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Sylvestre Ilunga: le trait d’union

Le Congo attendait une grande figure du Kabilisme. Mais comme à son habitude, Kabila est allé piocher loin des pronostics. Sylvestre Ilunkamba Ilunga est bombardé à la Primature, avec comme mission de faire fonctionner l’alliance entre Kabila et Tshisekedi.

La toute première photo prise entre cet homme vieillissant et le président Félix Tshisekedi donnait le ton. Une garde une distance cartésienne qui rend tous les respects au Chef de l’Etat. Alors que le monde scrute tous les gestes de la nouvelle coalition sans nom entre d’anciens rivaux, ce Premier ministre-là s’avère être finalement un choix judicieux. Mais son arrivée n’était pourtant pas une grande surprise, pour ceux qui savent lire les signes.

En juillet 2018, Joseph Kabila, dos au mur, innove dans une tradition des « non-choix ». Augustin Matata Ponyo, ou son alter-ego Aubin Aubin Minaku Ndjalandjoko apprennent à leurs dépens qu’il ne faut jamais faire pression sur « l’Autorité Morale ». Eux qui se battaient mutuellement dans une guerre silencieuse pour être désignés dauphin à la Présidentielle qui s’approche, sont pris de court à l’arrivée. Le très zélé Emmanuel Shadary est désigné au dernier jour, laissant tout Kingakati sans voix. « C’était le meilleur candidat pour perdre les élections », expliquait Tryphon Kin-kiey Mulumba, qui finira par ses présenter lui-même.

La suite donne raison à Kabila. Dans ce pays où sa coalition de la majorité est vomie, il n’était que trop impossible à son candidat de l’emporter. Pour garder une partie du pouvoir, Kabila s’allie au vainqueur Tshisekedi. Mais la nouvelle coalition avec le fils du leader historique de l’opposition congolaise s’annonce tendue. Il y a, au sein même du Front Commun pour le Congo (FCC), des voix qui rouspètent. Au moment de partage des postes, les regards sont rivés vers le guide Suprême. Des choix sont opérés. A l’Assemblée nationale, surprise : Jeannine Mabunda prend le perchoir. Mais la coalition oblige, Jean-Marc Kabund de l’UDPS à la coller à la peau. La Primature devient une question de vie ou de mort. Car, dans ce pays continent, la donne démographique intervient toujours dans le partage du gâteau. Le grand équateur, grande surprise, qui prend la chambre basse, le Grand Katanga s’adjuge la Primature. Reste plus qu’à savoir qui va l’occuper.

Par ailleurs, cette coalition cohabitationnelle entre Kabila et Tshisekedi, chacun doit faire face à des démons de son camp. Du côté de Félix Tshisekedi, on veut une part du gâteau, sans avoir certes un apport conséquent au Parlement. La coalition Cap pour le Changement, composée avec Vital Kamerhe, a moins de cinquante députés.

Et la tension monte. A l’élection des Sénateurs, des partisans de Tshisekedi descendent dans la rue et caillassent leurs propres députés provinciaux. Jamais, un pouvoir au Congo n’a vu une manifestation contre ses propres hommes.
Dans cette configuration, une guerre larvée commence. Albert Yumu, puissant dirigeant de la Gécamines, rêve d’être nommé Premier ministre. Mais cela sans compter sur des concurrents de taille au sein du FCC. Joseph Kabila doit arbitrer. Et le président congolais, en stratège, ne sera sauvé que par… Félix Tshisekedi.

Tout à coup, le fils du Sphinx se rappelle le fameux pouvoir discrétionnaire d’un Président au Congo. Il ne peut choisir un Premier ministre, mais s’oppose à certains, rendant la vie de Kabila plus facile. Yuma, Mova, et même Mbuyu sont balayés. Aucun poids lourd ne doit en fait revenir.

la solution est simple, il faut un homme qui soit à la fois conciliant, mais qui ait suffisamment de l’épaisseur et de l’expérience pour encadrer une équipe gouvernementale tout feu toute flamme. Une sorte de trait d’union, entre les deux familles, qui sont loin d’être en bon termes, mais obligées de sourire en plublic. En plus de cela, il vaut mieux choisir un homme qui ne soit pas à l’image sulfureuse de l’ancien pouvoir.

Dans les ruines des chemins de fers Katangais, sort une valeur. Neuf fois secrétaire d’État, trois fois ministre, notamment des Finances en 1991, ainsi que six fois conseiller à la présidence. Sylvestre Ilunga Ilunkamba, né en 1947 en plein Congo-Belge, est l’heureux élu. Au soir de sa vie, c’est d’abord un des seuls qui n’aura l’ambition que de servir aux intérêts de concilier les deux maîtres du Congo, dont les deux camps son redoutés ; tout en gardant la boutique, alors que tout un peuple place ses espoirs en ce nouveau pouvoir.

Il le sait. Dans son discours d’investiture début septembre au Parlement congolais, annonce une volonté de matérialiser la réconciliation nationale. Sylvestre Ilunga annonce – sans donner de date – « le rapatriement du corps du feu président Mobutu Sese Seko et du feu Premier ministre Moïse Tshombe », deux grandes figures de l’histoire du Congo indépendant, qui sont enterrés à l’étranger. Évoquant le combat que doit mener le nouveau gouvernement pour la promotion des droits de l’homme et des libertés individuelles, il appelle « que la justice soit désormais le rempart des honnêtes gens ».

Son programme restera un buzzutage entre les deux camps. Mais déjà, Tshisekedi et Kabila trouvent en lui un canal d’apaisement, le temps de mieux se connaître. Il faudra toutefois attendre pour voir s’il est capable de porter le changement tant attendu. Sylvestre Ilunga joue néanmoins très bien son rôle de trait d’union

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