Viols, tortures, assassinats… un rapport américain déballe les forces de sécurité de la RDC

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Des manifestants se faisant embarquer par la Police à Kinshas. Ph. Radio Okapi.
Des manifestants se faisant embarquer par la Police à Kinshas. Ph. Radio Okapi.

Le Bureau des droits de l’homme et du Travail du Secrétariat américain aux affaires civiles, à la démocratie et aux droits de l’homme épingle, dans un long rapport sur les droits de l’homme en République démocratique du Congo pour l’année 2016, les autorités et les forces de sécurité congolaises qu’il accuse ouvertement d’emprisonnement illégaux, de viols, d’assassinats et de violations de libertés individuelles.

« Il y a eu de nombreux rapports selon lesquels le gouvernement ou ses agents ont commis des homicides arbitraires ou illégaux. Selon la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), les forces de sécurité ont été responsables d’au moins 298 exécutions extrajudiciaires au 30 novembre. Les manifestations de septembre à Kinshasa et les civils tués lors d’opérations militaires à l’est« , affirme ce rapport écrit en anglais et traduit par POLITICO.CD

« En juillet, six corps, certains portant des signes de torture, ont été découverts dans la rivière Ndjili de Kinshasa. Le gouvernement a empêché l’UNJHRO [Le Bureau commun des droits de l’homme des Nations Unies en anglais, NDLR] d’identifier les organismes ou de mener une enquête et aucune mesure n’avait été prise contre les auteurs présumés d’ici la fin de l’année« , ajoute-t-il.

Selon le Bureau commun des droits de l’homme des Nations Unies, cité par ce rapport, sept civils sont décédés le 20 septembre, lorsque des forces de sécurité ont attaqué et brûlé le siège de Kinshasa de l’Union de l’opposition pour la démocratie et le progrès social.

Ce rapport accable également des milices qui opèrent dans l’Est du pays.  « Les RMG [acronymes attribués aux milices armées en RDC, NDLR] ont commis des tueries arbitraires et illégales tout au long de l’année (voir section 1.g.). Les Nations Unies ont estimé que les Forces démocratiques alliées de la RMG (FAD) avaient tué 206 personnes près de la ville de Beni de janvier à novembre« , explique le même rapport, à consulter ici (en anglais)

L’institution américaine s’est également penchée sur des disparitions de personnes constatées à travers le pays, accusant l’Agence nationale des renseignements (ANR) d’être derrière la plupart d’entre elles.

« Des cas de disparitions attribuables aux forces de sécurité de l’Etat  ont été signalés au cours de l’année et après les manifestations de septembre et de décembre à Kinshasa. Les autorités ont souvent refusé de reconnaître la détention de suspects et, dans certains cas, de détenir des suspects dans des installations non officielles. Certains lieux de certains militants de la société civile arrêtés par les forces de sécurité sont restés inconnus pendant de longues périodes. Par exemple, le décès de l’activiste de la société civile Jean Marie Kalonji était inconnu depuis son arrestation par les forces de sécurité en décembre 2015 jusqu’à son transfert dans une prison officielle en avril. L’Agence nationale de renseignement (ANR) a tenu un autre militant de la société civile, Jean de Dieu Kilima, au secret à Kisangani pendant environ 10 jours après son arrestation le 8 juillet (voir section 1.d.). Le 13 décembre, les forces de sécurité ont arrêté les militants de la société civile Carbone Beni wa Beya, Chris Shematsi, Samuel Bosassile et John Ngandu lors d’une manifestation pacifique à Kinshasa, et leurs allées et venues sont demeurées inconnues jusqu’à ce que leurs proches les aient localisées dans un centre de détention. Activistes sont restés en garde à vue, sans frais, à la fin de l’année« , explique-t-elle.

Le rapport affirme outre que des milices armées et certains éléments des FARDC ont enlevé de nombreuses personnes, généralement pour le travail forcé, le service militaire ou l’esclavage sexuel.

