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RDC: Programme d’urgence de 100 jours » de Tshisekedi, des arrestations en guise de bilan

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Douze mois après son lancement en fanfare samedi 2 mars 2019 à Kinshasa, le « programme de 100 ( premiers) jours » du mandat quinquennal du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo présente un « bilan officiel » en guise d’arrestations, douze mois plus tard. Et, parmi les « appréhendés et emprisonnés », figurent ceux qui s’étaient bousculés devant le micro placé en face de la tribune présidentielle sur l’esplanade de l’Echangeur de la commune de Limete, à l’ombre de l’imposant monument de Patrice Émery Lumumba, héros national.

L’un après l’autre, ils avaient vanté tour à tour leurs capacités financières (FPI et FONER), matérielles et techniques (Office des routes et OVD) pour assurer au nouveau Chef l’État que les travaux (d’Hercule) seraient effectués et achevés à date échue, au terme de  » 100 jours chrono ». « L’argent et disponible », s’étaient bombés le torse les financiers, tant et si bien que l’assistance commença à se demander  » pourquoi, puisque l’argent était là, ces travaux n’avaient jamais été entamés sous le régime de Joseph Kabila « .
 » Mauvaise foi, mauvaise volonté des dirigeants « , avaient conclu d’autres, arguant que « leur coût estimé à 304 millions USD n’est pas la mer à boire« !

TRAVAUX D’HERCULE AVEC 304 MILLIONS USD

Le successeur de Joseph Kabila Kabange avait clairement exprimé sa volonté de « rompre avec le passé ». Il avait dévoilé solennellement son programme axé sur la sécurité, la justice, les infrastructures et voies de communication, l’éducation, la santé, les mesures de décrispation et les fameux sauts-de-moutons dans la ville de Kinshasa.

« L’intérêt du peuple continuera à constituer le fil conducteur de toutes les actions que je vais mener durant mandat », avait promis le porte-étendard du slogan, hérité de son père Étienne Tshisekedi,  » le peuple d’abord « .

Concrètement, avait assuré Félix Tshisekedi, son programme d’intérêt national visait la construction des routes, la réhabilitation des écoles et des centres de santé, l’amélioration du pouvoir d’achat des populations et des mesures d’aide aux démunis.

La liste des actions et mesures envisagées avait été consignée dans un document qui avait été remis à la presse, afin que nul n’en ignore.

Le budget estimatif renseignait que « le programme d’urgence nécessitera une enveloppe de 304 millions de dollars dont 206 millions de dollars seront mobilisés par le Trésor public, 70 millions proviendront du Fonds de promotion de l’industrie (FPI) et 23 millions de dollars du Fonds national d’entretien routier (Foner) ».

Dans la foulée, Félix Tshisekedi avait aussi annoncé des mesures en faveur de la promotion de l’emploi, principalement pour les jeunes, et également pour assurer la sécurité dans plusieurs zones du pays en conflit.

Emporté par un enthousiasme compréhensible de la part d’un nouveau président de la République, il avait tendu la main au secteur privé, particulièrement aux investisseurs miniers avec la mise en place d’une structure au niveau de la Présidence « chargée du suivi du secteur minier ». Celle-ci devrait apporter l’assainissement du climat des affaires, la vulgarisation du nouveau Code minier et la conclusion des contrats miniers gagnant-gagnant.

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S’agissant de la  » décrispation politique « , le président Félix Tshisekedi avait vraiment multiplié les annonces.

« Dans les 10 jours, je vais prendre une mesure de grâce présidentielle au bénéfice des prisonniers politiques ayant été condamnés par des décisions coulées en force des choses jugées », s’était-il engagé, disant avoir  » instruit le ministre de la Justice pour la libération des prisonniers d’opinion ». « En même temps, je vais instruire le ministre de la Justice de prendre, dans le même délai, toutes les mesures nécessaires dans les conditions prévues par la loi, pour une libération conditionnelle de toutes les personnes détenues pour le délit d’opinion, notamment dans le cadre des manifestations politiques avant les élections« , avait-il ajouté.

Par ailleurs, « dans le même ordre d’idée, je vais œuvrer activement à créer les conditions d’un retour rapide des compatriotes qui se trouvent actuellement à l’extérieur du pays pour des raisons politiques afin qu’ils y exercent leurs activités, dans le respect de la loi et des institutions républicaines », avait-il encore promis.

Conscient de ne pouvoir réussir seul, Félix Tshisekedi avait appelé le peuple congolais à l’accompagner et à contrôler la mise en œuvre de son ambitieux programme d’urgence, ayant toutes les allures de véritables « travaux d’Hercule ».

«  Il est évident que, pour la réussite de ce programme, j’ai besoin de l’accompagnement du peuple congolais, que j’invite au changement de mentalité, notamment par le respect de la vie humaine, des droits et de liberté pour tous », avait-il exhorté, concluant son discours.

QUEL BILAN ?

Le bilan du « programme d’urgence de 100 jours » n’ayant pas été présenté à date échue ( juin 2019), le sera-t-il le 2 mars 2020 ? La question est d’autant pertinente que des messages en provenance des provinces inscrites dans ce « programme » révèlent des récriminations, des doléances et des accusations de détournements des fonds publics alloués aux travaux.

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Ainsi s’expliquerait l’arrestation et l’emprisonnement des directeurs généraux de l’Office des routes, de l’Office des voiries et drainages, de SAFRICAS-Congo, notamment. Serait-ce le bilan que le président Félix Tshisekedi va-t-il enfin présenté aux Congolaises et Congolais ?

NSUMBU Ange

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