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Denis Mukwege: « comment construire la paix sur des fosses communes »

« Comment construire la paix sur des fosses communes, comment construire la paix sans justice et réconciliation? » s’est interrogé le gynécologue Congolais devant une salle de la mairie d’Oslo, pleine d’invités venus de la planète entière pour cette cérémonie, coïncidant avec la 70 ème célébration de la déclaration universelle des droits de l’homme.

Le directeur de l’hôpital de Panzi (spécialisé dans le traitement de femmes victimes de violences sexuelles à l’est de la RDC) est revenu sur le rapport mapping recensant les abus contre les droits humains en RDC, mais dont les recommandations n’ont jamais été appliquées par la justice internationale. « Ayons le courage de révéler les noms de ceux qui ont commis des crimes » interpelle Denis Mukwege.

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« Je viens d’un des pays le plus riche de la planète mais mon peuple est parmi le plus pauvre du monde! Fermer les yeux devant le drame c’est être complice ! Au nom du peuple congolais, j’accepte le prix Nobel de la paix » a dit le docteur Denis Mukwege dont le nom avait été présenté par les mouvements et un consortium d’intellectuels Congolais en tant que personnalité pouvant conduire une transition en cas de non organisation des élections en RDC.

 

Fermer les yeux face aux atrocités, c’est de la complicité

« Il n’y a pas de paix durable sans justice ! Ayons le courage de reconnaître nos erreurs du passé,(..) de prendre notre destin en main !Construisons la paix ! Même si une situation est difficile et désespérée il y a toujours une solution » estime le directeur de la Fondation Panzi, qui prend en charge le volet réinsertion psychologique, social et économique des survivantes de violences sexuelles à l’est de la RDC.

« J’appelle les États à soutenir la création d’un fond mondial pour les victimes. J’appelle la communauté internationale à prendre en considération les recommandations du mapping report. Que le droit soit dit » a-t-il poursuivi.

Ayant récemment insisté sur le renouvellement des sanctions contre les personnalités proches du régime de Joseph Kabila par l’Union Européenne, le lauréat du prix Sakharov 2014 a de nouveau appelé les États Européens à ne pas devenir un refuge pour les auteurs de violations de droits humains.

« Vos États doivent cesser d’accueillir les dirigeants qui sont arrivés au pouvoir en utilisant le viol comme arme de guerre. Il faut tracer une ligne rouge plutôt que de leur dérouler le tapis rouge (…) faut imposer des sanctions économiques » plaide-t-il.

Fiston Mahamba (@FMLarousse)

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