Vers le début de la liquidation de la BIAC

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Les actionnaires de la Banque internationale pour l’Afrique au Congo (BIAC), la troisième du pays, ont décidé de la dissoudre à l’issue d’une assemblée générale le 04 novembre dernier dans le but de rembourser leurs clients. Cette décision a intervenu alors que sa mise sous tutelle par la Banque Centrale du Congo (BCC) pour une durée de 180 jours depuis juin dernier n’a abouti à aucune reprise telle que le Gouverneur de la BCC, Deogratias Mutombo le promettait.

Contre toute attente, le gouverneur Deogratias Mutombo s’est opposé à cette dissolution, attaquant la BIAC en justice pour obtenir son l’annulation. Les deux parties étaient entendues le 02 décembre dernier, et la décision a été prise en délibéré.

En outre,  des sources judiciaires ont confirmé à Politico.cd que des juges auraient reçu des menaces de la part du gouverneur Deogratias Mutombo pour statuer en sa faveur. « Nous devrions rendre le jugement depuis longtemps mais certains d’entre nous craignent parce qu’ils ont été menacé par le gouverneur [Deogratias Mutombo]« , affirme un juge qui a requis l’anonymat à Politico.cd.

De son côté, la commission Economie et Finances de l’Assemblée nationale a auditionné le gouverneur Mutombo la semaine dernière, sans obtenir des réelles assurances de la part de la BCC sur un repreneur probable. Durant son audition, le Gouverneur a promis une reprise incessante de la banque par des opérateurs chinois, une promesse qu’il fait depuis l’année dernière et qui peine à se concrétiser.

« Plus proche de la liquidation que de l’arrivée des chinois »

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Soucieux de garantir le remboursement de plus de 400.000 clients de cette banque, les actionnaires auraient, d’après nos sources, obtenue le déblocage, conduisant à la nomination prochaine d’un liquidateur qui va garantir la transparence de cette procédure.

« Je peux vous dire que les négociations pour un repreneur sont dans une phase très compliquée. A l’heure actuelle, la nomination d’un liquidateur est plus plausible que de voir les chinois débarquer« , affirme un haut cadre de la BCC, qui a requis l’anonymat, à Politico.cd ;

En effet, dans l’absence d’un repreneur sérieux, la dissolution décrétée le 04 nocembre dernier occasionne ainsi la liquidation de la banque, en permettant de vendre l’actif au meilleur prix.

« Je pense que ce dossier, le blocage vient plus tôt de la gestion très personnelle du gouverneur [Deogratias Mutombo] sur ce dossier. La liquidation permet normalement qu’il ait de la transparence, car elle est dirigée par un liquidateur qui en contrôle la procédure », poursuit ce haut cadre. De plus, dit-il,  « une liquidation n’empêche pas que la banque soit reprise par d’autres ».