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Mbujimayi, le calvaire d’une « Capitale mondiale » du diamant industriel dans le noir

Le chef-lieu de la Province du Kasaï-Oriental, ville de Mbujimayi, n’a rien de ville. Cette capitale mondiale du diamant industriel vit dans une caverne sans fenêtre. La population végète dans le noir, sans route moderne, sans eau potable, sans emplois. Ce n’est pas qu’elle ne regorge aucune richesse. Le Kasaï-Oriental a du diamant industriel en quantité. Des gisements innombrables, d’autres non exploités.

Deux grandes sociétés y exploitent les pierres précieuses. La Minière de Bakawanga (Miba) et la Société congolaise Sacim. Si la première est en banqueroute, la deuxième est à son apogée. Sacim vient de vendredi à Anvers en Belgique, un nouveau lot de diamants à 7,8 millions de dollars. Cette prodigieuse vente a eu lieu du 6 au 12 février 2020 sur le site du Diamond Tender Facility d’Anvers, situé dans le Bâtiment de l’Antwerp World Diamond Center (AWDC). Cette vente est la deuxième dans l’espace d’un trimestre. En novembre 2019, une autre de 350 000 carats avait eu lieu et a rapporté 5,92 millions de dollars.

Toutes ces deux dernières ventes se sont déroulées sans nul doute en présence de Nyembo Muyumba, Directeur général du Centre d’expertise d’évaluation et de certification (CEEC) du Ministère des Mines de la RDC. Même si la Miba a connu une faillite provoquée par les différents Gouvernements qui se sont succédé depuis 1997, elle a continué à produire de maigres résultats. Tout ceci ne profite pas à la Province.

Le contraste

Quand on quitte Kinshasa pour cette capitale mondiale du diamant, le visage est imbibé des larmes pendant que l’avion fait des manœuvres d’atterrissage. Mbujimayi apparaît comme un nid d’oiseau encadré dans le feuillage d’une verdure inouïe. L’aéroport international de Bipemba s’apparente à un terrain rocailleux pour jeux d’enfants, au clair de la lune. Les chaises dans la petite pièce abusivement appelée « Salon d’honneur », n’honorent.

La ville ressemble à un village désolé, meurtri par une disette sans précèdent. Mbujimayi n’est pas éclairée. La nuit elle fait penser à une forêt au temps de la lune morte. Ici, l’obscurité est palpable. Il n’y a pas d’eau. Tôt le matin, les gens sont réveillés par les bruits des hommes et femmes dans les avenues avec de l’eau en bidons, exposés sur des vélos de temps anciens. Oui, c’est de l’eau à vendre, puisée dans des trous loin de la ville.

Le transport en commun? Seules les motos sont très disponibles. Aucune voiture pour transporter les passagers comme c’était il y a 15 ans. L’unique activité était l’exploitation artisanale du diamant. Aujourd’hui, rien de tel. Tous les comptoirs de diamant sont transformés en cabines téléphoniques. La ville Miba est semblable à un vaste champ où la brousse a repris ses droits.

Ici, il n’y a pas d’entreprise pour engager. Pourtant ailleurs, une Société comme Sacim doit des pourcentages au terroir pour le développement de celui-ci. Elle doit construire des routes, écoles, subvenir au besoin énergétique et contribuer à avoir une eau potable. Dans ce coin, rien de tel. Pire encore, les érosions dictent la loi.

Cause imaginée

La Province est victime de sa position géo-linguistique, mais surtout de la haine des dirigeants du pays, de 1970 en 2018. Une opinion valable pour bon nombre d’analyses qui rappellent que c’est la Miba qui a financé les efforts de guerre de la rébellion de l’AFDL, dirigée par le feu Laurent Désiré Kabila de 1996-1997, et même plutard. C’est à partir de cette époque que tout était devenu noir pour le Kasaï – Oriental. Comme si cela ne suffisait pas, les anciens dirigeants l’ont émiettée. Décentralisation oblige.

