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Patrick Nkanga, rapporteur du PPRD : « La volonté de demeurer en coalition est plus forte que la volonté de la détruire. Il n’y aura pas rupture »

Dans une interview exclusive accordée à Politico.cd, Patrick Nkanga, Rapporteur du Bureau Politique du PPRD, est revenu sur plusieurs questions d’actualité, notamment, la polémique autour du Congrès, la décision de la Cour constitutionnelle, la prise de position du vice-Premier, ministre de l’Intérieur, le chamboulement au sein de la présidence de la République et les discordances au sein de la coalition FCC-CACH.

Politico.cd: Bonjour M. Nkanga. Vous êtes Rapporteur du Bureau Politique du PPRd, parti de Joseph Kabila, qui est allié au président Tshisekedi. Quelle lecture faites-vous de toute cette polémique autour du Congrès et de l’état d’urgence décrété par le président Tshisekedi ?

Patrick Nkanga : Existe t-il une démocratie sans débat? Je ne pense pas. Je pense qu’il y a eu beaucoup de suspicions qui, d’ailleurs, sont levées à cet instant. C’est la première fois, en 14 ans de vie de notre Constitution, que l’on invoque l’état d’urgence quoique sanitaire. Il était tout à fait normal qu’il y ait des aspérités, des vues et des interprétations. Et l’absence d’une loi y relative nous prive de certains détails et d’un cheminement décliné étape par étape. La Constitution n’a évoqué que les grands principes. Ce vif échange nous emmène à légiférer très vite, dès que les conditions le permettront, pour éviter dans l’avenir des suspicions de diverses natures.

Politico.cd: La Cour constitutionnelle a donné raison au Président. Que va-t-il se passer maintenant, ce Congrès aura-t-il lieu ?

PN : Pour que la Haute Cour ait donné raison au Président de la République, il eut fallu que certains lui aient donné tort… Qui avait donné tort au Chef de l’État ? Personne. Nul n’a dit, à un seul moment, que le Chef de l’État avait tort de proclamer « l’état d’urgence sanitaire ». La Haute Cour a agi, en vertu des prérogatives qui lui sont dévolues par la Constitution, notamment, comme l’une des institutions qui entrent en danse dans la mise en œuvre de l’état d’urgence et, ce, conformément à l article 145 de notre Constitution. C’est de bon droit.

Cependant, la Haute Cour n’a pas pris un arrêt qui dépouille le Parlement de ses prérogatives constitutionnelles. Elle a pris un arrêt qui dit conforme à la Constitution l’ordonnance du President de la République relative à l état d’urgence. N’opposons pas ce que la Haute Cour n’a pas opposé.

Politico.cd: Le VPM de l’Interieur, Kakonde, avait étrangement pris position en annonçant qu’il fera respecter les mesures d’interdiction de rassemblement. Des véhicules de police avaient également été postés aux alentours des bâtiments du Parlement, alors que le Premier ministre était partie prenante de l’organisation de ce Congrès. N’y a-t-il pas eu discordance? Que pensez-vous d’une telle situation?

PN: Un ministre n’agit pas par la voie médiatique. Le ministre de l’Intérieur n’a jamais pris un acte qui aille dans le sens d’enfreindre les droits des parlementaires. Il l’a dit lui-même. Il n y a eu aucune contradiction, au sein du Gouvernement. Ce qui, de surcroît, est impensable et même impossible. Le Gouvernement a un Chef, c’est le Premier ministre. Il n’y a pas d’ambiguïté là-dessus.

Politico.cd: Que deviennent les instituions, alors qu’à la Présidence, des conseillers se sont opposés au président et qu’à l’Assemblée nationale, le vice-président s’est opposé à la présidente et au président du Sénat ? Doit-on conclure qu’il y a guerre au sein de nos institutions?

PN : L’opinion publique constate que la classe politique est constituée de plus de partisans que des serviteurs de l’État. Quand on a une responsabilité institutionnelle, on ne parle pas n’importe comment, n’importe quand, n’importe où et sur n’importe quel sujet. Nous devons faire un effort, nous tous, de nous départir de quand nous sommes militants et de quand nous sommes au service de l’État ainsi que de la population.

Notre démocratie est jeune, nous lui devons une certaine indulgence.

Politico.cd: En un an, la coalition au pouvoir a montré plusieurs discordances et cela ne cesse. Doit-on s’attendre à une rupture prochaine? Quel est le vrai problème qui vous oppose?

PN : C’est parce que nous avions des discordances initiales que nous sommes appelés « une coalition », Sinon, nous serions un Parti Politique. Et même au sein d’un même Parti Politique, les discordances ne manquent pas, nous assistons tous à comment certains partis débattent entre eux, avec toute la vigueur démocratique que l’on peut leur reconnaître. Certains pourront dire que c’est la vitalité de la démocratie, possible. Mais, ce que je peux vous rassurer, est que la volonté de demeurer en coalition est plus forte que la volonté de la détruire. Il n y aura pas rupture, car les deux Leaders, le President Félix TSHISEKEDI et le Président KABILA, veillent constamment et ultimement à ce que les divergences de vues, normales en démocratie, soient aplanies dans l’intérêt du Peuple et du fonctionnement harmonieux de nos Institutions.

Politico.cd: Que pense le PPRD de toute cette situation?

PN : Ce que je peux vous dire est que le PPRD est un Parti républicain, hautement attaché au respect scrupuleux de la Constitution, attitude qui a favorisé et contribué à notre première alternance démocratique. L’essentiel, à cet instant, est que l’on puisse commuer nos forces pour faire face à ce terroriste qu’est le COVID-19.

Propos recueillis par
Thierry Mfundu

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