Timides manifestations à travers le pays, paralysé par la ville morte

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L’est du pays a été le seul coin un peu animé ce mercredi avant-midi avec plusieurs poches de manifestations réprimées par les forces de l’ordre. A Butembo, épicentre de la protestation ce 15 novembre, plusieurs groupes de jeunes ont été arrêtés, alors qu’ils avaient barricadé des routes, brûlant des pneus.

La prison centrale de la ville a été attaquée par un présume groupe Maï-Maï, faisant au moins trois morts et deux blessés, sans que l’événement ne soit attaché aux protestations de l’opposition. « Les assaillants ont tenté de profiter de la situation liée aux manifestations pour libérer des prisonniers, mais la police a réagi rapidement« , renseigne une source locale à POLTICO.CD.

A Goma, toujours dans le Nord-Kivu, les forces de police annoncent huit arrestations administratives. Des coups de feu ont été entendus dans certains quartiers de la ville, où un commissariat de la police a été attaqué.

La LUCHA, un des principaux mouvements à la base de l’appel à manifester, affirme avoir mené des « manifestations pacifiques de quartiers » dans la ville où plusieurs de ses partisans ont été arrêtés. Des partisans du mouvement citoyen congolais ont occupé les rues de Goma, en arborant des pancartes demandant le départ du président Joseph Kabila.

Le mouvement citoyen, qui confirme le maintien de ses manifestations, fait savoir que les autorités ont tenté de semer la confusion au sein de la population. « Ces manifestations sont maintenues et sont en cours en ce moment. Les autorités ont fait circuler de faux tracts prétendant que la LUCHA et le Rassemblement avaient annulé les manifestations depuis hier« , explique la LUCHA dans un message envoyé à POLITICO.CD.

Plombé par l’appel du Rassemblement

« Ils ont aussi payé un comédien de la place pour demander à la population de ne pas nous suivre, allant jusqu’à proferer des menaces. C’est de la pure propagande qui traduit leur peur« , ajoute-t-il.

Partout ailleurs, à travers le pays, aucune manifestation d’envergure n’a été constatée. Les villes congolaises, à l’instar de Goma, Butembo, ou encore Lubumbashi, Kananga, Matadi et même la capitale Kinshasa, ont été largement paralysées par un manque d’activités.

En effet, le Rassemblement, principale coalition de l’opposition dirigée par Félix Tshisekedi, s’est joint mardi aux forces de la Société civile pour manifester ce mercredi, tout en lançant un autre appel pour une opération « ville morte ». Un mot d’ordre visiblement assez suivi, tant les commerces, les écoles et les principaux centre d’activités sont restés largement fermés tout l’avant-midi de mercredi.

Les principales villes du pays ont tourné au ralenti, et les rues étaient désertes. La situation a donc visiblement affecté l’appelle à descendre de la rue, lancé par les mouvements Lucha et Filimbi.

La LUCHA et le Rassemblement projettent toutefois une autre manifestation pour le 28 novembre, censée à être, selon le mouvement citoyen, un « assault final » pour « libérer le pays ».