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L’ONU « atteste » l’implication des autorités congolaises dans le meurtre des experts onusiens

L’enquête de RFI, Le Monde, Foreign Police, Süddeutsche Zeitung et la télévision suédoise a apporté des nouveaux éléments dans le dossier concernant le meurtre de deux experts onusiens, Zada Catalan et Michael Sharp, alors qu’ils enquêtaient sur le conflit Kamuina Nsapu dans la province du Kasaï central en 2017. Il s’agit d’une correspondance du secrétariat général de l’ONU, datée du 13 décembre, adressée au Conseil de sécurité de l’ONU.

Selon les extraits de ce rapport révélé par les enquêteurs, le secrétariat de l’ONU reconnaît que le Colonel Jean de Dieu Mambweni arrêté récemment a servi de « contact entre les experts de l’ONU et le détracteur, monsieur Betu Tshintela qui serait un agent de l’Agence nationale des Renseignements (ANR) ».

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En outre, la note confidentielle du secrétariat général de l’ONU adressée au Conseil de sécurité révèle qu’après avoir mis les experts onusiens en relation avec « l’homme à double casquettes » Betu Tshintela : « traducteur et agent des renseignements », le Colonel Jean de Dieu Mambweni a eu des contacts  » à des moments signifiants » avec « M. Mukanda, un chef local de milice (NDL : Kamuina Nsapu), mais aussi un collaborateur des FARDC, actif tout au long des événements qui ont conduit des événements qui ont conduit à la mort de Mme Catalan et M. Sharp ».

Le 26 novembre dernier 2018, mais le Colonel Jean de Dieu Mambweni a été arrêté en plein procès à Kananga puis libéré quelques minutes après, alors que l’un des principaux accusés, un présumé chef de milice, Vincent Manga, avait assuré au cours de cette audience que ce colonel leur avait fourni des armes. Il sera finalement interpellé le interpellé en décembre et attend la poursuite de ses auditions à l’auditorat militaire en janvier 2019.

Cette enquête intitulée « Congo Files », menée par ces médias depuis un an, recoupe des milliers de documents confidentiels de l’administration de l’ONU dans ses différentes branches. Dans sa version publiée en 3 volets, elle a conclu que le secrétariat général de l’ONU avait délibérément écarté d’un rapport confidentiel adressé au Conseil de sécurité tous les éléments qui faisaient état d’une possible implication d’agents de l’Etat congolais dans ce double meurtre. Thèse que vient confirmer la correspondance du secrétariat de l’ONU adressée au Conseil de sécurité le 13 décembre dernier, soit après que l’enquête soit publiée.

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