La ville morte observée à Kinshasa, ignorée dans les autres villes

L’appel de l’opposition à une journée « villes mortes » pour exiger le départ du président Joseph Kabila le 19 décembre a été très fortement suivi à Kinshasa mais un peu ignoré dans les autres grandes villes. Le point sur ce qui s’est passé.Partager :FacebookX

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L’opération « carton jaune » organisée par  Étienne Tshisekedi et la large coalition des opposants du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement a paralysé la capitale dont les rues sont restées pratiquement désertes toute la journée.

Même dans le centre du pays où le mot d’ordre de Tshisekedi a été largement observée à Mbuji-Mayi, fief de l’opposant historique et troisième ville du pays.

Par ailleurs,  l’opération n’a pas reçu le même accueille  à Lubumbashi ou encore à Kisangani. Dans la plus part de ces villes,  l’activité a tourné au ralenti toute la matinée mais est revenue à la normale à la mi-journée.

A Matadi, l’activité du seul port en eau profonde du pays a été normale, selon des témoins tandis qu’à Mbandaka (nord-ouest), la ville a pris une coloration jaune, les gens allant travailler, mais majoritairement vêtus de cette couleur en signe de contestation, selon des habitants cités par l’AFP.

img-20161019-wa0044A Kinshasa, la quasi-totalité des magasins sont restées fermées. La pluie a finit par stopper net les velléités de quelques vendeurs des principaux marchés de la capitale de ne pas perdre totalement leur journée.

Plusieurs groupes de jeunes ont occupé la rue en divers endroits en arborant des cartons jaunes.

« C’est juste un avertissement aujourd’hui. Nous allons intensifier nos actions jusqu’à atteindre l’objectif de ne point accorder une minute de plus à M. Kabila après le 19 décembre », a déclaré Jean-Marc Kabund, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

 

Aucun incident majeur n’a été signalé même si la police a tiré en l’air à Mombele (centre) pour disperser un groupe de 200 jeunes, dont certains, selon un journaliste de l’AFP, étaient armés de machettes.

Les 19 et 20 septembre, lors de la dernière mobilisation du Rassemblement contre le pouvoir, 49 civils et 4 policiers avaient été tués, selon l’ONU.

 

Dans l’Est, la ville de Bukavu, sur la rive sud du lac Kivu, a totalement ignoré l’appel du Rassemblement.

A Goma, capitale du Nord-Kivu et ville jumelle de Bukavu sur la rive nord du lac, l’appel de l’opposition a été diversement suivi. La circulation a été normale mais la majorité des boutiques est restée fermée.

En fin de matinée, 200 personnes ont manifesté sans incident majeur, carton jaune à la main, aux cris de « Le mandat est terminé ! Tu dois partir ! » Dans le nord du Nord-Kivu, des manifestations similaires ont rassemblé une cinquantaine de personnes à Beni et autant à Butembo.

Avec AFP