Les Kasaïens ne sont même pas au courant de toutes ces faramineuses ventes de leurs diamants en millions de dollars en Europe. Qui le leur dira? La population ne sait ni sur quel pied danser, ni à quel saint se vouer. Les plus jeunes et robustes ont fait l’exode rural. Ils sont des milliers à Kinshasa et ont introduit le transport urbain à moto. Les Kinois les appellent « Wewa », un terme en Ciluba qui veut dire  » toi » en français. Oui, beaucoup d’entre eux en venant, ne connaissaient pas le Lingala, la langue locale. Plusieurs d’entre eux étaient des exploitants artisanaux, localement appelés « creuseurs ».

Aujourd’hui, une année après l’élection légendaire d’un de leurs fils à la Magistrature suprême, la Miba obtient un financement pour sa relance. Mais la Province qui n’a rien bénéficié dans le cadre du programme d’urgence de 100 jours, est très appauvrie et attend beaucoup du Chef de l’État. Félix Tshisekedi lui-même en est conscient. Le peuple Kasaïen lui demande de l’eau, du courant, de l’emploi décent, des routes modernes. Que les richesses du Kasaï profitent aussi au Kasaï. Il suffit d’un peu de volonté pour se démarquer des précédents qui ont mis la Province à genoux. Le Président de la République actuel parait l’ultime occasion pour ce peuple de recoller les morceaux de son existence brisée.

Édouard Bajika

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6 Commentaires

  1. Qu’est-ce que Ngoyi Kasanji a à répondre à ça? Comment, lui qui se vante d’avoir des conseils à donner aux nouveaux gouverneurs, peut-il expliquer cette situation de Mbuji Mayi, ville à l’image de la RDC: très riche mais dont les habitants sont des plus pauvres du pays!!!! Et ce découpage qui n’a laissé qu’un peu plus de 9000 kilomètres carrés, superficie d’une ville, à cette nouvelle province. Ceci montre la haine avec laquelle les dirigeants précédents, qui sont d’ailleurs encore au pouvoir parce qu’ils sont majoritaires partout, ont servi leur propre pays! Et dire qu’il y a encore parmi les congolais, les gens qui espèrent voir revenir ces sans coeurs au pouvoir!!!

  2. ce vraiment triste avec nos gouvernant , la province mondiale du diamant industriel est un enfer qui ne cite jamais un pardon dans son cerveau , la population très mal en consideration mais toute sa richesse est devenue un motif de tracasserie politique ………quelle honte si nous connaissons quelle est actuellement la province presidentielle , 100 jrs demeurent une chanson sans refrain , rendez-vous en 2023

  3. Déplorant pour ma province, qui a donné aujourd’hui un président de la république à qui , e effectivement attendons de lui un changement de cette province.

  4. C’est les kasaiens eux même qui n’aiment pas leur province. Ils la quittent pour aller costruire a kinshasa.bukavu lubumbashi europe usa ont les vois faire des fêtes grandioses avec argenr du diamanrs la
    Alors que Mbujimayi kananga les gens se meurt!!
    Où sont les intelectuels baluba ! C’est vraiment triste pour le 2 kasaîs.

  5. Bonjour,
    Certes l’Etat n’a rien fait mais qu’ont fait nos soient-disant diamentaires et autres dignitaires du Kassai?
    Regardez le nombre des gens du Kassai qui œuvrent à l’extérieur comme des professionnels. Regardez dans le monde sportif à l’extérieur.
    J’écoute crois le problème, c’est principalement le Kassaien qu’il néglige chez lui.
    Pourquoi Goma se développe malgré la guerre.
    L’Etat congolais n’a rien fait non plus à Goma.
    Allez regarder les sucres de l’entrepreneur Vanny Bishweka. Il a même fait construire un barrage hydro-électrique.
    Salut

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