Le même rapport affirme que les forces de sécurités ont eu recours à la torture ou aux traitements criminels et inhumains contre des opposants politiques pendant la même période.

 

Les autorités congolaises sont depuis plusieurs mois dans le collimateur des Nations-Unies et celui des organisations de défense des droits de l’homme qui dénoncent le rétrécissement de l’espace politique. En juillet dernier, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Ra’ad Al Hussein, s’est dit « très préoccupé » par le harcèlement croissant des représentants de la société civile et des journalistes, de la répression des voix qui s’opposent au gouvernement et des dispersions excessives et parfois mortelles de manifestations alors que la RDC traverse une crise politique grave.

En septembre, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a placé la RDC sous surveillance en adoptant une résolution qui l’inscrit au centre de son attention. « C’est un message limpide que les Nations unies viennent d’envoyer au président Kabila : respectez l’État de droit, la Constitution et le processus électoral, sinon vous aurez à en répondre devant la communauté internationale», se félicitait Dimitris Christopoulos, président de la FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme), une ONG internationale de défense des droits humains.

Cette situation inquiète également les Etats-Unis qui sont pour l’heure, le seul pays à avoir adopté des sanctions contre des autorités congolaises.  Les autorités américaines sont sanctionné financièrement plusieurs autorités congolaises l’année dernière.

 

Human Rights Watch a publié un rapport en octobre 2016 qui accable les autorités congolaises, mettant en exergue l’implication du Ministre Evariste Boshab et celle de Kalev Mutond, le Chef du Service des renseignements, dans les tueries du 19 et 20 septembre dans la capitale congolaise.  Plus de 50 personnes ont été tuées par des forces de l’ordre durant deux journées de manifestation de l’opposition congolais réclamant le départ du président Kabila.

5 Commentaires

  1. mais vous les communaute soit disant international vous ‘ avez bien que cette regime de kabila est criminels sont des assassin, pourquoi vous ne sactionnez pas kabila selement de rapport sur rapport donc vous etes des complice? arrete kabila avec sa bande est maites les au CPI en prison

  2. Il n’y a plus lieu de continuer à garder silence sur ce grand cimetière mondial qu’est la RD CONGO et où la vie humaine, l’intégrité physique et la dignité humaine n’ont plus aucune considération aux yeux du régime «  »caporaliste » » de Joseph Kabila. De cas de disparitions, d’assassinats, de tortures, de massacres… des membres des partis politiques de l’opposition politique, des Ong des droits de l’homme, des membres de la société civile et des organes de presse indépendante sont devenus un mode de gestion de ce pays géant de l’Afrique. Que de continuer à se contenter de simples dénonciations et faits d’annonce, il est temps d’interpeler les vrais auteurs de tous ces crimes imprescriptibles et qui ne sont que l’oeuvre des milices, de mercenaires et des forces armées congolaises! Il faut de mesures plus musclées et de signaux forts pour arrêter cette boucherie humaine devenue une stratégie pour le maintien en place du régime politique de Joseph Kabila.

  3.  » Par exemple, le décès de l’activiste de la société civile Jean Marie Kalonji était inconnu depuis son arrestation par les forces de sécurité en décembre 2015 jusqu’à son transfert dans une prison officielle en avril.  » ce monsieur est il decedé?

  4. SVP, aux peuples du monde entier faites tout ce qui est de votre pouvoir pour nous sortir de cette situation dans laquelle le regime de Kabila nous a plongé, nous sommes pris en otages par ce regime qui volent, violent et pillent les richesses du pays pendant que la grande partie de la population croupie dans la misère. SVP je vous demande d’enqueter sur la vie sociale au congo, vous n’allez pas y croire, ici nous ne vivons pas mais nous survivons… ça fait mal au coeur lorsqu’on est incapable de nourrire votre famille, on ne sais pas envoyer ses enfants à l’ecole, pas d’eau, pas d’electricité bref, rien ne marche au congo, on est obligé d’aller à l’exterieur du pays pour ne fut ce que avoir quelque chose à manger, pitié pitié pitié

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