Quand le gouverneur de la BCC defie l’Assemblée nationale

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Le député de la Majorité Présidentielle Henri-Thomas Lokondo a interpellé le gouverneur Deogratias Mutombo, le 30 novembre dernier, pour qu’il s’explique sur le dossier de la BIAC, alors que plus de 400.000 épargnants de cette banque, la troisième du pays, n’ont toujours pas accès à leurs fondS.

« Nous apprenons par la presse que les actionnaires veulent liquider la banque, avec toutes les conséquences que vous pouvez imaginer pour les déposants et de l’autre côté, le Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC) qui ne veut rien entendre de tout ça (…) Alors moi je pense, pour que nous soyons fixés, que le Gouverneur (…) vienne nous faire rapport de cette situation« , avait expliqué le député Lokondo au micro de Politico.cd à l’issu de son interpellation à l’Assemblée nationale.

A ce jour, Deogratias Mutombo ne s’est toujours pas présenté à l’Assemblée nationale pour y répondre, malgré une notification officielle et la loi qui lui y oblige. Des voix s’élèvent même à la Commission Economie et Finances de cette institution pour dénoncer ce qui est qualifié de « manque de respect et violation flagrante des lois ».

« Je peux vous dire seulement qu’il [le gouverneur Mutombo] ne s’est toujours pas présenté et la session de cette année prend fin le 15. C’est vraiment un manque de respect délibéré et une violation flagrante de lois du pays« , affirme une source de cette commission de l’Assemblée nationale, qui a requis l’anonymat.

En effet, une interpellation est moyen de contrôle parlementaire permettant à un membre d’une assemblée de demander à un ministre ou gouverneur de se justifier à propos d’un acte politique, d’une situation précise, d’aspects généraux ou spécifiques de la politique du gouvernement, et dernier n’a pas le droit de s’y soustraire.

Joint au téléphone, le député Henri-Thomas Lokongo qui regrette cette situation, laisse toutefois entendre qu’une réunion est prévue « demain », jeudi 15 décembre.

400.000 épargnants pris en otage

biac

Pendant ce temps, des milliers de congolais n’ont toujours pas accès à leurs dépôts, alors que la République démocratique du Congo traverse une situation d’incertitudes politiques et sécuritaires à l’approche de la date du 19 décembre, très redoutée, la tension serait à son comble si ces épargnants de la BIAC entamaient des protestations.

D’un côté, les actionnaires ayant décidé, le 04 novembre dernier, de dissoudre la banque pour effectivement la liquider et de ce fait rembourser les clients; de l’autre le Gouverneur de la BCC bloquant cette décision pour des raisons qui restent encore floues à ce jour.

Les actionnaires de la BIAC rappellent pourtant qu’une dissolution n’empêche aucunement une reprise, piste privilégiée par le Gouverneur de la BBC, qui pêne cependant à se concrétiser. M. Mutombo est même allé en justice pour contester cette décision. Les deux parties étaient convoquées le 02 novembre dernier devant le tribunal de commerce Kinshasa/Gombe pour être entendues sur le dossier qui les opposent.

Par ailleurs, dans cette affaire, M. Mutombo est soupçonné de voir  privilégier un repreneur qui ne contentent pas les actionnaires de la BIAC, encore moins les épargnants. De plus le Gouverneur, dont le départ de la BCC est largement pressenti, semble vouloir utiliser le dossier de la BIAC pour redorer son image, largement écorchée alors que la politique de la Banque centrale du Congo s’avère être un échec cuisant sous son règne.

 

1 COMMENTAIRE

  1. VIVE LE SOULÈVEMENT POPULAIRE. SEUL LE PEUPLE KONGO SOUVERAIN PRIMAIRE EST L’UNIQUE ALLIE DE LA RÉSISTANCE KONGOLAISE… LES FAUX POLITICIENS CORROMPUS JUSQU’A LA MOELLE ÉPINIÈRE EXPERTS EN MANŒUVRES POLITIQUES DILATOIRES NE PEUVENT LIBÉRER LE KONGO. LE SOULÈVEMENT POPULAIRE OU LA RÉVOLUTION ADN KONGOLAIS SERA IMPRÉVISIBLE, COURT(COURTE) ET POPULAIRE. VIVE LE SOULÈVEMENT POPULAIRE. VIVE LA REVOLUTION. INGETA

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