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vendredi, mai 29, 2020
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Pour les enfants du Congo

A l’occasion des festivités de Noël 2019, la rédaction de POLITICO.CD présente ses vœux les meilleurs et en profite pour lancer une interpellation sur la situation des enfants en République démocratique du Congo.

En ce jour où les Chrétiens du monde entier commémorent la naissance du Christ Jésus, Noël reste cependant un jour de célébration de l’enfance, période vitale et clé de l’existence. En République démocratique du Congo, nous en profitons pour célébrer les millions d’enfants qui font face à la fatalité et se battent contre un vécu quotidien difficile.

Selon l’UNICEF, les violences faites aux enfants de RDC sont répandues dans tous les milieux, y compris les familles, écoles et communautés. La RDC est l’un des pays avec les plus hauts taux de violences basées sur le genre faites aux enfants, représentant 47% des survivants en zone d’urgence. Près d’une femme de 25 à 49 ans sur deux est concernée par le mariage des enfants, souvent lié aux grossesses précoces. En effet, 27% des filles de 15-19 ans sont enceintes et la RDC présente le 7ème taux le plus élevé de grossesses adolescentes au monde. De plus, seuls 25% des enfants de moins de cinq ans sont enregistrés à l’Etat civil, et uniquement 14% disposent d’un acte de naissance. Ceci s’explique par un système d’enregistrement peinant à atteindre les nouveaux nés, ce qui est accentué dans les zones de conflits.

La mortalité des enfants en recule, mais toujours présente

Par ailleurs, la République Démocratique du Congo est l’un des pays le plus pauvre au monde puisque plus de 70 % de sa population vit en dessous du seuil de pauvreté. Une grande partie de la population vit donc avec moins de deux dollars par jour. Le revenu national brut par habitant s’élève à 160 dollars par an. 

Le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans en RDC connait néanmoins une baisse depuis les derniers 27 ans. Il est passé de 184 décès pour 1.000 naissances vivantes en 1990 à 94 décès pour 1.000 naissances vivantes en 2016, soit une réduction de 49%. Pour les mêmes périodes, la mortalité infantile est passée de 118 décès à 72 décès pour 1.000 naissances vivantes, soit une réduction 39% ; et pour les nouveau-nés, la mortalité néonatale est passée de 41 décès pour 1.000 naissances vivantes en 1990 à 29 décès pour 1.000 naissances vivantes en 2016, soit une réduction de 29%.

Le SIDA et d’autres maladies ravagent les enfants

La RDC reste également l’un des pays où la population est la plus touchée par le virus du Sida. Cette problématique touche directement les enfants puisqu’environ 930 000 enfants sont actuellement des enfants orphelins du sida. Ces enfants qui n’ont alors plus de famille se retrouvent dans les rues : ceci accroît le risque de propagation du Sida.

L’accès aux soins et notamment aux vaccinations reste problématique étant donné les faibles moyens accordés aux hôpitaux et le manque d’information de la population. Ces lacunes ont entrainé la réapparition de la polio en RDC nécessitant la mise en place par l’Organisation Mondiale de la Santé d’une vaste campagne de vaccination pour 12 millions d’enfants de moins de 5 ans.

Une avancée significative sur l’Enseignement primaire

L’enseignement primaire en RDC a longtemps été payant. Les coûts de scolarité sont presque aussi élevés que le revenu par habitant, de ce fait très peu d’enfants sont scolarisés. Parmi les adultes, plus de la moitié de la population n’a jamais été scolarisée ou n’est pas allée au delà du cycle primaire. Seuls 50% des enfants de 6 à 11 ans vont à l’école primaire.

A ce titre, nous saluons chaleureusement la décision prise par le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, de rendre l’Enseignement primaire gratuit dès cette année. Même si l’application de cette initiative rencontre des difficultés, nous appelons chacun des composantes sociales au sacrifice. De la réussite de cette initiative dépend l’avenir même de cette nation, l’avenir de nos enfants. Il est donc crucial que chacun y mette de la volonté et accepte de remettre en question certaines ambitions pour la réussite de ce projet.

Les enfants, premières victimes de conflits armées persistants

Des enfants ainsi que leurs parents internés à l’hôpital de Ndosho sont venus nombreux célébrer la journée de l’enfant africain Photo : Wassy Kambale/CICR

Sur d’autres fronts, les conflits qui ont lieu en RDC affectent principalement les enfants qui en sont les premières victimes. Les conflits persistants en RDC, notamment dans l’Est du pays, ont entrainé le recrutement d’enfants dans des groupes armés. Ces enfants congolais sont souvent capturés à la suite du meurtre de leurs parents par ces groupes armés puis envoyés dans des camps, où ils sont formés au maniement des armes. Ils deviennent ainsi des enfants soldats devant commettre des crimes contre la population et parfois même contre leur famille.

