Kinshasa très calme, avant la tempête?

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Il est 10h à Kinshasa, le Boulevard Triomphal, ce court tronçon d’à peine deux kilomètres, à la frontière entre les communes de Kinshasa et de Kasa-Vubu, une des rares oeuvres du président et Héros national Mzee Laurent-Désiré Kabila, raisonne étonnement vide. L’ambiance habituelle se recherche encore. C’est ici que tout est censé commencer. La grande marche. « Mobilisation ultime« , dit-on du côté du Rassemblement, pour « chasser le dictateur. »

La veille, la principale coalition de l’opposition a confirmé sa « marche » pour réclamer l’application de l’accord du 31 décembre, non-contente de la nomination de son dissident Bruno Tshibala au poste du Premier ministre. « Demain c’est la marche du peuple congolais pour dire non à la dictature de Monsieur Kabila. Cette marche incombe toute la République démocratique du Congo. J’ai parlé avec ceux qui sont à Boma, à Kasangulu, à Bukavu, à Kisangani… le peuple veut en finir avec ce régime« , s’emportait déjà le député congolais Jean-Claude Vuemba.

Et comme il fallait s’y attendre, la Police nationale qui a promis d’interdire la marche est seule à occuper les croisements Sendwe – Huileries – Libération (ex-24 novembre), le long du Triomphal. Aucun manifestant en vue. « On les voit pas encore. Ils ont peur« , ricane un policier qui tentera même de vérifier nos « cartes de presse« .

A huit kilomètres de là, au Rond-Point Ngaba, banlieue pauvre et électrique jouxtant l’Université de Kinshasa, la tension monte déjà. « Des policiers ont commencé à arrêter les gens« , signalent un correspondant de POLITICO.CD sur place, qui a eu le temps de se rendre à « la colline inspirée » où là encore, la Police sert un marquage à corps contre les étudiants, ceux par qui les révolutions arrivent ici.  Comme partout ailleurs à travers cette mégalopole de plus de dix millions d’habitants, c’est les éléments des forces de l’ordre qui règnent déjà en maître dans le rues, à la recherche de « fauteurs de troubles ».

 

A l’Est, que l’on appelle ici « Chine populaire », ce qui veut en soit tout dire, c’est une ambiance de guerre qui est carrément observée. La Police a visiblement tout misé ici pour contenir les manifestants à avenir. Des grands camions pleins d’éléments de forces de l’ordre – que certains ici accusent d’être de « Bana mura en tenue de la police« , surnom donné aux impitoyables éléments de la Garde Présidentielle – campent sous le fameux Pont Matete, et à la station service dit de Bonhomme.

Aucun incident n’est pour l’instant signalé. Impossible également de s’arrêter à Limete (au Centre), où la dixième rue « fief de l’opposition [la résidence de l’opposant Étienne Tshisekedi et le siège de l’UDPS, principal parti de l’opposition y sont situées] », là encore, la Police n’est pas allée par le dos de la cuillère pour quadriller une zone où les simples passants sont systématiquement apostrophés.

La journée s’annonce longue. Les opposants n’ont pour l’instant rien afficher. Le rendez-vous reste maintenu. La marche commencera comme habituellement au Boulevard triomphal. Les militants emprunteront le Boulevard de la libération (Ex-24 novembre) avant d’atteindre le Boulevard du 30 juin en passant par l’Avenue Batetela, le Boulevard Tshatshi, Avenue Okito, Avenue Limera pour atterrir au Palais de la Nation.  Tel est le plan publié la semaine dernière.

Comme la Police, POLITICO.CD campe dans ces calmes rues de la capitale, en attendant la tempête. Restez connectés

2 Commentaires

  1. Je regrette des jeunes qui s’enrôlent pour des fins politiques auxquels ils n’en bénéficieront pas, laissez les politiciens faire leurs affaires, la population a une sanction, c’est d’aller voter.

  2. Il s attaque directement au system entier et ses colabo leur famille proches en infiltrant la police et l armee k la population nous donne la liste de leur adress et noms de leurs proches sur apareco web site.

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