Nouvelle embrouille au .CD

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Depuis plusieurs jours, il est impossible d’enregistrer un nouveau domaine .CD, extension appropriée pour les sites internet de la République démocratique du Congo. Selon des registars, les revendeurs cette extension, un problème technique du côté de la SCPT (Société Congolaises des Postes et Télécommunications) serait à la base de la situation.

Toutefois, selon des sources concordantes, un différent entre les partenaires sud-africains de la SCPT et le gouvernement congolais est cause de cette difficulté. En effet, l’Etat congolais, par l’entremise du  Ministère des Postes, Télécommunications et NTIC, aurait tenté de « récupérer » la gestion lucrative de cette extension, jusque-là détenue conjointement par l’Etat et une société basée en Afrique du Sud.

« Ils nous ont appelé pour nous dire qu’ils veulent récupérer la gestion du .CD. On leur a expliqué qu’il était impossible, mais ils n’ont visiblement pas compris de quoi parle-t-on« , explique Chris Tshimanga, un des responsables de la société basée à Johannesbourg.

L’histoire est un peu plus compliquée, comme l’explique plusieurs sources proches du dossier à Kinshasa. Déjà en 2014, Tryphon Kin-kiey Mulumba, ministre en poste au PT-NTIC, a entrepris les mêmes démarches. Il s’est toutefois heurté à une certaines difficultés.

« Le problème est que l’organisation mondiale qui gère les extensions internet a pour règle de ne pas confier à une institution étatique la gestion de son domaine; ceci, pour éviter que des états puissent y exercer un pouvoir politique« , explique un proche de l’ancien ministre congolais.

Les noms de domaines du monde entier sont en effet gérés par l’organisation sans but lucratif ICANN. Sa branche Internet Assigned Numbers Authority (IANA), gère quant à elle ce qu’on appelle le « Country code top-level domain ou ccTLD ». A la base, explique l’ancien Tryphon Kin-Kiey Mulumba, joint au téléphone par POLITICO.CD, l’organisation basée aux Etats-Unis confie l’extension d’un pays à des consortiums issus de la Société civile. Ce qui a été, semble-t-il, le cas avec le .CD de la République démocratique du Congo.

« Ils nous ont demandé d’organiser une réunion avec les acteurs de la Société civile, y compris les gestionnaires sud-africains pour résoudre la question du rapatriement du domaine au pays. Mais certains partenaires ne se sont jamais présentés à l’événement que j’avais initié à Kinshasa« , explique M. Kin-Kiey.

Joint au téléphone, le ministre du PT-NTIC Emery Okundji a refusé de s’exprimer. Comme société, M. Kin-Kiey pense qu’il revient aux acteurs privés de s’organiser, avec l’Etat, pour obtenir le « rapatriement » de ce domaine en bonne et due forme.

Présentement, le gouvernement congolais ne peut donc pas « récupérer » le domaine, à en croire les règles de IANA. A Kinshasa, les opérateurs numériques dénoncent cette situation, d’autant plus qu’il est toujours impossible d’enregistrer les nouveaux domaines.  De plus, l’activité de la vente du .CD devient lucrative. La société sud-africaine qui en assure la vente en ligne, jusque-là en accord avec le gouvernement congolais, ne rend de compte à personne.

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