Selon l’ONU, environ 35% des combattants présents en RDC sont des enfants. Pour ces enfants, la seule éducation qu’ils reçoivent est issue de la guerre, milieu violent, dangereux et sanglant. Leurs perspectives d’avenir en sont alors gravement affectées.

L’une des conséquences dramatiques des conflits armés en RDC est la pratique aujourd’hui banalisée du viol que ce soit envers les femmes, les enfants ou encore les hommes. La pratique des violences sexuelles dans ce conflit armé se distingue des autres crimes par son ampleur et sa cruauté. L’ONU a notamment précisé que le viol était aujourd’hui considéré comme une arme de guerre.

En effet, les viols sont utilisés en RDC comme une arme de destruction des populations. Les enfants congolais sont particulièrement touchés par ce fléau que ce soit au sein de leur famille ou par les groupes armés. En 2009, plus de 150 000 cas de violences sexuelles ont été signalés et plus de la moitié d’entre eux concernent des victimes âgées de moins de 18  ans. Les enfants sont traumatisés par ces viols épouvantables mais peu de structures sanitaires et juridiques sont mises en place. Cette absence de structure empêche les enfants de dénoncer ces actes et d’obtenir réparation.

Des enfants sans abris et réfugiés

Ces viols qui entraînent des traumatismes émotionnels et psychologiques, engendrent également le risque de contracter des maladies sexuellement transmissibles mais aussi des grossesses non désirées. En plus d’être victimes de violences sexuelles, les jeunes filles congolaises peuvent être contraintes à se prostituer ou encore à se marier.

Pendant les conflits, les enfants qui en sont les premières victimes se voient contraints de se déplacer afin d’éviter l’enrôlement dans les groupes armés ou encore les violences exercées par ces derniers. Ces déplacements forcés empêchent les enfants d’avoir une alimentation correcte, et d’accéder à l’éducation. Ils deviennent alors vulnérables à la malnutrition et aux maladies.

Cette problématique est principalement localisée à Kinshasa (capitale de RDC). Toutefois, les enfants des rues sont également présents dans toutes les autres régions de RDC. Le nombre d’enfants des rues est estimé aujourd’hui à 70 000, ceci révélant la situation dramatique dans laquelle ces derniers vivent. L’âge moyen de ces enfants est de 12 ans et une partie croissante d’entre eux se retrouvent dans cette situation car ils sont désignés comme étant des enfants sorciers.

Victimes de sorcellerie

La « sorcellerie » présente en RDC conduit parfois les parents à chasser leurs enfants de chez eux. En effet, dès lors que l’enfant montre des « symptômes de comportements étranges » (sommeil agité, petite taille, appétit) et qu’une autorité spirituelle a confirmé qu’il était un sorcier, alors il est violenté et chassé de chez lui. Une fois chassés, les enfants sont alors livrés à eux mêmes et doivent donc travailler, mendier ou se prostituer.

Les frais de scolarité étant bien souvent excessifs pour les parents, ces derniers emmènent parfois leurs enfants travailler avec eux. L’enfant joue alors un rôle économique important pour sa famille, car les salaires sont si bas qu’ils ne permettent pas de nourrir une famille. Les enfants sont alors contraints de passer leur journée dans les décharges de minerais du pays afin de ramasser du gravier ou encore du cuivre. Ce travail nécessaire pour leur assurer un minimum alimentaire vital enfreint l’article 32 de la Convention des Droits de l’Enfant proclamant la protection des enfants de l’exploitation économique.

Tous ces fléaux qui touchent à l’enfant congolais méritent des réponses sérieuses et coordonnées tant de la part des autorités que de tous les Congolais du monde. Occasion pour nous, de lancer ici un appel, à l’occasion de ces festivités de nöel 2019, à toutes les forces sociales et politiques, à ne pas oublier les Enfants du Congo.

Le pays fait certes face à plusieurs priorités. Les autorités doivent prendre des décisions difficiles tout en s’efforçant de maintenir la marche du pays. Cependant, il est à noter que notre pays manque de politique viable, à change échelle et de grande initiative, consacrée exclusivement à l’Enfant congolais, qui est pourtant, au regard de notre exposé, en danger permanent.

Puissions-nous, à travers ce message, nous ressaisir. Joyeux Noël à tous, particulièrement à tous ces Enfants du Congo, où qu’ils soient.

La rédaction de POLITICO.CD.

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