Les morts de la RDC, indignes d’honneur

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Freetown ou encore Barcelone, ces deux villes ont été à la une des journaux internationaux ou au cœur de discussions de la communauté internationale cette semaine. Pas parce que l’une de ces villes regorge les clubs de football les plus adulés en République Démocratique du Congo, moins encore parce qu’à la tête d’un de pays dont une de ces deux villes est le siège des institutions il trône une femme. Ces deux villes ont été victimes de catastrophe naturelle et d’attentat terroriste. Plus de 400 morts et 600 disparus à Freetown sans compter les dégâts. À Barcelone, ce sont des dizaines d’âmes innocentes qui ont été emportées par un acte terroriste laissant plusieurs dizaines de blessés.

Suite à l’alarme sonnée par les autorités de la Sierra Leone et de l’Espagne, la solidarité internationale a été tournée vers ces pays et les victimes seront mises en terre avec un hommage et des appels seront faits pour que soient prises de mesures pouvant éviter que pareils drames ne se répètent.

Par solidarité ou par récupération, des tweets venant de comptes officiels de politiques Congolais ont fait mention aux drames de Freetown ou de Barcelone, des émoticônes exprimant la tristesse ou la sympathie les accompagnant.

Mercredi 16 mai, la localité de Tara, en province de l’Ituri, en bordure du lac Albert, l’un de plus poissonneux de l’Afrique Centrale connaît une catastrophe naturelle. Une montagne surplombant cette localité, essentiellement constituée de pêcheurs, est rasée par une forte pression causée par la pluie. Le pan de ce relief s’abat sur une cinquantaine d’habitations. Un premier bilan établi 40 morts et 5 blessés. Silence radio à Kinshasa.

Samedi, Pacifique Keta, vice-gouverneur de cette nouvelle province issue du démembrement de l’ancienne Province Orientale donne le bilan actualisé de ce drame. Au total 44 morts enregistrés, 200 personnes portées disparues, une dizaine de blessés secourus et une cinquantaine d’habitations englouties sous la terre. Pas même une déclaration officielle sur la populaire Radio Télévision Nationale Congolaise du gouvernement dirigé actuellement par un opposant. Pourtant une blague circulant sur les réseaux sociaux note que les informations justes uniquement diffusées par ce média officiel restent les communiqués nécrologiques. Du côté de l’opposition ou même des élus de l’Ituri, aucune voix n’a été élevée, parlant aux noms de ces victimes ou de ces rescapés.

Délaissées seules face à cette catastrophe, les autorités locales de la province de l’Ituri tentent de s’attirer la sympathie nationale, dans le but d’obtenir une solidarité internationale. « Nous lançons un cri d’alerte à la communauté humanitaire internationale de venir en aide aux victimes de cette catastrophe » a appelé Pacifique Keta, indiquant que son gouvernement se tient à la disposition de tous les intervenants pour faciliter leur accès à ces personnes restées sans abris et nécessiteuses d’une aide humanitaire d’urgence. Reste à savoir si ce cri d’alerme sera attendu à Kinshasa, où tous sont tournés vers les calculs politiciens visant à conquérir le pouvoir d’une part et de l’autre côté s’y maintenir le plus longtemps possible, tel qu’est définit la politique par le cours d’éducation à la citoyenneté, baptême de feu de tout débutant à l’université au Congo.

Comme à Maluku, à Beni ou encore au Kasaï, les drames allaient faire appel à l’expertise de la police Suédoise soit à celle de la Federation Bureau of Investigations, FBI, si seulement dans cette mine de Tara où sont morts sous anonymat deux creuseurs Congolais recherchant de pierres précieuses pour alimenter l’industrie de smartphones ou de voitures électriques, était coincé un expert en géologie venu de l’occident.

Texte de Fiston Mahamba (@Fiston Mahamba) et caricature d’Edizon Musavuli

2 Commentaires

  1. ça la réalité dans notre pays, aucune considération pour les morts, pas de compensation , on préfère l’impression , orgueil . Le mal est que cela est visible même au sommet de l’Etat

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