. Joseph Kabila de son côté, n’a eu échos d’un probable report que le lundi. « C’est vers le lundi que des sources diplomatiques et les services ont fait savoir au président qu’il se peut qu’il ait un report« , révèle une source à POLITICO.CD, ce qui reste difficile à croire.

Kabila pris à contre-pied

« Mardi, un Conseiller du président a invité Nangaa pour un entretien d’éclaircissement, mais ce dernier lui a rassuré qu’il n’y aura aucun report. Au sujet des PV et des bulletins, il affirmera qu’il a conclu un accord avec des transporteurs sud-africains qui vont mettre en place un pont aérien pour tout déployer« , ajoute notre source.

Mercredi matin, ajoute notre source, Nangaa est obligé de se dédire. « Le Président a même refusé de le recevoir« , dit-elle à POLITICO.CD. Du côté de la CENI, on refuse de commenter ces propos. Mais la situation reste tendue même entre le pouvoir et la CENI désormais.

Le péche de Nangaa est d’autant grand que depuis plusieurs mois, le président de la CENI n’a vraiment montré aucun recule face à son organisation. Il a systématiquement affirmé, par tous les moyens, qu’il y aura bel et bien les élections le 23 décembre. Pas plus tard que le 7 décembre dernier à Kinshasa, Nangaa a convoqué toute la presse internationale pour lui faire part des progrès dans le processus, affirmant bec et ongle qu’il y aura bel et bien élections le 23 décembre.

 

Il faut au moins deux mois de plus à Nangaa

Quand l’entrepôt de la CENI prend feu à Kinshasa, une source proche de la CENI affirme que l’institution a été approchée pour évaluer sérieusement son processus et, au besoin, « profiter de l’événement » pour réclamer un report nécessaire. « En réalité, la CENI a besoin d’au moins deux mois pour organiser des élections dans des bonnes conditions. Nous aurions pu profiter de cette situation pour obtenir un report plus logique et plus réaliste », confie ce technicien électoral à POLITICO.CD.

Du côté de l’opposition, la coalition LAMUKA a été sans équivoque. Elle réclame le départ de Joseph Kabila combiné à celui du président de la Commission électorale. L’autre coalition, CACH, s’exprime ce vendredi à ce sujet. Quoi qu’il arrive, le président de la CENI aura finalement perdu tout crédit. Et l’issue du processus reste plus que jamais redoutée.

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