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Le phénomène « katangais intouchable » : démêlons le réel de l’apparent

Tout phénomène offre la possibilité de l’observer, de l’étudier, en ce qu’il se répète plusieurs fois de la même manière, avec la même constance. Nous en avons repéré un : le phénomène « katangais intouchable « .

Celui-ci, tend à instaurer une culture selon laquelle, l’appartenance ethnico-tribale, l’identification à l’espace katangais, place l’individu au-dessus de la nation, au-dessus des institutions. Donc, celui, l’institution de la République qui croise un katangais sur son chemin, n’est pas différent de quelqu’un qui vient de secouer une ruche d’abeilles.

Il ou elle, se met tout de suite sur le dos : « Les ressortissants du Katanga « , « le caucus des députés du Haut-Katanga », les notables du Katanga » et consort. Le cas du Président du Conseil d’administration de la Gécamines Albert Yuma, ou encore celui de Gédéon Kyungu à la Une, en sont des exemples éloquents.

La sélectivité

Devrions-nous alors conclure qu’il s’agit d’un sentiment ethnico-tribal qui anime un coin de la République démocratique du Congo ? Non. Une telle conclusion serait hâtive. Tentons plutôt de démêler le vrai du faux, l’apparent du réel.

Faisons une lecture comparative de la situation : le cas Katumbi et le cas Yuma. Le premier a subi un calvaire judiciaire dans une indifférence quasi-totale de ces structures dites « Les ressortissants du Katanga « , « Le caucus des députés du Haut-Katanga », Les notables du Katanga » ; alors que le second a été traité comme un « prince intouchable » dans une cour royale, une fois que la justice a essayé d’en savoir un peu plus sur sa gestion. Pourtant, les deux s’équivalent : ils sont tous katangais.

Mais pas du tout. Il y a une nette différence entre les deux : Moïse Katumbi est un « disciple rebelle » que le Raïs, l’ancien président Joseph Kabila qui détient encore l’essentiel des pouvoirs-publics en RDC, considère comme un « judas qui s’est enfoui avec beaucoup d’argent et s’est pendu « ; pendant qu’à ses yeux, Albert Yuma est un « fidèle des fidèles », l’homme qui protège et promeut mieux les intérêts de la kabilie, au point que ce dernier serait à ce jour premier ministre de la RDC, n’eut été le refus catégorique de Félix Tshisekedi.

la capture d’ecran des tweet du Pasteur Ngoy Mulundo

Autant de rapports de l’ONU, des ONGS ont lié l’action de la milice de Gédéon Kyungu à l’ancien pouvoir de Joseph Kabila, là où Jean-Claude Muyambo est apparu opposant à celui-ci.

Ceci explique tout. Le phénomène « katangais intouchable  » n’a rien à avoir avec le fait d’être katangais. Il s’étend à d’autres réalités.

La géographie du « katangais « 

Dans une courte vidéo qui a arrêté le temps sur la toile pendant des jours, Emmanuel Ramazani Shadary menace de paralyser la République toute entière si un seul cheveux tombait de la tête d’Albert Yuma que la justice congolaise a assigné à résidence surveillée. Il va encore plus loin, en faisant « un chantage sécessionniste « , quand il pose des questions à son audience qui lui répond : « où se trouve la Gécamines ? au Katanga. Où se trouve la SNCC ? Au Katanga « ,…

Je regrette d’avoir été absent ce jour-là pour lui proposer ne serait-ce que quelques questions qui auraient ces réponses : « Qui a construit la Gécamines? La RDC. Où se trouve Inga qui alimente la Gécamines? Au Kongo-central. Où se trouve le Katanga et le Kongo-central? En RDC « . Une façon de dire que la Gécamines est une ressource de la RDC et non du Katanga. La main d’oeuvre que le colon belge a utilisé pour façonner cette industrie jusqu’à un niveau qu’elle n’a plus aujourd’hui, n’étais pas d’ailleurs katangaise.

Bon, ça ne valerait la peine parce que le débat est ailleurs. Il est connu, Ramazani Shadary a étudié au Katanga. Il est aussi connu, Ramazani Shadary est originaire de Maniema. En 3 législatures, il a postulé et a été élu député au Maniema et non au Katanga. Ceci délocalise alors le qualificatif « katangais » de sa géographie naturelle.

Plutôt, kabiliste intouchable

Sans nous donner une vérité absolue, notre périple nous a conduit à une vérité relativement vraie : l’usage de « katangais  » ne répond pas vraiment à une appartenance ethnico-tribale. Il est plutôt lié à l’identification d’un groupe de gens réunis dans un clan politique : le clan de l’ancien président de la République.

Le départ de Joseph Kabila du pouvoir a réduit le pouvoir de la kabilie telle que des procédures judiciaires peuvent-être initiées à ce jour contre les dignitaires kabilistes jadis intouchables. Chose qui était inimaginable quand il était encore Chef de l’État.

Pour se défendre de cette menace judiciaire qui représenterait une disparition de la kabilie, les kabilistes secouent depuis le sentiment d’appartenance au Katanga comme bouclier. Tout en insinuant peut-être qu’ils peuvent démembrer cette riche province minière de la RDC s’ils se sentent en danger. Au lieu de « kabiliste intouchable « , ceux auxquels la nature a donné le privilège de se faire tendre un micro, préfèrent utiliser « katangais intouchable ». C’est plus ou moins propre pour la démocratie.

Le silence des katangais moins privilégiés sur cette exploitation abusive de « katangais « , est aussi toxique pour la République que l’exploitation abusive qu’on en fait.

JSB

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2 Commentaires

  1. Nos frères originaires du Katanga trouvent que cette ex-province est un paradis où coule le miel (mines). Avec les mines, ils considèrent que Katanga est plus riche et doit devenir un pays indépendant pour leur permettre de jouir de ses mines. L’unique chose qu’ils oublient c’est la haine tribale entre les tribus majoritaires qui composent le Katanga. Jadis les Balubakat avaient le monopole dans tous les domaines dans les grandes villes surtout Lubumbashi, Kasumbalesa…, au détriment des katangais du Sud comme les babemba, balamba, tchokwe, karund… Les Balubakat avaient dominé toutes ces tribus et le pouvoir était entré leurs mains. Avec l’avènement de démembrement des provinces, Lubumbashi Kasumbalesa Pweto Kasenga, les autres katangais sudistes acceptent plus cette domination, ils n’acceptent pas la présence des Balubakat dans l’administration publique et demandent à ces derniers de rentrer chez eux Kamina (Haut Lomami), Kalemie (Tanganyika) où Ils vont s’occuper de la pêche et de l’agriculture. Dans cette partie du Katanga le chômage est à 99%. Comprenez déjà qu’il y a un problème. Dans l’hypothèse où Katanga devient un pays indépendant, je vous assure que la guerre va surgir et Katanga deviendra comme la Somalie ou le Soudan du Sud. La haine tribale coule dans les veines de nos frères katangais.

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