Meurtre des experts de l’ONU: des doutes sur la démarche d’Antonio Guterres 

Alors que le Secrétaire général de l’ONU affirme sa détermination à élucider le double assassinat des experts de Nations unies tués en mars dernier dans le Kasaï,  des voix s’élèvent pour contester sa démarche auprès du gouvernement congolais. Partager :FacebookX

Okitundu

C’est le magazine américain Foreign Policy qui le révèle ce matin. Dans un article publié sur son site internet, le journal affirme que les démarches entreprises par Antonio Guterres, notamment auprès des autorités congolaises ne rassurent pas les familles de deux experts onusiens, ni même au sein de l’ONU et des organisations de défense des droits de l’homme.

Certains défenseurs des droits de l’homme et les fonctionnaires de l’ONU auraient exprimé leur inquiétude sur le fait que les autorités congolaises puissent être impliquées dans les enquêtes.

« Le plan du secrétaire général consiste à faire confiance aux institutions congolaises, qui auraient pu être impliquées dans les meurtres« , a déclaré un haut responsable de l’ONU cette fois à l’AFP.

« Le secrétaire général met cette équipe en place pour une » mission impossible  » a commenté Akshaya Kumar, directrice adjointe de Human Rights Watch, avant d’ajouter dans des remarques envoyées par courrier électronique à AFP qu' »étant donné les craintes que les responsables congolais aient été impliqués dans les meurtres, il est crucial que les enquêteurs de l’ONU aient la liberté de suivre leurs propres pistes et de mener une enquête entièrement indépendante. Le pire serait que les Nations unies aient involontairement appuyé une éventuelle dissimulation. »

M. Guterres affirme de son côté qu’il serait impossible d’arriver au fond du crime sans la coopération du gouvernement congolais.

Lors d’une rencontre avec des membres de la famille de Michael Sharp, un des experts tués,  le secrétaire général de l’ONU a décrit trois options: la mise en place d’une enquête internationale à but non lucratif du Conseil de sécurité, l’établissement d’une commission spéciale d’enquête de l’ONU ou l’envoi d’une équipe d’experts de l’ONU pour soutenir l’enquête congolaise. Il a récemment déclaré aux États-Unis et à la Suède qu’il choisirait la troisième option, arguant que le Conseil de sécurité reste trop politiquement divisé pour soutenir une enquête majeure et réitérant la nécessité d’une coopération avec le gouvernement congolais.

S’adressant à la presse lors d’une conférence de presse à New York mercredi, Guterres a suggéré qu’une décision finale n’avait pas été prise. Il a déclaré qu’il étudiait encore une série d’options d’enquête, mais qu’il était favorable à un plan visant à «inclure des experts indépendants dans le système congolais», ajoutant: «Je ne sais pas si cela sera possible ou [si] nous prendrons nos propres initiatives. »

Cette déclaration du secrétaire général de l’ONU intervient au lendemain de la publication d’une contre-enquête de la radio France Internationale, mettant supposément en cause les membres de services de renseignements congolais dans l’assassinat des experts de l’ONU, Micheal Sharp et Zaida Catalán sur une mauvaise piste.