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RDC: Que reste-t-il de LAMUKA?

La divergence au sein de la plateforme politique Lamuka l'a beaucoup affaiblie ce dernier temps, jusqu'à rendre inefficace toutes ses actions. Les quatre Leaders restants ont une lecture différente de la situation politique du pays.

Le mandat de l’actuel Coordonnateur du présidium de Lumuka prendra fin le mardi 2 mars prochain. Adolphe Muzito arrive ainsi à la fin de son exercice à la tête de la plateforme politique, trois mois après. Conformément à la charte de cette coalition politique créée à Genève en 2018, Muzito cède le bâton de commandement à Martin Fayulu, Président de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement, (ECIDé).

 » Martin Fayulu est l’un des quatre leaders de Lamuka. Il est signataire de la charte et il doit se conformer à cette exigence de la démocratie en interne. Donc, dès son retour des États-Unis, il va faire la remise et reprise avec l’ex-premier Ministre Adolphe Muzito, actuel Président. Il sera Coordonnateur de Lamuka conformément aux statuts pendant les 3 mois et il passera les bâtons de commandement 3 mois après à Moïse Katumbi », précisait Devos Kitoko, Secrétaire général de l’ECIDé,

Le candidat no 4 à la présidentielle de 2018 et qui se réclame toujours vainqueur des élections, séjourne en France depuis quelques jours. Selon son entourage, Martin Fayulu se rendra également aux États-Unis pour des contacts politiques et échangera à cet effet avec la diaspora congolaise.

Des divergences
L’histoire retiendra que lors de la remise et reprise avec Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito dont le mandat arrive à terme dans trois jours, avait promis sous son leadership, de grandes actions de terrain pour le rétablissement de la vérité des urnes.

Trois mois plutard, rien n’a été fait dans ce sens. Les choses sont restées égales à elles-mêmes. Durant son règne, le présidium ne s’est pas réuni, même pas une initiative allant dans ce sens. Aucune action n’a été entreprise.

Selon certaines sources, Fayulu pourrait passer deux mois en dehors du pays dans le cadre de sa mission qui le conduira notamment aux USA et au Canada. Reste à savoir si la remise et reprise avec Adolphe Muzito attendra effectivement le retour au pays de Martin Fayulu ou se fera au pays de l’oncle Sam.

Pour certains observateurs, le bicéphalisme au sein de Lamuka fragilise cette coalition qui avait pourtant au début, un même langage. Deux courants s’observent actuellement en son sein: Les modérés et les radicaux. Le premier courant regroupe Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba. Eux luttent ouvertement pour une opposition républicaine. Pour eux, la vérité des urnes fait partie de l’histoire.

Le deuxième courant est aux antipodes du premier. Il est composé de deux amis très intimes et frères, Muzito et Fayulu. Ces derniers estiment qu’il y a contraste qu’ils évoluent dans l’opposition, étant donné que c’est Martin Fayulu qui avait gagné les élections, selon eux.

Lamuka se présente ainsi comme un colosse aux pieds d’argile et dont les membres ne voient pas les choses de la même manière.

Pour s’en convaincre, il suffit d’entendre leurs discours au sujet du poste de porte-parole de l’opposition. Les Députés de l’opposition se sont convenus qu’il soit rotatif : Katumbi et Bemba feront chacun deux ans pour laisser place à l’autre. Dans le camp de Fayulu, ceci est une insulte. « Ceux qui acceptent d’être porte-parole sont à la recherche de l’emploi et veulent se reconstituer une santé financière », lançait Omar Kavota, un des communicateurs de Lamuka, proche de Martin Fayulu. « Fayulu n’est peut pas être Président légitimement élu et être en même temps opposant », ajoutait-il.

Un autre point qui les met en branle est leur attitude face au pouvoir actuel. Dans un récent meeting à Lubumbashi, Gabriel Kyungu révélait à ses militants la position de Katumbi face au pouvoir de Félix Tshisekedi.  » Va dire à ton frère que je suis avec lui », propos de Moïse reportés par Kyngu wa ku Mwanza.

Des recompositions en cours
Selon certaines indiscrétions, un travail de fourmis se ferait en coulisse pour un rapprochement entre le Président du Parti dont la sortie officielle est imminente et Félix Tshisekedi. Un autre rapprochement serait possible, selon certaines sources, entre Jean-Pierre Bemba et le FCC en prélude aux prochaines élections.

Voilà qui met en difficulté la coalition Lamuka qui, aux dires des uns et témoignages des autres, ressemble à un tigre en carton. Les plus extrémistes pensent que sa déconfiture est pour bientôt, le temps que ses Leaders s’écorcent de plus en plus.

Les jours qui viennent seront déterminants pour des alliances politiques qui se font et se défont à longueur des journées. Peut-être qu’après Lamuka, il y aura d’autres coalitions très efficaces regroupant les politiques ayant la même idéologique politique et qui voient les choses de la même manière.

Édouard Bajika

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1 COMMENTAIRE

  1. Je relève certains points, malheureusement, non explicités dans l’article.
    1. M. Fayulu et M. Muzito qualifient leurs compères des gens qui sont à la recherche du travail parce qu’ils ont accepté de faire une opposition républicaine. Mais, lorsque eux-mêmes proposent la création du HCRI, ce n’est pas chercher du travail ?
    2. La remise-reprise entre M. Fayulu et M. Muzito est inopportune. Le premier étant président de la République ne peut pas présider la plateforme Lamuka. C’est incompatible.
    J’attends un éclairage.

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