En République démocratique du Congo, tout le monde connaît Mike Mukebayi. Cet ancien journaliste converti en politique sur un modèle propre au Congo – à quelques mois des élections – est un homme de peu de qualité, qui a le verbe facile et qui ne gagne sa vie que grâce à la menace de sa plume incivile. Les grandes figures de la scène politique ont toutes été soit victimes, ou lui ont intenter un procès. En 2015, il est même condamné à un an de prison ferme pour diffamation, à la tête de son intéressant journal, CONGO NEWS. L’un des rares justes salués par la corporation des journalistes congolais.

Mais ce passage au célèbre Centre pénitentiaire de rééducation de Kinshasa (CPRK), aussi appelée prison centrale de Makala, ne l’a pas vraiment éduqué. Après toute une série de frasques durant la crise précédent les élections du 30 décembre 2018, l’homme est élu député provincial, toujours grâce au même mode opératoire. Cette élection lui offre toutefois une tribune trop alléchante et irrésistible. Il ne lui faudra que quelques mois pour tomber.

47 vidéos contre Molendo Sakombi

Effet, en juin dernier, il est suspendu par l’Assemble provinciale de Kinshasa pour “corruption et diffamation”. Sa victime, le président de l’assemblée provinciale Godé Mpoy, n’en pouvait plus. « (…) les éléments de preuve sont là : le député Mike Mukebay a accepté de se faire corrompre par les personnalités actuellement traquées par l’assemblée provinciale. C’est un comportement indigne pour un parlementaire. Et la plénière a décidé de lever ses immunités parlementaires et d’autoriser des poursuites judiciaires parce que le temps de la délinquance politique est révolu », expliquera John Lungila, conseiller en communication du président Mpoy.

Pendant ce temps, au cœur de la tempête, Mukebayi a pourtant une autre cible: Aimé Molendo Sakombo. L’assaut est lancé. Car entre-temps, Molondo est élu député à Kinshasa. Mukebeyi, déjà élu député provincial, estime que le siège de Molendo lui revient. Il se lance dans une quête de vérité de ses urnes à lui, dans des méthodes qui lui sont propres. Par ailleurs, il sied de noter que Molendo est un proche de Vital Kamerhe – que lui-même Mukebayi avait pris soin de prendre en chasse durant plusieurs mois – Alors que le gouvernement est attendu, l’ancien journaliste apprend alors que le fils de Sakombi pourrait y figurer. Une opportunité d’affaire naît pour “Mike”. En 7 mois, 47 vidéos seront tournées pour dénoncer sa nouvelle proie. Il lui reproche de tout, même du réchauffement climatique.

Il annonce une spoliation imaginaire

Molendo étant spécialiste de l’immobilier, Mukebayi cible particulièrement toutes les affaires dans le domaine, n’hésitant pas à fustiger le “future ministre”. Il trouve une affaire. Mais tombe cependant, sans le savoir, sur un os. Dans une énième intervention télévisée, il accuse Molendo de tous les maux dans une supposée spoliation immobilière. Au même moment, dans les coulisses, fin juillet 2019, Mukebayi tente se vendre auprès de Molendo. Par voix interposées, il fait envoyer des messages: “Il me faut 50.000 dollars pour arrêter“, exige-t-il.

Mais Molendo connaît l’homme. Son Cabinet Conseil contre-attaque. Dans un communiqué, il démonte une par une les accusations et le voilà même en justice contre Mukebayi. « Les déclarations faites par le Député provincial suspendu Mike MUKEBAYI sur Congo News plus TV, sans préjudice de date certaine, à la fin de la deuxième quinzaine du mois d’Août, en soutenant un faussaire condamné, sont de nature diffamatoire et injurieuse », dénoncent les avocats de Molendo Sakombi. « Aussi, est-il curieux de se demander, pourquoi les faits qui datent de 2011 et qui ont été clôturés par les décisions juridictionnelles coulées en force de chose jugée, sont aujourd’hui remis sur l’espace public ? » s’interrogent-ils.

Vers un retour en prison?

En somme, Mukebayi ressort en effet une querelle judiciaire datant de 2011 autour d’un bien immobilier qui appartiendrait aujourd’hui, d’après ses propos, au célèbre pasteur Mutombo Kalombo, du « ministère Amen ». Problème, à ce jour, le Pasteur congolais n’est pas en contentieux au sujet de cette parcelle. « A ce jour, la parcelle évoquée (…) est une propriété non contentieuse du Ministère Amen de l’Apôtre MUTOMBO KALOMBO », insistent les avocats de Molendo, qui sont en symbiose avec ceux de Mutombo.

En 2011, il y a en effet eu de plusieurs tentatives de spoliation au détriment de la SOGECO, fondée par Molendo Sakombi, de cette parcelle située dans la commune de Limete à Kinshasa, mais elles se sont soldées en échecs comme le témoignent à titre illustratif, les jugements sous R.C. 8948 du 14/09/1994 rendu par le Tribunal de Grande Instance/ Matete, confirmé par l’arrêt de la Cour d’Appel du même ressort sous R.C.A 1661 ainsi que le jugement sous R.P. 123/19.145 du 16/09/2011 du Tribunal de Paix/ LEMBA dans le cas opposant la SOGECO à UCLDAS.

Mukebayi est encore libre. Les avocats de Sakombi annoncent par ailleurs une plainte en justice contre lui. Dans l’opinion publique, y compris du côté des politiques, nul ne risque de pleurer ce chien méchant de la politique congolaise qui a irrémédiablement fini par lasser son monde.

1 comment

  1. Mukebayi est un homme qui n’a pas sa langue en poche.Les faits qu’ils dénoncent sont souvent vrais.
    Et heureusement que nous avons encore des compatriotes comme lui qui n’ont pas froid aux yeux et qui dénoncent avec véhémence tous ces anti-valeurs et vautours qui pillent les ressources dilapident les derniers publics.
    Cet article n’est qu’un torchon rédigé par un journaleux probablement à la solde de Molendo pour essayer de salir Mukebayi mais sans aucun succès.On y voit également la main noire du roublard kamerhe

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