Les linges salles se lavent en famille dit-on en Afrique. Mais à l’UDPS, les réseaux sociaux et les médias ont été choisis par Augustin Kabuya, Secrétaire général interimaire, et Peter Kazadi, haut cadre et député provincial, pour se rentrer dedans. Si personne ne comprend les dessous de cette étrange guéguere, les deux concernés n’ont pas hésité à tout expliquer.

Samedi, une lettre de Peter Kazadi fait surface sur les réseaux sociaux. Dans un ton déconcertant, elle dénonce Augustin Kabuya, pourtant supérieur hiérachique, à qui elle est adressée. : “Mon cher frère Kabuya, J’ai appris qu’au cours de la réunion de l’exécutif du Parti de ce jeudi, tu as annoncé ta volonté de violer, une fois de plus, les statuts du Parti en proposant la nomination des membres d’une nouvelle équipe de l’exécutif du Parti, je te demande de ne pas pousser ton stoïcisme jusqu’au bout car, si ton projet est mis en exécution, il y aura des conséquences graves qui vont secouer durablement notre cher Parti“, lance Kazadi dans cette lettre.

Règlement de comptes

Et si la lettre ne suffit pas en privée, c’est sur les réseaux sociaux que l’avocat congolais enfonce le clou. “Je me demande s’il (Kabuya) a encore un cerveau en place ! Trop bas comme réponse à une interpellation fondée sur des arguments de droit. Des réponses appropriées ce mercredi 30 octobre 2019 au cours d’un point de presse

Officiellement, Kazadi conteste la désignation de Kabuya comme Secrétaire général intérimaire du Parti. Car alors que Félix Tshisekedi quittait la tête du parti, incompatible avec ses fonctions, celle-ci a été confiée, sans respecter la procédure, à Jean-Marc Kabund. A son tour, toujours sans respecter les régles du parti, Kabund confia le poste de Secrétaire général à Augustin Kabuya.

« Un intérimaire ne peut pas nommer. Kabund a nommé Kabuya en violation des statuts. Kabuya, à son tour, ne peut pas nommer une nouvelle équipe de l’exécutif », dit-il, avant d’ajouter : « L’article 26 de nos statuts dispose qu’en cas d’empêchement définitif du président du parti, un directoire composé du secrétaire général, du président de la convention démocratique et celui de la commission électorale permanente, dirigent le parti ».

De son côté, Kabuya révèle néanmoins une raison supplémataire qui rendrait Kazadi fou de rage. “J’ai été consulté par Peter Kazadi. Il voulait être directeur adjoint du cabinet du chef de l’Etat. Quand il a appris que Eberande avait été présenté au Chef de l’Etat par Jean-Marc Kabund, il a considéré que c’est Kabund qui a empêché qu’il soit nommé“, balance l’ancien parlementaire débout.

Péril en demeure

Pour situer les deux hommes, il faut remonter leurs origines.. Au départ, de son vivant, Etienne Tshisekedi, fondateur historique de l’UDPS, a à ses côtés, deux “petits” qu’il encadre. Il fera de Peter Kazadi son Conseiller juridique, au fil du temps. De l’autre côté, Augustin Kabuya, à l’origine un parlementaire débout, sillonne le siège du parti à Limete, au point d’être désigné un jour Porte-parole et responsable de Communication de l’UDPS. A la mort d’Etienne Tshisekedi, et à l’issue des élections, les deux se retrouvent au dernier carré des leaders autour de son fils, Félix Tshisekedi, alors que d’autres grands leaders comme Tshibala et Mubake seront écartés à la suite de leur “traîtrise”.

Aujourd’hui, alors qu’il a finalement conquis le pouvoir, Félix Tshisekedi s’accommode donc des cadres politiques plus préoccupés à se régler des comptes qu’à l’aider à restructurer le parti. D’autant plus que de l’autre côté, le FCC de Joseph Kabila manifeste de plus en plus d’adversité vis-à-vis de l’UDPS, annonçant unilatéralement sa volonté de récupérer le pouvoir.

Félix Tshisekedi, obligé d’apporter des solitions au Congo, ayant été longtemps un des opposants farouches à Kabila, est plus que jamais sur une corde raide, ne pouvant pas livrer tous les combats. Alors que son UDPS brûle, le président congolais risque de payer le prix fort d’une guerre pourtant personnelle entre ses cadres.

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