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Les « Wewa », une milice insoupçonnée au coeur de Kinshasa

Solution incontournable de transport pour les kinois, dans une capitale où la circulation devient de plus en plus difficile, le moto-taxi a vu naître une communauté entière de ses conducteurs qui représentent désormais un véritable enjeu tant social que sécuritaire. Analyse d'Édouard Bajika.

Le transport urbain à moto gagne du terrain chaque jour qui passe à Kinshasa, Capitale de la République démocratique du Congo (Rdc). Il prend de l’ascendance sur les véhicules de transport en commun sur tous les tronçons, dans les vingt-quatre communes de la ville de Kinshasa.

Au début, les motos-taxis étaient les chouchous des filles qui n’apprécient pas trainer à l’arrêt. Mais actuellement il intéresse tout le monde.

La moto présente beaucoup d’avantages en termes de temps et raccourcis. Les taxis-motos se moquent éperdument des embouteillages dans une ville où la construction des sauts-de-mouton crée des bouchons sur les grandes artères aux heures de pointe. Les motards se faufilent comme des rats en dessous des tables et gagnent du temps. Ils prennent des sentiers même inusités et en créent d’autres, question d’avancer.

Parcours périlleux

Quitter le centre ville pour l’aéroport de Ndjili est un casse-tête actuellement. Au lieu de mettre 45 minutes comme jadis, aujourd’hui les véhicules mettent difficilement trois à quatre heures de parcours. Si du Boulevard du 30 juin jusqu’à Limete la circulation est fluide, les nerfs deviennent tendus dès le Pont Matete. Ici commence le calvaire qui peut vous prendre plus d’une heure pour arriver au Quartier 1, après le Pont Ndjili.

De là jusqu’au Quartier 3, après le saut-de-mouton de Pascal, aux encablures de la route Mont Kali, seule la moto s’en sort au prix des coups de poings. Il faut avoir des biceps pour se créer de l’espace et avancer. Quant aux véhicules, ils sont immobiles comme des « moellons ».  » Si j’ai un vol de 20h, je quitte la ville à 13h pour ne pas rater le voyage « , affirme un Évêque catholique qui se plaint lui aussi des embouteillages. En pareilles circonstances, les motos-taxis sauvent tant soit peut.

Les motos, bien qu’appréciées, n’ont pas que des avantages. Les conséquences sont énormes et parfois fatales. Des gens sont morts et enterrés parce qu’ils étaient transportés sur les motos. D’autres par contre sont devenus infirmes après accidents.

Les conséquences sont d’autant nombreuses que les avantages. Une certaine catégorie de personnes refuse farouchement de prendre la moto, vu les désastres causés par ce transport urbain.

A la base, les motards, appelés « Wewa ». La majorité d’entre eux a appris à conduire sur le tas. Aucune formation, même pas un simple recyclage. Conséquence, ils conduisent sans état d’âme. Ils sont trop pressés et n’admettent pas attendre où il y a embouteillage. En se faufilant, ils occasionnent des accidents mortels. Beaucoup d’entre les chauffeurs des motos ne respectent pas le code de la route. Ils roulent à vive allure et invectivent chemin faisant.

Qui sont les wewa ?

Un bus brûlé à Kinshasa par des moto-taximen.

Au début, ils étaient moins nombreux, tous des pères des familles, des responsables. Il y a huit à dix ans, ce transport était très sollicité. Mais avec la rareté des diamants au Kasaï -Oriental, tous les exploitants artisanaux se sont retrouvés à Kinshasa, avec une seule activité : conduire la moto. Parmi eux, plusieurs étaient des Kidnappeurs au Polygone Miba. Là-bas ils sont appelés  » Suicidaires « . Ils pénétraient dans des enclos interdits de la Miba pour extraire le diamant et tuaient tout policier ou brigadier de mines qui surgissait.

Ils ont quitté les mines après la banqueroute de la Miba pour opérer nuitamment à la Cité. Suicidaires, ils sont bien armés quand ils s’introduisent dans une famille pour la dépouiller. Ils terrorisent tous les quartiers, emportent et empoignardent jusqu’à achever tout celui qui leur résiste. Ils opéraient à la manière des Kuluna.

Voilà qui fait qu’ici à Kinshasa, ils peuvent se concentrer et tuer des policiers, brûler des bus quand quelqu’un de leur est en danger. Ils constituent une force très nocive et peuvent faire du mal à n’importe quand. Ils ont un esprit aiguisé à la guerre sauvage et sans règle.

La peur de la population se justifie, étant donné que l’Etat ne connaît pas leur nombre exact ni ne les a identifiés. Si un Wewa commet un meurtre, il disparaît impunément dans la nature. Ils peuvent prendre en otage et paralyser les activités pendant autant de jours. Certes, tous ne sont pas des criminels, parmi eux il y a des intellectuels, des responsables qui conduisent selon les normes. Mais ils sont minoritaires.

L’État doit ainsi prendre ce phénomène à bras-le-corps pour endiguer que les pratiques tortionnaires et inciviques n’aillent crescendo. C’est maintenant ou jamais. Ce transport doit être réglementé parce qu’il aide beaucoup dans un pays où l’Etat ne donne pas du travail. Mais les chauffeurs taxis-motos doivent se conformer aux règles de jeu. Si non l’Etat lui-même le regrettera un jour.

Édouard Bajika

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3 Commentaires

  1. Vous affirmez que les Wewa bons sont minoritaires et en même temps vous dites que le gouvernement ne connaît pas leur nombre! Vous faites une bonne analyse mais dont les conclusions sont un peu tribalistes! Partout, il y a des bons et des méchants! Il y a de bons pasteurs et des méchants. Il y a de bons policiers et des mauvais. Il y a aussi des bons Wewa et des mauvais, tout comme dans toutes les sphères de la société! Kasai Oriental c’est une trop petite province, donc tous les wewas qui remplissent Kinshasa ne viennent pas de la Miba, et tous ceux qui viennent de la Miba n’étaient pas des bandits!

  2. Mais cette analyse est a caracteur tribal ,en pointant votre petit doigt a courte esprit Sur Les kasaiens parceque IL sont freres au president Fatshi ,voulant l’acuse indirectement.
    Si Tu es journaliste dequel milice vous voulez ns parle’? A Kinshasa?

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